Un tiers du S&P 500 publie ses résultats cette semaine, dont plusieurs géants. Test clé: le rallye repose-t-il sur des fondamentaux solides ou des attentes excessives? ( crédit photo : Getty Images/iStockphoto )
Sommaire:
- Une semaine de vérité pour Wall Street
- Le crash-test des «Sept Magnifiques»?
- L’intelligence artificielle, catalyseur… et zone de friction
- Les banques centrales en toile de fond
Une semaine de vérité pour Wall Street
Le mois écoulé aura illustré la capacité de résilience des actions américaines. Malgré un environnement géopolitique tendu, notamment au Moyen-Orient, les indices ont enregistré un rebond particulièrement marqué. Le Nasdaq Composite a progressé de près de 18% sur le mois d’avril, tandis que le S&P 500 a gagné environ 13%. Ces deux indices ont ainsi renoué avec des niveaux historiquement élevés. A titre de comparaison, le CAC 40 n’a progressé «que» de 3,55% sur la même période.
Ce mouvement haussier, rapide et peu heurté, interroge néanmoins sur sa soutenabilité. Il s’est en effet construit dans un contexte où les multiples de valorisation se sont tendus, traduisant des anticipations de croissance élevées. Dès lors, la saison des résultats de cette semaine constitue un véritable test de validation.
Le crash-test des «Sept Magnifiques»?
Parmi elles figurent cinq des «Sept Magnifiques»: Microsoft, Alphabet, Amazon, Apple et Meta Platforms. Ces groupes concentrent une part majeure de la capitalisation boursière américaine: environ 21.000 milliards de dollars cumulés pour l’ensemble des sept valeurs, soit plus de 30% de la capitalisation totale du S&P 500. Ils ont, à ce titre, largement porté la récente dynamique haussière des marchés. Pour quatre d’entre elles, le bal des publications commence dès mercredi à la clôture des marchés américains. Apple suit jeudi.
« Ces entreprises ont beaucoup à prouver, et, pour que le cours de leurs actions progresse, elles vont réellement devoir impressionner les investisseurs sur le plan des résultats », souligne Anthony Saglimbene, stratège en chef des marchés chez Ameriprise Financial. Pour les investisseurs, il s’agit de vérifier si la solidité opérationnelle de ces entreprises justifie effectivement les multiples de valorisation actuels. Une déception, même légère, viendrait fragiliser l’ensemble de l‘édifice boursier et pourrait provoquer une correction du rallye entamé ce mois-ci.
L’intelligence artificielle, catalyseur… et zone de friction
Au-delà des chiffres bruts, la thématique de l’intelligence artificielle est au cœur de toutes les attentions. La raison est simple. Depuis plus d’un an, elle s’impose comme le principal moteur narratif des marchés et justifie des investissements massifs dans les infrastructures, les puces et les technologies associées.
Cependant, les retours commencent à apparaître plus contrastés. Suffisant pour alimenter certaines interrogations. Selon des informations relayées par le The Wall Street Journal, OpenAI - acteur central de cette révolution - n’aurait pas atteint plusieurs de ses objectifs internes, tant en matière de chiffre d’affaires que de croissance des utilisateurs. Ce constat ravive donc un débat de fond: les dépenses considérables engagées par la Silicon Valley dans l’IA sont-elles soutenables à court terme, ou s’agit-il d’un cycle d’investissement dont la rentabilité prendra davantage de temps à se matérialiser?
Les investisseurs veulent désormais des preuves concrètes: que les investissements massifs des géants du cloud et de la tech se transforment en revenus tangibles, en amélioration des marges et en une monétisation durable.
Rappelons qu’au-delà des entreprises technologiques mentionnées ci-dessus, d’autres mastodontes vont permettre aussi de prendre le «pouls» du marché cette semaine, tels que le fabricant de médicaments amaigrissants Eli Lilly ou le géant pétrolier Exxon Mobil. D’autres poids lourds comme Coca-Cola, UPS ou General Motors ont déjà publié leurs résultats en début de semaine.
Depuis lundi 27 mars, les marchés américains font en tout cas preuve d’une grande prudence et les investisseurs restent dans l’expectative. Le S&P 500 est ainsi quasiment stable, avec une légère progression d’environ 0,5% sur trois jours, tandis que le Nasdaq Composite grappille à peine plus, à +0,82%.
Les banques centrales en toile de fond
Pour complexifier l’équation, cette avalanche de résultats coïncide avec la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed), qui a débuté mardi et se termine mercredi soir. Si aucune évolution des taux n’est attendue, il pourrait s’agir de la dernière réunion présidée par Jerome Powell avant que le candidat choisi par Donald Trump pour lui succéder, Kevin Warsh, ne prenne éventuellement sa place.
Le statu quo sur les taux est dans tous les cas largement intégré par les marchés. Mardi, la Banque du Japon (BoJ) a de son côté décidé de maintenir son taux directeur inchangé à 0,75 %. Jeudi, la Banque centrale européenne devrait également opter pour un statu quo à l’issue de sa réunion, mais la session de questions-réponses retiendra particulièrement l’attention. Elle permettra détecter d’éventuels signaux sur l’orientation future de la politique monétaire et d’éventuels ajustements de ton face à l’évolution de la conjoncture économique.
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