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Wall Street vue en nette baisse, l'Europe progresse en attendant la BCE
information fournie par Reuters 29/10/2026 à 14:13

par Diana Mandia

Wall Street est attendue en nette baisse, plombée par Alphabet, tandis que les Bourses européennes progressent mercredi à mi-séance grâce à une ‌série de résultats financiers et dans l'attente de la décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), cette dernière ayant par ailleurs annonce le départ anticipé de sa présidente, Christine Lagarde.

Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse de 0,33% pour le Dow ​Jones, de 0,46% pour le Standard & Poor's-500 et de 1,27% pour le Nasdaq. À Paris, le CAC 40 gagne 0,85% à 7.954,24 points vers 12h11 GMT. À Francfort, le Dax avance de 0,83% et à Londres, le FTSE 100 prend 0,45%.

L'indice EuroStoxx 50 affiche un gain de 0,16%, le FTSEurofirst 300 de 0,52% et le Stoxx 600 de 0,53%.

La séance est dominée par une avalanche de résultats d'entreprises, particulièrement révélateurs en ce qui concerne le secteur pétrolier, qui continue de bénéficier de la hausse vertigineuse des prix du brut depuis le début de la guerre au ​Moyen-Orient.

TotalEnergies a publié un bénéfice net à 9,1 milliards de dollars (8,15 milliards d'euros) pour la période juillet-septembre, soit un bond de 127% par rapport à la même période de l'année dernière, ce qui par ailleurs dépasse les attentes du marché, tandis que son rival britannique Shell a fait état de son bénéfice trimestriel le plus élevé depuis 2022.

Ces chiffres impressionnants soutiennent le secteur ​de l'énergie du Stoxx 600 (+2,03%), l'un des plus performants de la séance.

Au-delà des résultats, les investisseurs ont beaucoup à analyser en ce qui ⁠concerne l'actualité des banques centrales, et pas seulement la pause prévisible que la Banque centrale européenne (BCE) devrait annoncer plus tard dans la journée dans son cycle de relèvement des taux face à l'inflation attisée par la guerre.

L'institut basé à Francfort a annoncé ‌jeudi que sa présidente Christine Lagarde quitterait ses fonctions le 7 février prochain, confirmant ainsi les rumeurs concernant un départ anticipé qui circulaient depuis des mois.

Un source proche du dossier a dit à Reuters que l'ancienne ministre française de l'Économie ne pouvait plus rester neutre face à la situation politique de son pays et souhaitait disposer d'une plus grande liberté pour exprimer ses opinions. Mi-octobre, quatre sources avaient dit à Reuters que Christine Lagarde ​pourrait être nommée à la tête du Forum économique mondial (WEF).

Les questions concernant ses projets et son analyse des ‌turbulences autour de la dette souveraine française ne manqueront pas d'être abordées jeudi lors de la conférence de presse qui suivra la décision de politique monétaire, sans oublier la campagne qui dévra ⁠désormais être lancée pour la remplacer.

Les anciens gouverneurs des banques centrales espagnole et néerlandaise, Pablo Hernández de Cos et Klaas Knot sont considérés comme les favoris pour le poste.

"Knot, partisan d'une politique monétaire restrictive, devrait renforcer les anticipations d'un nouveau resserrement monétaire, ce qui pourrait être favorable à l'euro. Hernández de Cos, le plus accommodant des deux, mettrait probablement davantage l'accent sur la croissance et la stabilité du marché obligataire, ce qui revêt plus d'importance que jamais compte tenu des tensions pesant sur la dette française", écrit Matthew Ryan, responsable de la stratégie de marché ⁠au sein de la société de solutions financières Ebury.

Après deux ‌relèvements des taux d'intérêt cette année, la BCE devrait opter pour une pause cette fois-ci, alors qu'elle est confrontée à une forte remontée des rendements obligataires, et que plusieurs responsables, dont Christine Lagarde elle-même, ont affirmé ne ⁠pas observer, pour l'instant, les effets de second tour tant redoutés.

