**Réponse :**
À mon avis, **Atos peut potentiellement devenir une sorte de « Palantir européen »**, mais je dirais plutôt qu’il pourrait devenir un mélange entre **Palantir + Capgemini + cloud souverain européen**.
Et surtout, avec les dernières évolutions de 2026, cette thèse me paraît aujourd’hui beaucoup plus crédible qu’il y a six mois.
### Pourquoi comparer Atos à Palantir ?
Le point commun entre les deux n’est pas simplement qu’ils font de l’IA.
Le vrai point commun, c’est qu’ils cherchent tous les deux à devenir une brique stratégique pour :
- les gouvernements ;
- la défense ;
- les infrastructures critiques ;
- les grandes entreprises.
Palantir, en gros, connecte les données, l’IA et les processus opérationnels pour permettre aux entreprises et aux États de prendre des décisions et d’automatiser certaines opérations.
Atos est en train de construire quelque chose d’un peu différent, mais qui peut jouer un rôle comparable en Europe :
**infrastructure → cloud → données → cybersécurité → IA → applications métiers.**
Avec **MogwAI**, Atos veut justement proposer une plateforme couvrant toute cette chaîne, de l’infrastructure jusqu’aux applications IA, à la gouvernance des données et aux agents IA.
Et avec son **Sovereign Cloud**, Atos cible directement les secteurs très sensibles : administrations, défense, santé, infrastructures critiques, etc.
L’idée derrière tout ça est assez simple :
> **construire une infrastructure IA souveraine européenne.**
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### Et là, la notion de souveraineté européenne devient vraiment intéressante.
Palantir parle lui-même de plus en plus de **« AI sovereignty »** et de **« digital sovereignty »**.
Et l’Europe a une problématique particulière.
Elle ne veut pas forcément dépendre totalement des États-Unis pour :
- ses données gouvernementales ;
- ses infrastructures numériques ;
- sa défense ;
- ses infrastructures critiques ;
- son cloud ;
- son IA.
Entre le RGPD, l’AI Act, SecNumCloud et les enjeux de défense, la question de la souveraineté numérique va probablement devenir de plus en plus importante.
On pourrait donc avoir quelque chose comme :
**modèles IA américains ou européens
+ infrastructures européennes souveraines
+ gouvernance européenne des données
+ cybersécurité européenne.**
Et Atos se trouve justement à l’intersection de tous ces sujets.
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### L’un des gros avantages d’Atos : il est déjà dans le système.
Et ça, c’est peut-être plus important qu’on ne le pense.
Atos/Eviden travaille depuis longtemps avec :
- les administrations ;
- la défense ;
- les grandes entreprises ;
- les infrastructures critiques ;
- la cybersécurité ;
- le HPC ;
- le cloud.
Autrement dit, Atos n’est pas une startup IA qui doit partir de zéro pour entrer chez les grands clients publics.
**Il a déjà les portes d’entrée.**
Palantir arrive avec le logiciel et l’IA.
Atos peut faire quelque chose de différent :
**infrastructure → cloud → cybersécurité → données → IA → agents IA.**
Si Atos arrive réellement à contrôler cette chaîne, cela peut devenir une vraie barrière à l’entrée.
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### Mais attention : Atos n’est pas encore Palantir.
C’est probablement le point le plus important pour un investisseur.
Palantir a déjà démontré son modèle :
**IA/software → forte croissance → marges élevées → cash-flow important → valorisation très élevée.**
Atos, aujourd’hui, est encore dans une autre phase :
**restructuration → désendettement → amélioration des marges → retour à la croissance → transformation vers l’IA.**
Les résultats commencent à montrer une amélioration des marges, mais le chiffre d’affaires doit encore retrouver une vraie dynamique de croissance.
Donc, pour moi, le sujet n’est pas :
> « Est-ce qu’Atos raconte une belle histoire autour de l’IA ? »
Le vrai sujet est :
> **Est-ce que le cloud souverain + l’IA + la cybersécurité vont réellement permettre à Atos de retrouver de la croissance et d’améliorer durablement ses marges ?**
C’est ça qu’il faut surveiller.
