Bruno Vanel VP Product Performance Renault : « On peut faire de l'électrique et maintenir la passion et le plaisir de conduire » -
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Bruno Vanel VP Product Performance Renault : « On peut faire de l'électrique et maintenir la passion et le plaisir de conduire ».
Mondial de l'Automobile 2026
16 octobre 2026 15 h avec Bruno Vanel VP Product Performance Renault.
Didier Testot : Bruno Vanel, bonjour.
Bruno Vanel : Bonjour.
Didier Testot : Vous êtes directeur produit Renault. Vous êtes sur un très beau stand aujourd’hui avec le prototype de la petite Twingo derrière vous et puis le nouveau concept… Cette année 2025-2026 pour Renault, c’est un peu l’année des nouveautés ?
Bruno Vanel : Ah oui, clairement. La Twingo, que nous avons présentée il y a quelques mois et qui est déjà le troisième véhicule électrique vendu en France depuis le début de l’année et le premier dans sa catégorie, fait exploser les ventes du segment. On a la Clio, que nous avons commercialisée au début de l’année, et puis nous allons commercialiser Trafic E-Tech, qui est la toute nouvelle génération de véhicules utilitaires, dans les prochaines semaines. Donc une très grande année pour Renault, oui.
Didier Testot : On a une évolution côté consommateurs, il y a le sujet bien entendu des prix du carburant. Est-ce que côté Renault vous constatez une demande plus importante, notamment sur l’électrique ?
Bruno Vanel : C’est effectivement ce qu’on constate depuis quelques semaines, quelques mois maintenant. Les deux tiers de nos ventes globalement en Europe étaient électrifiées — donc hybrides ou électriques — sur le premier semestre. Mais là, depuis septembre, on constate une accélération significative : plus de 60 % des dernières commandes sur les dernières semaines sont électriques, purement électriques, avec un succès absolument phénoménal de toute notre gamme électrique, à commencer par Twingo, mais la Renault 5, dont le succès ne se dément pas, et même toutes les Renault 4, Scénic, Mégane, font face à une demande accrue, oui.
Didier Testot : Une demande que vous pouvez fournir aujourd’hui suffisamment ?
Bruno Vanel : Une demande que nous pouvons fournir. L’usine de Douai, qui fabrique les Renault 5, les Mégane et les Scénic, vient de passer en trois équipes (3×8) de manière à pouvoir répondre à la demande. On augmente les capacités de Renault 4 également, et l’usine qui produit les Twingo en Slovénie fournit également à plein régime.
Didier Testot : Le sujet de l’autonomie aussi peut parfois restreindre l’envie d’avoir le 100 % électrique en se disant « S’il n’y a que cette autonomie-là, peut-être que je vais attendre ». Comment Renault voit les choses sur ce plan-là ?
Bruno Vanel : L’anxiété de l’autonomie diminue quand même assez fortement. Les gens voient clairement qu’il y a des bornes de recharge sur toutes les autoroutes, qu’elles sont multiples, et que même en ville maintenant il y a énormément de bornes de recharge. Donc l’anxiété diminue. Et puis ils sont confrontés à de plus en plus de collègues qui utilisent et roulent en voiture électrique. Pour la Twingo, tout le monde nous disait « Cette autonomie-là, cette vitesse de charge… », mais les clients de Twingo parcourent 26 km par jour en moyenne (sur un échantillon de 12 000 clients) et ils rechargent même pas deux fois par semaine. C’est donc plus une angoisse liée à la méconnaissance de leurs trajets réels, mais qu’on arrive à surmonter de mieux en mieux.
Didier Testot : Vous parliez du concept que l’on peut voir aussi sur ce Mondial. Par rapport justement à ce qui existe, qu’est-ce que Renault a imaginé ?
Bruno Vanel : Ce nouveau concept est fidèle à l’ADN de l’Espace, mais dans lequel on a mis différentes briques. Ce que tout le monde retient, c’est cette forme monospace très fidèle au premier Espace, et ça c’est pour le tester auprès de nos clients. Mais si vous regardez le poste de conduite très aéré, c’est celui qu’on retrouvera sur toutes les futures Renault : une vraie révolution qui permet de profiter au maximum de l’expérience digitale, de Gemini qu’on a mis dans toutes nos voitures depuis ce salon — pas seulement Google, mais Gemini. Et puis la modularité à l’intérieur, qui est un sujet que vous trouvez sur l’ensemble de nos voitures et qu’on continue à développer et à approfondir.
Didier Testot : Il y a eu aussi des images d’une R8 Gordini. Ça c’est pour les nostalgiques ? De se dire qu’un jour peut-être, ce côté véhicules iconiques, un jour en électrique elle arrivera ?
Bruno Vanel : Il ne faut jamais dire jamais, peut-être ! C’est pas seulement pour les nostalgiques, je dirais que c’est pour les enthousiastes. Vous avez aussi sur le stand une Renault 5 Turbo 3E électrique avec 550 chevaux, qui est un hommage à la première Renault 5. C’est pour ça qu’on en fabrique 1 980, l’année de commercialisation de la première Renault 5 Turbo. Ça prouve qu’il y a toujours des passionnés, mais qu’on peut faire de l’électrique et maintenir cette passion, cet engouement pour la performance et le plaisir de conduire.
Didier Testot : Donc il peut y avoir des nouveautés côté design sur certains véhicules tout en gardant un ADN.
Bruno Vanel : Le but c’est de conserver l’ADN et puis d’ajouter tout ce qu’on peut comme joie de vivre et joie de conduire grâce à l’électrique, mais aussi toute la technologie moderne avec Google à bord, les écrans, la connectivité, le fait que vous dialoguez avec Gemini comme avec un passager en lui posant toutes les questions que vous voulez et qu’il invente pour vous des quiz à poser à vos enfants.
Didier Testot : Sur les perspectives après ce Mondial, est-ce qu’il y a des tendances de fond qui s’installent et sur lesquelles Renault va répondre dans les prochains mois ?
Bruno Vanel : Oui, il y en a trois clairement qui s’installent :
L’électrification : on y répond soit directement avec des voitures 100 % électriques, soit avec des véhicules hybrides qui consomment moins de 5 litres (Clio, Captur). Les gens rentrent et demandent une solution électrique ou électrifiée.
Le côté abordable : une Twingo c’est moins de 20 000 €, c’est moins de 13 000 € si on cumule toutes les aides dont on peut bénéficier. C’est une demande clé des acheteurs.
L’absence de compromis sur la technologie : les gens veulent toute l’intuitivité de leur smartphone dans la voiture, ainsi que la modularité et le confort. C’est cette combinaison — prix abordable, électrification et haute technologie — qu’il faut réussir à proposer.
Didier Testot : Merci Bruno Vanel d’avoir été avec nous.
Bruno Vanel : Je vous en prie.