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Après l'abandon du projet d'avion Scaf, le char du futur franco-allemand pourrait aussi avoir du plomb dans l'aile
information fournie par Boursorama avec Media Services 15/06/2026 à 16:23

"Je ne peux pas dire aujourd'hui s'il y aura un jour un MGCS", a déploré le patron du géant allemand Rheinmetall.

Le MGCS est censé succéder au Leopard 2 allemand et au Leclerc à l'horizon 2040. Ici, un char Leclerc. (illustration) ( AFP / MIGUEL MEDINA )

Le MGCS est censé succéder au Leopard 2 allemand et au Leclerc à l'horizon 2040. Ici, un char Leclerc. (illustration) ( AFP / MIGUEL MEDINA )

Le projet de char franco-allemand du futur MGCS peine à sortir du flou, alors que la coopération entre Paris et Berlin en matière de défense à pris un coup la semaine dernière avec l'abandon du projet commun d'avion de combat du futur . Les deux capitales vont revoir le projet, a indiqué lundi 15 juin le gouvernement allemande.

Questionné sur l'avenir du MGCS (Main Ground Combat System, pour Système de combat terrestre principal), projet lancé en 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel, un porte-parole du ministère allemand de la Défense a déclaré que "quelques ajustements avaient été apportés ces dernières semaines".

"L'Allemagne et la France ont décidé conjointement de se concentrer sur le cœur du programme MCGS, à savoir la recherche, le développement et la démonstration de technologies de pointe dites 'd'avenir' pour l'utilisation et le commandement de chars de combat", a ajouté le porte-parole, lors d'une conférence de presse régulière du gouvernement allemand à Berlin. Interrogé sur la possibilité d'avoir, au final, des blindés différents en France et en Allemagne, au lieu d'un seul, le porte-parole a répondu que "la question reste en suspens". " Le projet permet d'envisager différentes plateformes" , a-t-il ajouté.

Après l'échec du Scaf, l'avion de combat initié par Emmanuel Macron et Angela Merkel en 2017, enterré il y a une semaine par Paris et Berlin, le MGCS -lancé dans les même conditions et à la même date- pourrait donc aussi avoir du plomb dans l'aile.

La France frileuse ?

Dans un entretien paru samedi, le patron du géant allemand de l'armement Rheinmetall, l'une des entreprises impliquées dans le projet, a évoqué un possible retrait de la France. Le "danger est toujours présent, mais rien n'est décidé", a affirmé Armin Papperger, président du directoire de Rheinmetall, dans un entretien au journal allemand dominical Welt am Sonntag .

Selon les informations du patron de Rheinmetall, la France prévoirait déjà de réduire drastiquement le budget du projet MGCS. Il serait question d'un montant "inférieur à la moitié" des prévisions initiales, a-t-il dit à Welt am Sonntag . "Nous n'avons pris aucune décision concernant le budget final", a-t-il aussi nuancé. La conséquence d'un budget réduit serait la suppression de certaines prestations et, de ce fait, de nouveaux retards dans le projet. "Quand on dispose de moins d'argent, on ne va pas plus vite, et nous sommes déjà très lents", a souligné le patron du groupe de Düsseldorf.

Jusqu'à présent, les quatre entreprises impliquées (KNDS France, KNDS Allemagne, Rheinmetall et Thales) n'ont reçu que 25 millions d’euros dans le cadre de ce programme, en cours depuis une dizaine d’années. "C’est évidemment très peu d’argent", a ajouté ArminPapperger.

Le MGCS est censé succéder au Leopard 2 allemand et au Leclerc à l'horizon 2040.

"Un délai fou"

Il y a un peu plus d'un an, les entreprises allemandes impliquées dans le MGCS, Rheinmetall et KNDS Allemagne, avaient lancé, à titre de solution provisoire, le développement d'un Leopard 3 . Les premiers exemplaires devraient être mis en service au début des années 2030, soit près de dix ans avant le char MGCS, qui ne devrait pas être opérationnel avant les années 2040. "C'est un délai fou. Je ne peux pas dire aujourd'hui s'il y aura un jour un MGCS", a conclu Armin Papperger.

Autre projet franco-allemand en souffrance, d'après le quotidien allemand Handelsblatt paru vendredi: l'Eurodrone. Selon le journal qui cite des sources proches du dossier, Dassault réclamerait une indemnisation à Airbus, car l'entreprise française se verrait attribuer une part moindre dans le projet.

Cette situation s'explique par la décision du gouvernement français de ne pas allouer de fonds pour l'achat des drones d'ici 2035, écrit le Handelsblatt .

Censé constituer une alternative au Reaper américain, l'Eurodrone est développé conjointement par la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne.

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2 commentaires

  • 16:59

    On a vraiment des gouvernants français de plus en plus nuls. A force d'avoir réduit les budgets de la défense, on en est là. Les gouvernements successifs depuis 20 ans sont responsables. "peace and love" ils ne savait que dire cela, aujourd'hui l'addition est lourde.


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