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### Ce qui est intéressant avec Atos, c’est surtout la valeur d’option.
Si on regarde Atos comme une simple SSII/ESN traditionnelle, franchement, il n’y a pas de quoi être extrêmement enthousiaste.
Mais si on le regarde comme :
> **une plateforme européenne de cloud souverain + cybersécurité + infrastructure IA + agents IA**
alors l’histoire devient complètement différente.
On peut imaginer une chaîne :
**Atos traditionnel**
↓
**Eviden / cybersécurité**
↓
**Cloud souverain**
↓
**HPC / infrastructure IA**
↓
**MogwAI**
↓
**Agents IA**
↓
**Administrations / défense / infrastructures critiques**
Et si tout cela fonctionne ensemble, Atos pourrait progressivement devenir quelque chose qui ressemble à :
> **un système d’exploitation numérique pour une partie de l’Europe.**
Dans ce cas, le marché ne pourrait plus forcément valoriser Atos comme une simple société de services informatiques traditionnelle.
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### Donc ma lecture de l’investissement serait légèrement différente aujourd’hui.
Au départ, la thèse Atos pouvait être :
**infrastructure IA européenne + cloud souverain + cybersécurité + soutien stratégique de la France et de l’Europe.**
Aujourd’hui, je rajouterais une deuxième couche :
**Atos essaie potentiellement de construire une plateforme européenne de souveraineté numérique et d’IA.**
Et là, le potentiel de revalorisation devient beaucoup plus intéressant.
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### Mais il y a un gros risque : l’exécution.
Le principal problème d’Atos n’est probablement pas la technologie.
C’est **l’exécution**.
Palantir a un avantage énorme : son modèle est extrêmement orienté software, avec des marges très élevées et une croissance rapide.
Atos, lui, reste une grosse machine avec beaucoup de personnel, beaucoup d’activités historiques et une activité de services IT beaucoup moins rentable.
Donc je ne dirais certainement pas :
> **Atos = le Palantir européen.**
Je dirais plutôt :
> **Atos essaie de prendre une position qui pourrait en faire le « Palantir européen », mais il n’a pas encore démontré qu’il pouvait avoir le même modèle économique que Palantir.**
Et c’est une différence énorme.
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### Si je devais mettre des probabilités aujourd’hui :
**30 %** — Atos reste principalement une ESN/SSII traditionnelle.
**45 %** — Atos devient un acteur européen important du cloud souverain et de la cybersécurité.
**20 %** — Atos réussit sa transformation et devient une véritable plateforme européenne d’IA souveraine, avec une certaine proximité stratégique avec Palantir.
**5 %** — Atos atteint réellement un niveau comparable à Palantir en termes de modèle logiciel, croissance et valorisation.
Évidemment, ce ne sont pas des probabilités scientifiques, mais plutôt une façon de pondérer les scénarios.
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### Pour moi, les quatre indicateurs vraiment importants à surveiller sont donc :
**1.** À quel moment le chiffre d’affaires recommence à croître.
**2.** Est-ce que la marge opérationnelle peut continuer à monter vers 7 %, puis éventuellement 10 %.
**3.** Est-ce que le Cloud souverain et MogwAI commencent à générer de gros contrats publics et stratégiques.
**4.** Est-ce que la part du chiffre d’affaires liée à l’IA, au cloud souverain et à la cybersécurité augmente réellement.
Si ces quatre éléments commencent à se confirmer en même temps, alors là, **la thèse d’investissement change complètement.**
Le marché pourrait progressivement passer de :
**« Atos, ancienne ESN française en restructuration »**
à :
**« Atos, acteur stratégique européen de l’IA et de la souveraineté numérique ».**
Et c’est précisément là que pourrait se trouver le gros potentiel de revalorisation.
**À mon sens, c’est ça qu’il faut regarder aujourd’hui, beaucoup plus que le cours de l’action au jour le jour.**