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Chars: accord franco-allemand sur KNDS ouvrant la voie à la cotation
information fournie par AFP 22/06/2026 à 14:32

Capint, le char de transition de KNDS présenté au salon de défense Eurosatory à Villepinte, près de Paris, le 15 juin 2026 ( AFP / Guillaume BAPTISTE )

Capint, le char de transition de KNDS présenté au salon de défense Eurosatory à Villepinte, près de Paris, le 15 juin 2026 ( AFP / Guillaume BAPTISTE )

Paris et Berlin ont conclu lundi un accord sur la stratégie et la gouvernance "paritaire" du groupe franco-allemand KNDS, au coeur du projet de char du futur MGCS, ouvrant la voie à sa prochaine introduction en Bourse.

Après le naufrage du Scaf, programme emblématique de l'avion du futur emporté par les rivalités industrielles, Paris et Berlin cherchent à démontrer que la coopération franco-allemande dans la défense n'est pas condamnée.

Des munitions de KNDS présentées aux médias à Munich, en ALlemagne, le 22 juin 2026   ( AFP / Karl-Josef Hildenbrand )

Des munitions de KNDS présentées aux médias à Munich, en ALlemagne, le 22 juin 2026 ( AFP / Karl-Josef Hildenbrand )

L'annonce intervient alors que plusieurs voix, parmi lesquelles le patron du géant allemand de l'armement Rheinmetall Armin Papperger, avaient spéculé sur un possible désengagement français du MGCS.

"La France et l'Allemagne ont conclu un accord sur la stratégie et la gouvernance de KNDS, dont elles ont l'intention de devenir co-actionnaires, à travers des transactions visant à un actionnariat paritaire entre les deux pays", ont affirmé les gouvernements allemand et français dans un communiqué commun.

Créé en 2015 par la fusion du français Nexter, alors détenu par l'Etat français, et de l'allemand KMW, propriété de la famille Bode-Wegmann, KNDS est l'un des acteurs clé de l'industrie européenne de défense terrestre face à la concurrence américaine (General Dynamics/GDLS).

"Emplois en Allemagne"

L’Etat français détient actuellement 50% du capital tandis que Berlin va monter à 40%, les deux gouvernements futurs co-actionnaires visant à terme "un actionnariat paritaire", selon le communiqué.

Cette participation dans KNDS va permettre de "sécuriser des technologies clés, de la valeur industrielle et des emplois en Allemagne", a commenté dans un communiqué séparé la ministre allemande de l'Economie, Katherina Reiche.

"A l'avenir, l'Allemagne et la France décideront sur un pied d'égalité du développement d'une entreprise essentielle pour les capacités de défense européennes", a-t-elle ajouté.

Les canons Caesar de KNDS lors de manoeuvres à Canjuers, dans le sud de la France, le 20 octobre 2025 ( AFP / Frederic DIDES )

Les canons Caesar de KNDS lors de manoeuvres à Canjuers, dans le sud de la France, le 20 octobre 2025 ( AFP / Frederic DIDES )

KNDS fournit aux armées des chars de combat, des véhicules blindés de transport de troupes, des canons Caesar, des ponts portables et des véhicules robotisés.

Les négociations entre l’Etat allemand et Wegmann & Co., la holding regroupant les propriétaires familiaux de KNDS, avaient auparavant achoppé sur la question du prix d'entrée en Bourse.

Des dissensions internes ont également eu lieu au sein du gouvernement concernant la taille de la participation, certains plaidant pour un investissement plus modeste, à hauteur de 30%.

Côté français, on insiste que l'accord repose sur une "parité parfaite" entre Paris et Berlin, en ajoutant qu'une future introduction en bourse pourrait diluer la participation française.

L'accord scellé par Paris et Berlin reste soumis à l'approbation du parlement allemand, la commission budgétaire du Bundestag devant se prononcer mercredi sur la question. Dans un document obtenu par l'AFP et adressé aux députés allemands, le ministère de la Défense reconnait que le "calendrier serré" pourrait compromettre le respect des délais, et a également souligné qu'un "accord avec la famille Wegmann sur le contrat d'achat doit encore être conclu".

Questionné sur le prix de l’acquisition des parts de KNDS pour Berlin, le porte-parole du gouvernement allemand, Stefan Kornelius, a refusé de donner un montant.

L'accord ouvre la voie à KNDS, dont le siège est à Amsterdam, à l'une des plus importantes introductions en bourse en Europe ces dernières années.

L'opération valoriserait KNDS entre 15 et 18 milliards d'euros, écrit Bloomberg, avec une cotation envisagée à Paris et Francfort.

"Partenaire" et "concurrent"

Outre KNDS, l'allemand Rheinmetall et le groupe français Thales participent au projet MGCS, censé succéder au Leopard 2 allemand et au Leclerc à l'horizon 2040.

Malgré un retard de dix ans, Paris affiche la détermination à poursuivre le programme.

Contrairement au Scaf, où le français Dassault refusait de se retrouver en position minoritaire face à Airbus, qui représentait à la fois les intérêts allemands et espagnols, MGCS est présenté à Paris comme un programme reposant sur un intérêt stratégique des Etats avec un industriel désireux d'avancer.

Quant à Rheinmetall, "partenaire important" du programme mais également "concurrent" de KNDS, Paris espère encore parvenir à faire converger les positions.

La semaine dernière, KNDS a dévoilé son char de transition baptisé Capint, destiné à remplacer le français Leclerc à horizon de 2035 en attendant MGCS, au salon mondial de défense Eurosatory.

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