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BCE : une hausse des taux mais pas deux…
information fournie par TRIBUNE LIBRE 10/09/2026 à 09:21
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Vue extérieure du siège de la BCE, à Francfort. (Crédits: BCE)

Vue extérieure du siège de la BCE, à Francfort. (Crédits: BCE)

Par Gregor Kapferer, responsable de la dette des marchés développés, Vontobel


Nous attendons à ce que la BCE relève ses taux directeurs de 25 points de base. Cette anticipation, largement partagée par le marché, intègre une probabilité proche de 99% à l'approche de la réunion.

L'élément le plus intéressant sera la publication des nouvelles projections pour la période 2026-2028. Tant la croissance à court terme que l'inflation pour 2026, qui s'établissaient respectivement à 0,8% et 3% dans les projections de référence de juin, pourraient être révisées à la hausse. L'indicateur clé reste toutefois la trajectoire de l'inflation sous-jacente, car c'est là que se manifesteraient d'éventuels effets de second tour. Jusqu'à présent, ce n'est pas le cas : l'inflation sous-jacente est revenue à 2,4 % en août contre 2,5% précédemment, tandis que l'inflation des services a ralenti à 3% contre 3,3%.

Les marchés anticipent une nouvelle hausse des taux au plus tard au premier trimestre 2027, une opinion que nous ne partageons pas. La surchauffe inflationniste est presque entièrement imputable à l'énergie. Selon les propres analyses de la BCE, environ 90% de l'impulsion inflationniste de cette année provient de l'approvisionnement énergétique, et rien n'indique encore qu'elle se diffuse plus largement à l'économie.

Pas de nouveau resserrement monétaire

Étant donné que 2,50% est généralement considéré comme la limite supérieure d'une fourchette de neutralité comprise entre 1,75% et 2,50%, une nouvelle hausse reviendrait à adopter une politique délibérément restrictive pour lutter contre un choc d'offre sur lequel la politique monétaire a peu d'influence. Notre scénario principal est donc qu'il n'y aura pas de nouveau resserrement monétaire, à moins d'une nouvelle accélération de l'inflation sous-jacente ou des salaires. Nous réviserions cette opinion si, jeudi, la projection d'inflation sous-jacente pour 2027 était sensiblement revue à la hausse, ou si les prochaines publications faisaient apparaître un rebond de l'inflation sous-jacente et des salaires négociés.

L'objectif premier de la BCE est la stabilité des prix. Par conséquent, les données d'inflation, et plus particulièrement leurs composantes sous-jacentes, joueront un rôle déterminant dans la décision. Le Conseil des gouverneurs accordera notamment une attention particulière à la persistance des pressions inflationnistes alimentées par l'énergie, à tout signe d'effets de second tour ainsi qu'à l'évolution des anticipations d'inflation.

Nous nous attendons à ce que la BCE présente des projections actualisées faisant état d'une croissance à court terme plus robuste ainsi que d'une inflation globale plus élevée. La situation au Moyen-Orient, et plus particulièrement son impact sur les prix de l'énergie, demeure un facteur clé expliquant ces perspectives inflationnistes. Nous pensons donc que la BCE insistera tout particulièrement sur la nature essentiellement liée à l'offre de la hausse de l'inflation, tout en surveillant étroitement sa persistance ainsi que le risque d'effets de second tour.

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