Airbus reprend un peu d'altitude après ses résultats, l'avis des analystes
Airbus a publié hier soir un résultat net (part du groupe, publié) de 586 MEUR au titre du 1er trimestre 2026 dépassant largement le consensus qui tablait sur 271 MEUR. "Cette performance est toutefois de faible qualité, tirée par un résultat financier élevé (466 MEUR) et une charge fiscale plus faible (139 MEUR contre 349 MEUR l'an dernier), plutôt que par l'exploitation", souligne Saïma Hussain, en charge du dossier chez AlphaValue.
Dans cette même dynamique, le bénéfice par action (publié) ressort à 0,74 EUR, contre un consensus à 0,46 EUR tandis que le CA consolidé est ressorti à 12,7 MdsEUR, globalement en ligne avec les attentes.
En revanche, l'EBIT ajusté, indicateur clé de rentabilité opérationnelle excluant notamment les éléments exceptionnels et effets de change, chute de 52% à 300 MEUR alors que le consensus ciblait cette fois 371 MEUR.
AlphaValue signale aussi que "le flux de trésorerie constitue le principal point faible de la publication". En effet, le free cash flow avant financement clients ressort à -2,5 MdEUR, contre -1,7 MdEUR attendu, un écart significatif lié à la fois à la baisse des livraisons et à la poursuite de la hausse des stocks dans le cadre de la montée en cadence".
Réagissant à cette publication, Chloé Lemarie, chez Jefferies , confirme son conseil "conserver" sur le titre, avec un objectif de cours légèrement réduit, de 190 EUR à 185 EUR.
L'analyste retient surtout les résultats décevants sur l'EBIT pénalisé par des livraisons commerciales faibles, partiellement compensées par une amélioration des marges dans la division Defence & Space. Selon Jefferies, les commentaires sur la production sont toutefois jugés rassurants avec une montée en cadence conforme aux objectifs 2026 (l'avionneur vise 870 livraisons d'avions commerciaux sur l'année, ndlr), et un rattrapage attendu des livraisons en Chine au 2e trimestre.
Le bureau d'études estime enfin que le profil risque/rendement reste peu attractif à ce stade, dans un contexte d'incertitudes sur le trafic aérien et de reprise encore limitée des livraisons.
Pour sa part, RBC confirme son conseil "surperformance" sur le titre Airbus, avec un objectif de cours abaissé de 225 EUR à 200 EUR. La note indique néanmoins que les résultats sont globalement en ligne avec des attentes déjà révisées à la baisse, tandis que la division Defence & Space constitue un point positif.
Selon le bureau d'études, le management reste confiant dans un rattrapage des livraisons dès le 2e trimestre, avec notamment la résolution attendue des problèmes de panneaux et la livraison d'environ 20 appareils retardés vers la Chine.
De son côté, Berenberg confirme également son conseil "conserver" sur le titre avec un objectif de cours inchangé à 190 EUR. Le broker met en avant un trimestre "faible", marqué par une saisonnalité plus prononcée qu'à l'habitude et des livraisons perturbées, entraînant un EBIT et un FCF inférieurs aux attentes.
La note souligne que la montée en cadence reste contrainte par les moteurs GTF, principal goulet d'étranglement, le nombre de livraisons étant désormais figé pour l'année, ce qui limite la visibilité sur la production.
Le courtier estime que le profil de risque demeure élevé, avec des tensions persistantes sur la chaîne d'approvisionnement et une dépendance accrue à une forte exécution en fin d'année.
Panmure Liberum (en collaboration avec Agency Partners) reste également à "conserver" sur le titre, avec un objectif de cours à 141 EUR à 12 mois. Le bureau d'étude rapporte que les résultats sont ressortis inférieurs à ses propres attentes mais qu'ils reflètent surtout une saisonnalité accrue plutôt qu'une dégradation structurelle. La note évoque deux principaux freins opérationnels, à savoir les problèmes de panneaux sur l'A320, qui ralentissent la production depuis fin 2025, et surtout les tensions persistantes sur les moteurs GTF de Pratt & Whitney, qualifiées de point de friction majeur.
Enfin, le rapport indique rester prudent sur le secteur, tout en jugeant Airbus mieux positionné que les motoristes, avec une capacité jugée crédible à atteindre ses objectifs annuels malgré les contraintes actuelles.
Deutsche Bank confirme son conseil "achat" sur le titre avec un objectif de cours de 226 EUR. Le broker évoque lui aussi un 1er trimestre "décevant", avec un EBIT ajusté et un free cash flow inférieurs aux attentes. Selon l'analyste, la faiblesse provient principalement d'Airbus Commercial, pénalisé par des volumes plus faibles, un mix défavorable, des effets de change et une hausse des dépenses de R&D, tandis que Defence & Space a soutenu la performance grâce à des livraisons d'A400M.
Selon le bureau d'études, les explications fournies sur le retard de livraisons au 1er trimestre et le rattrapage attendu aux 2e et 3e trimestres sont "rassurantes", confortant la capacité du groupe à atteindre ses objectifs annuels.
Chez DZ Bank , la conseil "achat" est confirmé, assorti d'un objectif de cours de 227 euros. Le broker souligne un premier trimestre marqué par un recul des livraisons d'environ 16%, à 136 appareils, entraînant une baisse du chiffre d'affaires et une contraction de la marge d'EBIT à 2,4%.
Le bureau d'études met toutefois en avant le carnet de commandes solide et une amélioration attendue des livraisons au cours de l'année. L'analyste ajoute que les difficultés actuelles relèvent principalement de facteurs temporaires (production, chaîne d'approvisionnement), tout en maintenant sa confiance dans les objectifs annuels du groupe.
Enfin, dans une note de recherche publiée par Milene Kerner, le broker Barclays conseille de s'intéresser au titre avec une opinion à l'achat. L'objectif de cours reste fixé à 220 EUR.
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