(Actualisé avec déclarations supplémentaires, contexte)
par Gilles Guillaume
PARIS, 5 avril (Reuters) - ADP ADP.PA a enclenché la
dernière phase de sa mue qui doit lui permettre d'accélérer dans
l'aéroportuaire et l'investissement immobilier, et de séduire au
passage des investisseurs dans les starting-blocks avant la
privatisation de l'exploitant des aéroports parisiens.
"Le modèle, c'est celui de la transformation de ce qui était
un groupe public, on va même dire un bureau du ministère de
l'aviation civile, en 1945, dans l'entreprise que vous avez
aujourd'hui", a déclaré vendredi le PDG d'ADP, Augustin de
Romanet, devant plusieurs dizaines d'analystes financiers, de
banquiers et de représentants de fonds et d'entreprises réunis
non loin des Champs-Elysées.
En passe d'être privatisé par l'Etat qui détient 50,6% du
capital, le groupe prévoit de doubler à six milliards d'euros
ses investissements dans les activités "coeur" des aéroports
parisiens entre 2021 et 2025, dans le cadre de son quatrième
"contrat de régulation économique (CRE).
Il table également d'ici 2025 sur une croissance de son
activité de 40% à 50% tirée par le développement international
et la croissance des aéroports d'Orly et Roissy.
ADP a déjà connu plusieurs mutations. Transformé en société
anonyme en 2005, introduit en Bourse l'année suivante, il entame
en 2012 son internationalisation avec l'acquisition d'une partie
de TAV Airports en Turquie, stratégie qui s'accélère en 2017.
ADP revendique au titre de 2018 le rang de numéro un mondial de
la gestion d'aéroports avec 281 millions de passagers et 25
plates-formes gérées dans le monde.
"Notre objectif est de valoriser ce qui représente 70 ans
d'expérience aéroportuaire", a ajouté Augustin de Romanet.
Les années à venir seront marquées par d'importants
changements autour de Paris avec les travaux préparatoires du
futur terminal T4 de Roissy et le chantier du CDG Express, un
train direct entre l'aéroport Charles-de-Gaulle et la gare de
l'Est, sur fond d'aménagements du Grand Paris et de Jeux
olympiques de 2024.
UN HÔTEL OÙ L'ON NE DORT PAS
ADP veut aussi monétiser à l'international cette expérience
dans les infrastructures, les commerces, la sécurité et
l'hospitalité, Augustin de Romanet décrivant l'aéroport comme
"un hôtel où les gens ne dorment pas".
A côté de son coeur de métier, le groupe se voit aussi
maintenant comme un investisseur à part entière. Fort d'une
réserve foncière de plus de 300 hectares, il peut encore
construire 1,5 million de mètres carrés qui viendraient
s'ajouter aux 1,5 million qu'il exploite déjà.
"A l'horizon 2024, le centre d'affaires d'Orly est une
alternative extrêmement crédible à la Défense", a poursuivi
Augustin de Romanet, en soulignant que trois millions de mètres
carrés équivalent à 66% de la superficie développée dans le
quartier de bureaux de l'ouest parisien.
Parmi les candidats potentiels à la privatisation d'ADP
figure le groupe Vinci SGEF.PA , déjà actionnaire à 8%,
candidat au plein contrôle d'ADP et représenté vendredi à la
présentation par son directeur des relations investisseurs.
Le groupe de BTP et de concessions ne sera pas seul en lice.
Les postulants pressentis comprennent également le spécialiste
australien de l'investissement dans les infrastructures
Macquarie MQG.AX , qui a dépêché vendredi le patron de sa
filiale française, ou encore le fonds Ardian allié à plusieurs
départements d'Ile-de-France, qui a confirmé son intérêt.
Le projet de loi Pacte, qui va ouvrir la voie à la
privatisation d'ADP, doit être examiné à partir du 9 avril
prochain par le Sénat, avant une dernière lecture par
l'Assemblée le 11. Selon Augustin de Romanet, la promulgation du
texte pourrait suivre mi-mai.
Augustin de Romanet a assuré que cette loi conforterait la
stratégie de développement du groupe.
"Cette loi (...) pouvait nourrir des craintes légitimes,
certaines et certains d'entre vous, qui êtes actionnaires d'ADP,
vous demandiez à quelle sauce vous seriez mangés. Et bien cette
sauce est très comestible", a-t-il dit.
Le transfert au secteur privé d'une majorité du capital
transformerait notamment le droit perpétuel d'exploitation
actuel d'ADP en un droit d'exploitation de 70 ans, moyennant une
indemnité d'expropriation qui sera fixée après consultation
d'une commission.
"ADP a un peu plus de 70 ans, nous avons donc une nouvelle
vie devant nous", a dit le directeur financier Philippe Pascal.
(Edité par Bertrand Boucey)
ADP se transforme pour séduire les investisseurs
information fournie par Reuters 05/04/2019 à 13:18
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