Le groupe suisse Adecco a observé des "signes de stabilisation" dans le recrutement permanent au deuxième trimestre, a indiqué jeudi son directeur général, même si sa croissance reste pour l'instant surtout portée par le travail temporaire.
( AFP / LOIC VENANCE )
Bien que toujours en repli, le recrutement permanent - qui pâtit depuis plusieurs trimestres du climat d'incertitude macroéconomique et géopolitique - a donné des signes d'amélioration, avec un recul de ses revenus sur ce segment désormais bien moindre qu'aux trimestres précédents.
"Nous avons vu des progrès sur plusieurs marchés, dont aux Etats-Unis, en Espagne et en Asie-Pacifique", a affirmé Denis Machuel, le patron du groupe suisse, qui s'est dit "très encouragé par ces signes de stabilisation du recrutement permanent" lors d'une conférence de presse téléphonique.
Hors effets de change, les revenus du groupe dans le recrutement permanent se sont contractés de 1% au deuxième trimestre, contre une baisse de 7% au premier trimestre.
Les revenus dans le placement de personnel temporaire - que les entreprises privilégient en cas d'incertitudes - ont eux grimpé de 5% durant le deuxième trimestre.
Tous segments confondus, le groupe zurichois a fait état d'une hausse de 4% de son chiffre d'affaires au deuxième trimestre à près de 5,98 milliards d'euros, a-t-il indiqué dans un communiqué.
Sa croissance organique ajustée du nombre de jours ouvrables, qui permet de jauger le rythme des embauches, s'est quant à elle chiffrée à 5,6%, dépassant les prévisions des analystes interrogés par l'agence suisse AWP, qui l'attendaient en moyenne à 4,5%. Le chiffre d'affaires est lui attendu à 5,94 milliards d'euros.
Son bénéfice net s'est de son côté contracté de 19% par rapport à la même période un an plus tôt, à 47 millions d'euros sous l'effet notamment de charges de restructurations en France et en Allemagne.
Dans une note de marché, Michael Foeth, analyste chez Vontobel, a jugé ces résultats "solides" dans ce qui est "toujours un environnement de marché difficile".
A 9H38 GMT, le titre perdait toutefois 4,27% à 22,42 francs suisses, à contre-tendance du SPI, l'indice élargi de la Bourse suisse, en hausse de 0,25%.
Malgré ces résultats en hausse, "nous nous attendons à ce que le sentiment du marché reste faible pour les principaux marchés d’Adecco", que sont la France et l'Allemagne, a souligné Gian Marco Werro, analyste à la Banque cantonale de Zurich, même si "la dynamique demeure forte aux États-Unis et en Italie".
Parmi les facteurs qui incitent à la prudence, il évoque aussi le risque de "nouvelles vagues de licenciements à l’échelle mondiale liées aux gains d’efficacité générés par l'intelligence artificielle".
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