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Birmanie-Aung San Suu Kyi inculpée après le coup d'Etat
information fournie par Reuters 03/02/2021 à 13:43

* Aung San Suu Kyi inculpée pour infraction concernant des radios importées

* La police a demandé son placement en détention jusqu'au 15 février

* Le G7 condamne le coup d'Etat, la Chine se défend d'un soutien

* Mouvement de désobéissance civile au sein des hôpitaux birmans

(Actualisé avec précisions sur les protestations, réactions)

3 février (Reuters) - La dirigeante élue Aung San Suu Kyi a été inculpé mardi pour infraction à la législation en vigueur sur les importations et la police a demandé son placement en détention jusqu'au 15 février, selon un document consulté mercredi.

La lauréate du prix Nobel de la paix en 1991, âgée de 75 ans, a été arrêtée lundi avec plusieurs dizaines de ses alliés dans le cadre d'un coup d'Etat mené par la junte militaire qui a pris le pouvoir.

Selon le document consulté, issu d'un poste de police de la capitale Naypyitaw, les officiers militaires chargés d'inspecter la résidence d'Aung San Suu Kyi ont trouvé des radios portatives importées illégalement et utilisées sans autorisation.

Il est demandé dans ce document la détention d'Aung San Suu Kyi "afin d'interroger des témoins, de demander des preuves et de solliciter un avocat après avoir interrogé le défendeur".

Un autre document montre que le président Win Myint a également été inculpé pour des infractions à la loi sur la gestion des catastrophes.

Reuters n'a pas pu joindre dans l'immédiat les autorités policières, gouvernementales et juridiques pour un commentaire.

Charles Santiago, un député malais qui préside le groupe ASEAN Parliamentarians for Human Rights (APHR), a jugé les accusations ridicules.

"C'est une tentative absurde de la junte pour légitimer sa prise de pouvoir illégale", a-t-il déclaré dans un communiqué.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi, n'a pas fait de commentaire. Selon des déclarations mardi d'un responsable de la formation, Aung San Suu Kyi est assignée à résidence à Naypyidaw et est en bonne santé.

La LND avait indiqué plus tôt que ses bureaux avaient été perquisitionnés dans plusieurs régions.

DÉSOBÉISSANCE CIVILE

Entre 1989 et 2010, Aung San Suu Kyi a été assignée à résidence alors qu'elle menait le mouvement démocratique du pays, dirigé alors par la junte militaire.

Elle reste très populaire dans son pays malgré les critiques de la communauté internationale concernant son silence et son inaction sur la répression menée par l'armée contre la minorité musulmane des Rohingya.

Le coup d'Etat militaire est intervenu après la victoire écrasante de la LND d'Aung San Suu Kyi lors des élections législatives du 8 novembre, contestée par l'armée, la Tatmadaw, qui juge que le scrutin a été entaché de fraudes.

Le pouvoir a été transféré au commandant en chef de l'armée, le général Min Aung Hlaing, et l'état d'urgence décrété pour une durée d'un an.

Le putsch a été condamné par la communauté internationale, à l'exception de la Chine qui s'est toutefois défendue mercredi d'avoir apporté son soutien ou son accord tacite au coup d'Etat.

De son côté, le G7, qui regroupe les sept plus grandes économies développées, a demandé à ce que le résultat de l'élection de novembre soit respecté.

"Nous appelons les militaires à mettre immédiatement fin à l'état d'urgence, à rétablir le pouvoir du gouvernement démocratiquement élu, à libérer toutes les personnes injustement détenues et à respecter les droits de l'homme et l'État de droit", a déclaré le G7 dans une déclaration.

En Birmanie, une opposition au putsch par l'armée a commencé à émerger.

Le personnel de nombreux hôpitaux publics dans tout le pays a cessé de travailler ou s'est mis à porter des rubans rouges dans le cadre d'une campagne de désobéissance civile.

Le Mouvement de désobéissance civile de Birmanie, nouvellement créé, a déclaré que les médecins de 70 hôpitaux et les services médicaux de 30 villes s'étaient joints à la protestation.

Il a accusé l'armée de placer ses intérêts au-dessus d'une épidémie de coronavirus qui a tué plus de 3.100 personnes dans le pays, l'un des plus touchés en Asie du Sud-Est.

"Nous ne pouvons vraiment pas accepter cela", a déclaré Myo Myo Mon, 49 ans, qui faisait partie des médecins qui ont arrêté leur travail pour protester.

(Bureaux de Reuters; rédigé par Matthew Tostevin, Grant McCool et Stephen Coates; Blandine Hénault pour la version française, édité par Jean-Michel Bélot)

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