La valorisation de la firme au losange aura chuté de 15 au printemps 2024 à 8,3 milliards d’euros actuellement. Le directeur général François Provost devra convaincre la Bourse de la pertinence de son plan quinquennal « futuREady », qui sera dévoilé le 10 mars. Vaste gageure.
Alors que François Provost présentera le 10 mars son plan nouveau stratégique « futuREady », Renault Group affiche une capitalisation boursière historiquement basse, à 8,35 milliards d’euros seulement… Contre 15 milliards il y a deux ans ! Le nouveau directeur général de la firme au losange aura donc fort à faire pour convaincre les investisseurs de la pertinence de son nouveau plan quinquennal (2026 à 2030) ! La valorisation de la firme de Boulogne-Billancourt a d’ailleurs déjà perdu un milliard par rapport au jour de présentation de ses résultats financiers 2025, le 19 février dernier. Certes, tous les constructeurs européens vu leur valeur en Bourse baisser, le champion de la chute étant Stellantis ! Ce dernier est même passé en deux ans de 78 milliards d’euros… à 17,3 !
Les Allemands résistent mieux, pas Stellantis
Il n’empêche. Les Allemands résistent beaucoup mieux. En deux ans, Volkswagen et BMW perdent seulement près du tiers de leur valeur à un peu plus de 48 milliards d’euros. Ford n’a reculé que de 10% à 42 milliards, tandis que l’autre Américain, GM, a pour sa part fortement accru sa valeur (+32% à 59 milliards) sur la période.
Après avoir stagné obstinément jusqu’à 2022 au-dessous de la barre des dix milliards, la capitalisation de Renault avait enfin décollé en Bourse, de presque 40% entre le début du printemps 2023 et celui de 2024. Mais las. Le titre a rechuté, de 40% en un an, 23% depuis le début de 2026. Non seulement l’action a annulé toutes ses progressions, mais elle se retrouve 30% en-dessous de son cours d’il y a cinq ans.
Une nouvelle réduction des coûts en vue
Nommé le 30 juillet 2025 à la tête opérationnelle de Renault, François Provost va égrainer le plan du groupe au Technocentre de Renault à Guyancourt (Yvelines) de 9 heures à 12 heures, avec ses principaux directeurs : Josep-Maria Recasens, (Stratégie produits et programmes), Philippe Brunet (Ingénierie), Thierry Charvet (Industrie, qualité, logistique), Fabrice Cambolive (Croissance et marque Renault), Katrin Adt (Dacia) et Philippe Krief (Alpine). À la clé : le dévoilement des prochaines nouveautés comme le SUV-coupé Dacia basé sur le Bigster ou le petit Renault Bridger pour l’Inde.
Ce plan doit prendre le relais de « Renaulution », le plan de l’ex-directeur général Luca De Meo. À la mi-février, François Provost avait déjà donné quelques indications préliminaires. Il s’était ainsi engagé sur une forte diminution des coûts en 2026, « de 400 euros par an et par véhicule », après les avoir déjà diminués d’autant en 2025. Le directeur général visait également une « baisse de 40% des investissements nécessaires pour les nouveaux produits ». C’est-à-dire du ticket d’entrée pour tout nouveau modèle.
« Renaulution » n’a pas tenu ses engagements
François Provost s’était aussi engagé sur « la réduction du délai de développement des nouveaux véhicules à deux ans », comme cela a été réalisé sur la prochaine Twingo électrique, dont le développement fut confié l’antenne d’ingénierie ACDC (Advanced China Development Center) de Renault à… Shanghai. Le but : « arriver à développer en Europe et produire des véhicules aux niveaux de compétitivité des Chinois ». Le groupe compte aussi réduire la diversité technologique. « Nous comptons être meilleurs que la concurrence en matière d’efficacité des investissements », espérait François Provost.
Le plan Renaulution n’a pas tenu, loin de là, ses objectifs. Il prévoyait ainsi 8% de marge en 2025, et plus de 10% en 2030. Certes, les résultats se sont montrés honorables (6,3%) l’an dernier, mais en retrait du plan. La marge des seules activités auto atteignait 4,2% ! De même, les dernières prévisions du groupe font état d’une marge entre 5 et 7% (5,5% seulement envisagé cette année)... En outre, la filiale électrique Ampere n’a pu être mise en Bouse faute de valorisation suffisante. Et la filiale Mobilize Beyond Automotive (MBA) spécialisée dans la mobilité et les services financiers, a fait pschitt.
R5, Symbioz, Bigster, succès à confirmer
En revanche, Luca De Meo a à son actif la création de Horse, une co-entreprise avec le Chinois Geely dans laquelle la firme française et le groupe du milliardaire Li Shufu ont mis toutes leurs activités mécaniques thermiques et hybrides. Les effets d’échelle sont évidents, permettant en outre à la frime tricolore de puiser dans l’arsenal technologique de Geely et Volvo, au risque toutefois de rendre Renault dépendant d’un partenaire beaucoup plus riche et puissant que lui… Li Shufu est propriétaire de Volvo Cars, mais aussi actionnaire de référence de Mercedes et des activités camions et matériel de BTP de Volvo !
Luca De Meo a également confirmé ses talents en matière de vente et de marketing en lançant la R5 électrique rétro - et prochainement la Twingo – mais aussi le SUV compact Renault Symbioz – un Captur rallongé qui remplace de fait l’ancien Scénic des familles - ou le Dacia Bigster. Des modèles au succès avéré. En revanche, le Scénic électrique, la R4 ou le trio des SUV Renault Austral-Espace-Rafale marquent le pas !
François Provost devra dans son plan gérer la très délicate problématique de la transition vers l’électrique, du « made in Europe » suite à la timide proposition de Bruxelles le 4 mars dernier, mais aussi de l’intercontinentalisation d’un groupe qui a toujours échoué sur le long terme à sortir vraiment de l’Europe. Le tout sous la pression d’une nouvelle concurrence chinoise. Vaste programme !
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