Aller au contenu principal
Fermer

BCE : statu quo attendu et euros sous surveillance
information fournie par Carmignac 03/02/2026 à 14:12

Kevin Thozet, Membre du comité d’investissement de Carmignac. (Crédits: DR)

Kevin Thozet, Membre du comité d’investissement de Carmignac. (Crédits: DR)

par Kevin Thozet, membre du comité d'investissement chez Carmignac


Dans la continuité de l'orientation adoptée depuis le second semestre 2025, la Banque centrale européenne devrait laisser ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion du 5 février, avec un taux de dépôt maintenu à 2,0%.

Cette décision est d'autant plus attendue que la réunion de jeudi ne sera pas assortie de nouvelles projections macroéconomiques de la part des services de la BCE, limitant ainsi la probabilité d'une inflexion du discours.
Les dernières données d'inflation publiées se sont révélées globalement conformes aux projections de décembre. Si les anticipations d'inflation sont remontées, notamment dans le sillage du renchérissement des matières premières et du pétrole, elles se sont en réalité rapprochées des hypothèses retenues par la BCE.

Sur le front de la croissance, l'économie européenne a fait preuve d'une résilience notable, portée par la solidité du secteur des services et par une stabilisation progressive de l'activité manufacturière, en particulier dans les secteurs liés à la défense.

Dans ce contexte, la BCE devrait maintenir une posture d'attentisme : dépendance aux données, absence de signal explicite sur les prochaines décisions de politique monétaire et volonté affirmée de préserver une optionalité maximale quant à la trajectoire future des taux. Les marchés intègrent désormais un scénario de pause prolongée, avec seulement 6 points de base de baisse de taux anticipés en 2026. À plus long terme, les anticipations de marché font état d'un relèvement des taux d'ici fin 2027.

Ainsi, bien que l'asymétrie soit moins prononcée qu'en fin de l'année dernière, les marchés de taux européens conservent un attrait certain, ne serait-ce que dans une optique de couverture en cas de révision à la baisse des perspectives de croissance ou d'inflation.

Cette lecture est renforcée par la sous-performance marquée des taux européens par rapport à leurs équivalents américains en 2025, et cela sur l'ensemble de la courbe, tant en termes nominaux que réels. Cette divergence s'est notamment matérialisée à la suite des déclarations d'Isabel Schnabel (membre du directoire de la BCE et candidate crédible à la succession de Christine Lagarde à la présidence de la BCE) suggérant que le prochain ajustement des taux directeurs européens ne pourrait être qu'une hausse. Depuis, ce discours a été partiellement nuancé, ouvrant la voie à un possible rattrapage relatif des taux européens vis-à-vis des taux américains.

Enfin, les commentaires éventuels de la BCE sur le marché des changes constitueront un point d'attention particulier. L'euro a récemment franchi le seuil de 1,20 face au dollar - un niveau inédit depuis 2021. Il s'est apprécié de près de 17% depuis les points bas de 2025, dont environ 5% sur les deux dernières semaines. Historiquement, Luis de Guindos, vice-président de la BCE, a identifié la zone de 1,20 comme un niveau de vigilance pour l'institution. Une appréciation rapide et durable de l'euro pourrait peser sur les perspectives d'inflation et de croissance du staff de la BCE. Dans ce contexte, des signaux suggérant que les taux pourraient être abaissés afin de soutenir l'économie européenne ne sont pas à exclure.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Mes listes

Cette liste ne contient aucune valeur.
Chargement...