( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / JUSTIN SULLIVAN )
Alphabet a enregistré au deuxième trimestre des résultats meilleurs qu'attendu tirés, de nouveau, par la croissance de son activité d'informatique à distance (cloud), essentielle à l'intelligence artificielle (IA), dans laquelle il veut investir encore davantage que prévu.
Le bénéfice net a profité d'un élément exceptionnel, à savoir l'appréciation de participations détenues par le groupe dans d'autres sociétés, qui l'a propulsé à 112 milliards de dollars (quadruplé sur un an), selon un communiqué publié mercredi.
Ces participations, dont Alphabet n'a pas précisé la nature, ont gagné 98 milliards de dollars en valeur au cours du trimestre.
Sur le plan de l'activité opérationnelle stricte de l'entreprise de Mountain View (Californie), le chiffre d'affaires a progressé de 24% par rapport à la même période de l'année précédente.
Si toutes les divisions du groupe s'affichent en croissance, à l'exception de Google Network (revenus publicitaires sur des sites propres ou partenaires), la palme revient à Google Cloud, qui a bondi de 82% sur un an.
Activité marginale il y a encore 15 ans, l'informatique à distance est devenue l'un des moteurs d'Alphabet, au point de peser désormais 20% du chiffre d'affaires, qui atteint 119,8 milliards au total.
Elle surfe actuellement sur la déferlante IA, qui démultiplie les besoins en capacités de calcul, assurés en grande partie par le "cloud". L'informatique à distance est, en outre, un marché très rentable pour Alphabet, qui a vu son bénéfice d'exploitation tripler sur ce segment.
Le carnet d'ordres de Google Cloud se monte désormais à 514 milliards de dollars, selon la directrice financière, Anat Ashkenazi, qui s'exprimait lors de la conférence téléphonique de présentation des résultats.
L'appétit pour l'IA est tel qu'Alphabet a de nouveau relevé sa prévision d'investissements pour l'ensemble de l'exercice 2026. Il vise désormais une fourchette comprise entre 195 et 205 milliards de dollars, contre 180 à 190 milliards jusqu'ici.
L'essentiel de ces investissements sont consacrés aux infrastructures d'informatique à distance, à savoir les centres de données. Malgré cette nouvelle réévaluation des prévisions pour l'année en cours, Alphabet s'attend toujours à ce que ces investissements "augmentent significativement en 2027" par rapport à 2026, a déclaré la directrice financière.
Après l'annonce de la nouvelle prévision d'investissements, le titre d'Alphabet a décroché dans les échanges électroniques postérieurs à la clôture de Wall Street, abandonnant plus de 4%.
L'IA tire aussi la pub
Désireux de maîtriser au moins une partie de sa chaîne d'approvisionnement, Alphabet développe, depuis plusieurs années déjà, ses propres puces, les TPU (Tensor Processing Unit), considérées comme compétitives pour l'utilisation de l'IA.
Au deuxième trimestre, Alphabet a commencé à vendre ces TPU à des clients externes, alors qu'il les réservait jusqu'ici exclusivement à ses propres infrastructures.
"Encore un trimestre impressionnant pour Google, en particulier en ce qui concerne l'IA", a réagi Nate Elliott, analyste d'Emarketer.
Philipp Schindler, responsable opérationnel de Google, a expliqué que l'IA avait aussi été mise au service des métiers historiques de l'entreprise, surtout grâce aux modèles d'intelligence artificielle Gemini.
"Gemini améliore notre compréhension des demandes (dans le moteur de recherche), ce qui nous permet de trouver des publicités plus pertinentes", a notamment décrit le responsable.
Alors que certains s'inquiètent de possibles effets négatifs des chatbots sur la fréquentation de Google, le chiffre d'affaires publicitaire du groupe a ainsi connu une hausse de 14%.
"Cela confirme l'idée selon laquelle l'IA renforce la recherche (traditionnelle via le moteur Google), mais ne la remplace pas", a commenté Nate Elliott.
Alphabet tire aussi son épingle du jeu sur le segment des chatbots, l'application dédiée Gemini revendiquant 950 millions d'utilisateurs mensuels.
S'il a fait la preuve de sa capacité à tirer des revenus de l'IA, Alphabet suscite des interrogations quant à sa propension à rester dans la course aux modèles les plus avancés.
Beaucoup s'attendent à ce que son prochain modèle, Gemini 3.5 Pro, actuellement en phase de test, ne soit pas à la hauteur des IA les plus performantes.
Le patron d'Alphabet, Sundar Pichai, a cherché à rassurer sur ce point lors de la conférence téléphonique, révélant que l'entreprise travaillait déjà au modèle suivant, Gemini 4. "C'est un projet très ambitieux", a-t-il assuré. "Nous voulons que Gemini 4 soit aux avant-postes (de l'IA) quand il sortira."
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer