Présenté au Technocentre de Guyancourt, le nouveau plan quinquennal promet le lancement de 36 nouveaux modèles. Le directeur général François Provost vise une baisse de 30% du temps de développement des véhicules et des délais de fabrication, ainsi que du nombre de composants. Il promet une réduction de 40% du coût électrique.
Après les plans « Drive the Change » (2011-2016) ou « Drive the Future » (2017-2022) de Carlos Ghosn, le plan « Renaulution » (2022-2027) de Luca De Meo, voici le « FutuREady » ! Directeur général de Renault depuis le 30 juillet 2025, François Provost l’a présenté ce mardi au Technocentre de Guyancourt (Yvelines). Constante de tous ces plans : croissance, internationalisation hors d’Europe, multiplication des nouveaux lancements. À moyen terme, Renault vise ainsi dans ce nouveau plan quinquennal une croissance du chiffre d’affaires de 5% par an, avec 36 lancements d’ici à 2030, dont seize modèles électriques et quatorze à l'international. Soit quatre de plus que dans le dernier plan « Renaulution ».
La marque Renault va notamment lancer « en Europe douze nouveaux véhicules » et « accélérer l’offensive à l'international avec quatorze lancements de produits », explique Fabrice Cambolive, directeur du label au losange. D'ici à 2030, la firme vise « plus de 2 millions de véhicules vendus par an, dont 50% hors d'Europe », contre 1,6 million l’an passé et 38% hors du Vieux continent. Avec « 100 % de ventes électrifiées en Europe et 50 % hors d'Europe ». Fini l’objectif précédent des 100% de véhicules tout électriques avant 2030, soit dit en passant ! Dacia ne donne pas, pour sa part, d’objectifs chiffrés, mais sa directrice, Katrin Adt, prévoit « quatre nouveaux modèles purement électriques ». La marque à bas coûts compte réaliser les « deux tiers de ventés avec des modèles électrifiés en 2030 ».
Baisse de 40% du coût des électriques
Le constructeur veut en particulier préparer une nouvelle offensive électrique sur le segment C des compactes, avec une nouvelle plateforme dite RGEV Medium 2.0. Autonomie prévue « jusqu'à 750 kilomètres en mode zéro émission, mais aussi 1 400 avec une version rechargeable » (Range Extender), précise Philippe Brunet, directeur de l’ingénierie. Cette nouvelle plateforme sera développée principalement en France. Elle permettra d'atteindre « une baisse de coûts de 40% par rapport à la génération de véhicules électriques actuelle ». Le constructeur de Boulogne-Billancourt compte aussi étendre l'offre hydride E-Tech avec des versions plus abordables inférieures à 150 chevaux.
Production Renault 5 E-Tech Electric
Le groupe compte améliorer sa compétitivité. C’est même le volet essentiel du plan, sur lequel François Provost insiste le plus. Le directeur général s’engage sur une « diminution de 400 euros par véhicule par an » avec une « réduction jusqu’à 40% du ticket d’entrée pour les nouveaux véhicules par rapport à la génération précédente ». Cela passe notamment par une généralisation du temps de développement à « deux ans, soit une baisse de 30% ».
30% de pièces en moins dans un véhicule
Mais il faut également réduire le temps de fabrication des modèles et du nombre de pièces composant un véhicule « de 30% », affirme Thierry Charvet, directeur Industrie, qualité, logistique du groupe tricolore. Il annonce par ailleurs l'intégration de « 350 robots humanoïdes pour les tâches pénibles ou à très faible valeur ajoutée » dans ses usines « Nous allons abaisser les coûts unitaires de production de 20% et ceux de logistique de 30% », a-t-il ajouté. Tout en améliorant fortement la qualité, promettant « 50% d’incidents qualité en moins ». Après « une réduction de 70% sur les cinq dernières années ».
Le groupe compte produire plus de 300 000 véhicules par an d'ici à 2030 sur trois continents, destinés à ses partenaires, Nissan, Mitsubishi Motors, Volvo Trucks, Ford et son allié chinois Geely. Notamment en Inde, où seront fabriqués trois modèles pour Nissan. François Provost a notamment salué ce dernier en tant que partenaire « historique et stratégique », envisageant de « nouvelles opportunités, plus importantes que nous ne pensions auparavant » !
Des objectifs non tenus dans le passé
Un plan plein de très bonnes intentions, mais qui demeure à ce stade… au niveau des engagements. Or, l’expérience prouve que les objectifs fixés par les plans ne sont peu ou prou jamais respectés. François Provost en est conscient. Le plan précédent « Renaulution » n’avait pas tenu, loin de là, ses objectifs. Il prévoyait ainsi 8% de marge en 2025, et plus de 10% en 2030. Certes, les résultats se sont montrés honorables (6,3%) l’an dernier, mais en retrait du plan.
La marge des seules activités auto atteignait 4,2% à peine ! Renault vise prudemment dans ce nouveau plan quinquennal une marge opérationnelle entre 5% et 7% du chiffre d'affaires. Le coût de l’action Renault s’affichait en tout cas en petite hausse (+1,7%) ce mardi 10 mars 2026 vers 11 heures 30. Signe d’une prudente confiance de la Bourse ?