L'analyse de Marianne Py, directrice de la rédaction déléguée. (© Montage le Revenu/T. Imai/Flickr)
La faiblesse des taux d’intérêt nourrit l’imagination des économistes. Alors que les stimuli monétaires peinent à faire repartir l’inflation en zone euro, certains, tels les tenants de la «Théorie monétaire moderne», préconisent de laisser filer les déficits budgétaires.
Nouveau paradigmeLa rechute des taux d’intérêt vers des niveaux proches de la ligne de flottaison semblait inimaginable il y a encore six mois. Or elle a aujourd’hui toutes les chances de s’éterniser, sous la férule des banquiers centraux.
Aux États-Unis, Jerome Powell a levé devant le Congrès les derniers doutes sur une baisse d’un quart de point du taux directeur, le 31 juillet. Malgré un chômage au plus bas et une croissance toujours robuste, le patron de la Fed est déterminé à «agir de manière appropriée» face à des perspectives conjoncturelles affectées par les tensions commerciales.
En zone euro, Mario Draghi a clairement laissé entendre, mi-juin, que de nouvelles mesures de soutien étaient envisagées. On le sait, l’actuel président de la BCE a déjà beaucoup innové depuis 2013 : communication avancée (forward guidance), opération de refinancement à long terme (LTRO), taux négatif sur les liquidités excédentaires des banques, programme de rachats d’actifs…
Helicopter moneyUn héritage que ne devrait pas renier Christine Lagarde. Ses rares prises de parole en matière de politique monétaire placent l’actuelle patronne du FMI dans le camp des dovish.
L’annonce de sa nomination à la tête de la BCE, qui doit être confirmée par le Conseil européen, a ainsi accéléré la dégringolade des taux longs : le rendement de l’OAT à 10 ans a basculé

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