( AFP / FABRICE COFFRINI )
Le géant suisse des matières premières Glencore doit publier mercredi ses résultats annuels, fournissant une occasion de faire le point sur ses projets après l'échec des discussions avec Rio Tinto, en particulier dans le cuivre, un de ses grands axes de croissance.
Début février, Glencore et son concurrent anglo-australien Rio Tinto ont mis un terme à leurs négociations en vue d'une fusion de tout ou partie de leurs activités, qui aurait pu faire émerger un colosse valorisé à 260 milliards de dollars (220 millions d'euros).
Les discussions ont buté entre autres sur les projets concernant la direction, Rio Tinto envisageant de conserver à la fois la présidence et la direction de la future entité, ce que Glencore a refusé.
En Bourse, l'action du groupe suisse avait perdu 7% après cet échec, alors que de nombreux analystes voyaient dans ce rapprochement un moyen de mettre en valeur les actifs de Glencore dans le cuivre, métal dont le cours explose, mais dont les coûts d'extraction augmentent eux aussi.
Le prix du cuivre a gonflé de 41,7% et touché un plus haut historique fin janvier dernier, à 14.527,50 dollars (12.264,12 euros) la tonne. Ce métal est très demandé pour les équipements destinés à la transition environnementale, à la défense et aux centres de données avec la course aux investissements dans l'intelligence artificielle (IA).
- Doubler la production de cuivre -
En décembre, le groupe basé à Baar, dans le canton suisse de Zoug, avait dévoilé d'ambitieux projets pour ses activités dans le cuivre, disant vouloir doubler sa production en 10 ans pour la faire grimper à 1,6 million de tonnes par an d'ici 2035.
Glencore, qui s'était déjà considérablement renforcé dans le cuivre lors de sa fusion en 2013 avec le groupe anglo-suisse Xstrata, a présenté une dizaine de projets pour ses mines de cuivre et compte notamment sur le redémarrage de sa mine d'Alumbrera, en Argentine.
Pour atteindre cet objectif, Glencore prévoit de débourser plus de "23 milliards de dollars d'investissements", a souligné Derren Nathan, directeur de la recherche actions chez Hargreaves Lansdown, dans un commentaire de marché. Mais les récentes discussions avec Orion CMC montrent qu'il "n'y a pas de pénurie de partenaires intéressés" par ses projets, a-t-il relevé.
Deux jours avant la date butoir pour l'offre de Rio Tinto, Glencore avait annoncé qu'il était en discussion avec ce consortium, créé en octobre 2025 par la société d'investissement Orion Resource Partners en partenariat avec le gouvernement américain pour sécuriser l'approvisionnement des Etats-Unis en matériaux critiques.
Glencore et Orion CMC discutent d'une éventuelle prise de participation dans les actifs du groupe suisse en République démocratique du Congo (RDC), mais aussi d'éventuels projets dans la ceinture africaine du cuivre.
- Consolidation du secteur minier -
Selon Derren Nathan, la capacité de Glencore de continuer à croître de manière indépendante "n'est pas remise en question", mais le mouvement de consolidation à l’œuvre dans le secteur minier "ne va pas disparaître", a-t-il relevé.
"Reste à savoir si quelqu'un aura la puissance de feu ou les tripes pour une aussi grosse opération", a-t-il nuancé.
En novembre, le géant australien BHP a renoncé à son projet d'acquisition du groupe britannique Anglo American. Une telle opération aurait créé le numéro un mondial du cuivre.
Mais Anglo American est, lui, en passe d'obtenir le feu vert de l'Union européenne pour fusionner avec le groupe canadien Teck Resources, ce qui pourrait mettre la pression sur les autres grandes sociétés minières.
"S'il scindait le charbon, Glencore redeviendrait une cible", estiment les analystes de RBC Capital Markets, dans une note de marché.
A la différence de ses concurrents, Glencore défend bec et ongles ses activités dans le charbon, ce qui est souvent perçu comme un obstacle à un rapprochement, de nombreux investisseurs ne voulant plus de sociétés liées à cette matière première fossile dans leurs portefeuilles.
En 2023, Glencore avait même déboursé 6,93 milliards de dollars pour s'emparer du charbon sidérurgique de Teck Resources au terme d'une âpre bataille avec le groupe canadien.
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