Aller au contenu principal
Fermer

Brexit : et maintenant, quelle procédure suivre pour sortir de l'UE ?
information fournie par Boursorama 27/06/2016 à 14:20

La sortie du Royaume-Uni de l'UE s'annonce particulièrement complexe malgré la procédure simple définie par l'article 50 du Traité de Lisbonne.

La sortie du Royaume-Uni de l'UE s'annonce particulièrement complexe malgré la procédure simple définie par l'article 50 du Traité de Lisbonne.

Le week-end n'a pas permis aux investisseurs de relativiser la gravité du « Brexit ». Les indices boursiers restaient dans le rouge lundi 27 juin. L'incertitude perdure sur la manière dont sera invoqué l'article 50 du Traité de Lisbonne, prévoyant la sortie d'un pays de l'UE.

Certes, une sortie de l'Union européenne est juridiquement possible, et certes, l'article 50 du Traité sur l'Union européenne définit les grandes lignes de la procédure à suivre dans un tel cas. Mais cette procédure n'a encore jamais été expérimentée et les questions sur son fonctionnement demeurent nombreuses.

Quelle procédure pour sortir de l'UE ?

L'article 50 du Traité sur l'Union européenne (TUE) prévoit textuellement que « L'État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l'Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l'Union ».

Cette description reste très large et il n'est pas précisé si c'est le gouvernement ou le Parlement de l'Etat membre en question qui doit réaliser la demande de retrait auprès du Conseil européen.

« Bien que le traité de Lisbonne définisse clairement la procédure, les choses sont loin d'être simples. En effet, le référendum a une valeur uniquement consultative. David Cameron a déjà expliqué que son gouvernement ne tarderait pas à déclencher l'application de l'article 50 mais qu'une période de quelques semaines à plusieurs mois pourrait s'écouler avant l'approbation formelle de la décision par le Parlement britannique », explique la société de gestion Candriam dans une note de conjoncture consacrée au sujet.

Ainsi, « Il convient de relever que l'approbation préalable de la décision de retrait de l'Union européenne par le Parlement britannique pourrait être requise » soulève la même source. Autrement dit, le Parlement britannique pourrait encore décider de bloquer le « Brexit » en votant contre ce projet et en conservant le statu quo. Mais en-dehors du caractère anti-démocratique d'une telle décision, ce scénario nécessiterait que seul le Parlement britannique puisse décider de l'invocation de l'article 50, et non le gouvernement britannique lui-même.

Quoi qu'il en soit, si la demande de retrait du Royaume-Uni de l'UE est bien transmise au Conseil européen, ce qui devrait bien être le cas, « Les négociations entre l'Union et le Royaume-Uni peuvent se poursuivre sur une durée maximale de deux ans, au cours de laquelle les lois de l'Union Européenne continuent de s'appliquer au Royaume-Uni » rappelle Candriam, en se basant sur le délai prévu dans l'article 50.

La demande de retrait, une fois transmise, doit encore être acceptée par les autres Etats-membres de l'UE. « Le Conseil doit ensuite obtenir le consentement du Parlement Européen, à la majorité simple [et] le Conseil Européen doit enfin accepter l'accord conclu à la majorité qualifiée, c'est-à-dire 20 des 27 États membres restants, représentant au moins 65% de la population de l'Union à 27 », explique la société de gestion, toujours d'après les modalités de l'article 50.

Les renégociations suivront « un processus fastidieux »

« En cas d'application de l'article 50, l'Union européenne et le Royaume-Uni vont entrer dans un processus de négociation fastidieux », affirme la société de gestion. Dans leur note de conjoncture, les économistes de Candriam rappellent qu'« À titre d'exemple, lorsque le Groenland a décidé de quitter la Communauté européenne en 1982, trois années ont été nécessaires pour parvenir à un accord ».

Le cas du « Brexit » est de surcroît bien plus complexe que le cas du Groenland : « Le Royaume-Uni compte 65 millions d'habitants, exporte d'innombrables biens et services vers l'Union européenne (40% de ses exportations) et est financièrement profondément intégré à l'Union européenne : les actifs détenus par le Royaume Unis sur la zone euro représentaient quelques 4.600 milliards d'euros en 2013, alors que son passif s'élevait à 4.800 milliards d'euros vis-à-vis de la zone euro ».

Négocier les modalités du divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne dans ces conditions risque d'être un gigantesque casse-tête. « Le processus de négociation entre l'Union européenne et le Royaume-Uni devrait être long et complexe car les difficultés d'ordre légal et politique seront nombreuses », conclut Candriam.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

5 commentaires

  • 28 juin 17:30

    un point positif cela sera un bon exercice pour les prochains exit de l'UE! par contre j'aimerais féliciter les membres du Conseil et du Parlement et de la Commission pour avoir rédigé un texte aussi nul!


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Un incendie s'étant déclenché dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, après une frappe israélienne, le 4 mars 2026 ( AFP / Kawnat HAJU )
    information fournie par AFP 05.03.2026 00:28 

    Voici les derniers événements liés à la guerre au Moyen-Orient: - Israël va de nouveau frapper Beyrouth L'armée israélienne a appelé dans la nuit de mercredi à jeudi la population libanaise à évacuer une banlieue de Beyrouth en amont de nouvelles frappes. Cet appel ... Lire la suite

  • Macron s'est entretenu avec les dirigeants israélien et libanais
    information fournie par Reuters 05.03.2026 00:18 

    Emmanuel Macron a déclaré mercredi soir ‌avoir exhorté les dirigeants israélien et libanais à une désescalade, dénonçant les attaques du ​Hezbollah libanais contre Israël comme une "faute majeure" mettant en péril la région et demandant à l'Etat hébreu de s'abstenir ... Lire la suite

  • Wall Street en hausse mercredi en dépit du conflit au Moyen-Orient
    information fournie par Reuters 05.03.2026 00:17 

    par Sabrina Valle La Bourse de New York a ‌fini en hausse mercredi, rebondissant après ses pertes de la veille, alors que des informations signalant une potentielle volonté ​de l'Iran de négocier avec les Etats-Unis et la promesse de Donald Trump de stabiliser ... Lire la suite

  • La salle de contrôle d'Euronext, société qui gère la Bourse de Paris ( AFP / ERIC PIERMONT )
    information fournie par AFP 04.03.2026 23:18 

    Les Bourses mondiales ont terminé dans le vert mercredi, le retour au calme des marchés de l'énergie apaisant les craintes inflationnistes, malgré la prolongation du conflit au Moyen-Orient. "Si chaque nouvel événement tend à générer incertitude et inquiétude, ... Lire la suite

Mes listes

Cette liste ne contient aucune valeur.
Chargement...