La Réserve fédérale (Fed) a pour sa part laissé mercredi l'objectif de taux des "fed funds" à son niveau actuel, disant souhaiter disposer de plus d'informations, tout en reconnaissant que l'inflation restait élevée.

La publication, jeudi avant l'ouverture de la Bourse ‌de New York, des chiffres de l'inflation PCE pour septembre et de la première estimation de la croissance au troisième trimestre pourrait servir de point de départ et aider les investisseurs à y voir un peu plus clair dans les déclarations, ⁠toujours peu explicites, du président de la banque centrale américaine, Kevin Warsh.

LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

Alphabet, la maison mère de Google, a publié mercredi un chiffre d'affaires inférieur ⁠aux attentes de Wall Street, tandis que ses lourds investissements dans l'intelligence ‌artificielle (IA) ont accéléré sa consommation de trésorerie, faisant chuter son titre d'environ 10% dans les échanges en avant-Bourse.

VALEURS EN EUROPE

Renault, qui a fait état jeudi d'un chiffre d'affaires supérieur aux attentes au troisième trimestre, grimpe de 6,45%, en tête du CAC 40.

TotalEnergies a fait état jeudi d'un ​résultat net en forte hausse pour le troisième trimestre dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, prend 2,1%.

Société Générale avance de 1,14%, après un bénéfice ‌net trimestriel supérieur aux attentes, le dynamisme des métiers actions ayant compensé la faiblesse persistante dans la négociation sur les titres à revenu fixe.

Egalement à Paris, Pluxee plonge en revanche de plus de 17% après avoir annoncé ses objectifs pour 2027 et "un scénario de réajustement plus étendu au Brésil".

Ailleurs en Europe, Shell, qui ​a enregistré au troisième trimestre son meilleur bénéfice net ajusté depuis 2022, s'octroie 3,4%.

Le fabricant allemand de vêtements de sport Adidas progresse de 3,6% après avoir confirmé ses résultats préliminaires ainsi que ses prévisions.

Outre-Pyrénées, la banque espagnole BBVA abandonne 4,2% après ses résultats au troisième trimestre.

TAUX Les rendements obligataires de la zone euro évoluent sur de faibles variations dans l'attente de la BCE.

Le rendement du Bund allemand à dix ans est stable à 3,3823%, tandis que celui du titre à deux ans perd 1,5 points de base à 3,0902%.

En France, le rendement de l'OAT à dix ⁠ans, très surveillé, affiche en revanche un gain de 1,7 point de base pour s'établir à 4,9320%.

Aux Etats-Unis, les rendements reculent après la pause de la Fed, même si les opérateurs continuent de tabler, à plus de 80%, sur un relèvement des taux en décembre : celui des Treasuries à dix ans perd 2,3 points de base à 5,0218%, et celui de l'obligation à deux ans cède 3,3 points de base à 4,7016%.

CHANGES Le dollar grappille 0,05% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro cède 0,13% à 1,1137 dollar.

PÉTROLE

Les cours du pétrole reculent légèrement jeudi, même si des inquiétudes persistent concernant l'approvisionnement en provenance du Moyen-Orient.

Le Brent perd 0,78% à 114,42 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 0,8% à 101,96 dollars.

Le vice-président américain JD Vance a cherché à relancer les négociations de paix en adressant une lettre au chef du Conseil de sécurité iranien, Mohsen Rezaei, a rapporté mercredi le Wall Street Journal, citant des responsables américains et des sources proches du dossier.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 29 OCTOBRE :

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

USA 12h30 Inflation PCE septembre

- sur un mois 0,5% 0,3%

- sur un an 3,6% 3,4%

USA 12h30 PIB (1ère estimation) T3 3,2% 2,2%

USA 12h30 Inscriptions au chômage semaine au 199.000 194.000

24 ​oct.

(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)

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