( AFP / PAU BARRENA )
Le chimiste allemand Evonik a rejeté l'offre de rachat informelle de son concurrent allemand BASF à plus de 11 milliards d'euros, laissant toutefois la porte entrouverte pour que le géant du secteur lui expose ses "motivations", annonce-t-il vendredi.
Le directoire d'Evonik "a décidé de ne pas entrer en négociations avec BASF" après avoir étudié une lettre du 22 octobre au sujet de "son intérêt pour une offre publique d'acquisition (OPA) volontaire", explique dans un communiqué le groupe basé à Essen, au coeur du bassin industriel de la Ruhr (ouest).
Le directoire privilégie à ce stade "le développement d'Evonik en tant qu'entreprise indépendante", même s'il se dit "disposé à un échange purement informatif et confidentiel avec BASF" afin de lui "donner la possibilité de présenter ses motivations et les considérations qu'elle juge déterminantes", poursuit le communiqué.
BASF, basé à Ludwigshafen (sud-ouest), avait récemment relevé son offre informelle sur son concurrent à environ 24 euros par action, valorisant le groupe de chimie de spécialités à plus de 11 milliards d'euros.
Mercredi lors de la présentation des résultats du troisième trimestre, BASF avait défendu son projet de rapprochement avec Evonik, présenté comme une étape logique de la consolidation de l'industrie chimique européenne, en grande difficulté face à la concurrence chinoise.
Son patron, Markus Kamieth, avait toutefois assuré qu'il ne réaliserait pas d'acquisition à n'importe quel prix.
"Nous ne ferons pas de bêtises simplement pour réaliser une acquisition" et "nous ne surpaierons pas", avait dit le dirigeant, ajoutant que toute opération devait créer de la valeur pour les actionnaires et respecter la discipline financière du groupe.
Pour BASF, qui fabrique des produits chimiques de base, l'opération permettrait de renforcer son exposition aux activités de spécialités d'Evonik, qui est déjà un de ses clients (additifs, résines adhésives, polymères haute performance...).
Ces activités sont généralement plus rentables et moins cycliques que la chimie de base, secteur où BASF reste fortement exposé.
La gouvernance d'Evonik se distingue par un actionnaire principal, la Fondation RAG (44% des parts), dont la mission est de financer les coûts perpétuels liés à la fin de l'exploitation du charbon en Allemagne.
Son conseil est notamment composé de cinq membres de droit de premier plan, dont les ministres de l’Économie Katherina Reiche et des Finances Lars Klingbeil, ainsi que le président du syndicat de la chimie IG BCE Michael Vassiliadis, qui siège également au conseil de surveillance de BASF.
Vers 11H40 GMT, l'action de BASF comme celle d'Evonik étaient en repli de 0,38% à la Bourse de Francfort.
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