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Zone euro : la conjoncture économique est-elle en train de se dégrader ? (Aurel BGC)

Boursorama05/02/2016 à 14:05

Certains indicateurs économiques se sont dégradés en Europe en janvier, mais leur signification ne doit pas être surinterprétée, explique Aurel BGC.

Depuis environ un an, les perspectives économiques de la zone euro restent plutôt bonnes, alors que les pays émergents (notamment la Chine) et l’industrie américaine (notamment pétrolière) donnent des signes de faiblesses. La résistance de la zone euro commencerait-elle néanmoins à pâtir de ce contexte difficile ? Réponse toute en nuances d’Aurel BGC.

En zone euro, « Les résultats des enquêtes de conjoncture se sont dégradés en janvier. La confiance des agents économiques a diminué plus qu’attendu (…), illustrant les craintes que la poursuite de la dégradation de l’environnement international finissent par contrarier l’amélioration progressive de la conjoncture en zone euro », observe Aurel BGC.

Cette dégradation d’indicateurs est une nouveauté alors que « la BCE n’a pas modifié en décembre sa prévision d’une croissance de 1,7% du PIB de la zone euro cette année » et que le consensus des analystes sur la question reste également stable.

Dégradations sans conséquences majeures

Poursuivant sa description de l’environnement économique européen, Aurel BGC ajoute que « Les PMI manufacturier et des services de la zone euro se sont à nouveau repliés au mois de janvier. La croissance de l’activité dans les services serait ainsi la plus faible depuis un an ».

Le courtier relativise immédiatement : « Les analystes de Markit se veulent toutefois rassurants : les indicateurs d’activité restent au-dessus du seuil de 50 », qui symbolise le niveau au-delà duquel l’activité reste bien orientée. « Le recul des PMI ne serait ainsi pas une source d’inquiétude ».

« Le recul de l’indice global de confiance calculé par les services de la Commission Européenne est, au moins potentiellement, plus inquiétant » poursuit Aurel BGC. « Certes, il ne s’agit pour l’instant que d’un mois de baisse et l’indicateur reste significativement au-dessus de sa moyenne de long terme. Mais ce recul a dépassé en janvier les craintes des économistes et il a été suffisamment marqué pour ramener brutalement l’indice au plus bas depuis août 2015 ».

Allant dans le détail des enquêtes de conjoncture de la Commission Européenne, le courtier remarque que la baisse tendancielle de la demande privée s’est traduite par une augmentation involontaire des stocks aussi bien dans l’industrie que dans le commerce de détail. Mais Aurel BGC relativise de nouveau les conséquences de ce phénomène, alors que selon la même enquête, les chefs d’entreprise n’affichent pas leur souhait de réduire les commandes à leurs fournisseurs. L’augmentation des stocks ne serait donc « pas d’un véritable frein à l’activité ».

La fragile flamme de la croissance vacille mais résiste

La dégradation des indicateurs économiques ne doit donc pas être surinterprétée. La maison de courtage souligne que « le recul des indicateurs de confiance reste limité, notamment parce que les conditions d’une croissance tirée par la demande domestique restent réunies ». De même, « les entreprises de services continuent à augmenter leurs effectifs et envisagent d’accélérer encore un peu leurs embauches ».

Enfin, rappelle le courtier, « La profitabilité des entreprises, qui ne s’est que modérément améliorée jusqu’alors, devrait continuer à se redresser. Certes, les effets changes positifs devraient progressivement devenir moins puissants, mais la baisse des coûts de production se poursuit avec le recul persistant des cours des matières industrielles et, surtout, énergétiques ».

En somme, le maintien de bons indicateurs semble compenser la récente dégradation des autres. Les perspectives économiques européennes restent donc plutôt bien orientées à l’heure actuelle.

Il est néanmoins utile de garder en tête que les indicateurs économiques sont devenus plus mitigés en janvier qu’ils ne l’étaient en décembre. Les éléments positifs que soulève Aurel BGC (pétrole faible, euro faible, consommation des ménages) ne sont plus vraiment des nouveautés, contrairement à la légère dégradation des autres indicateurs conjoncturels. Les prochaines données seront donc scrutées avec grande attention pour y déceler une éventuelle confirmation ou infirmation des quelques doutes apparus en janvier.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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