Un panneau indiquant « Wall Street » est visible devant la Bourse de New York (NYSE), à New York.
par Coralie Lamarque
Wall Street est attendue en baisse et les Bourses européennes évoluent en ordre dispersé à mi-séance, face à la hausse du pétrole sur fond de reprise des hostilités entre l'Iran et les États-Unis, tout en assimilant encore les déclarations du président de la Fed à Jackson Hole.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse de 0,15% pour le Dow Jones, de 0,21% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,15% pour le Nasdaq. À Paris, le CAC 40 gagne 0,11% à 8.410,40 points vers 11h41 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,71%, tandis qu'à Londres, le FTSE 100 prend 0,29%.
L'indice EuroStoxx 50 recule de 0,22%, le FTSEurofirst 300 de 0,15% et le Stoxx 600 de 0,10%.
La semaine s'amorce sur une note pessimiste pour les marchés, sur fond de reprise des tirs entre l'Iran et les États-Unis au Moyen-Orient, pour la première fois depuis juillet, entraînant une hausse des cours pétroliers.
Le président américain Donald Trump a par ailleurs déclaré dimanche soir que l'île de Kharg, carrefour énergétique de l'Iran, avait été "réduite en miettes", publiant une courte vidéo générée par intelligence artificielle montrant l'explosion d'un navire et d'infrastructures énergétiques.
Téhéran a qualifié cette vidéo de "risible", tandis que rien n'indiquait plusieurs heures après sa publication que l'île ait effectivement été attaquée.
En parallèle du Moyen-Orient, les investisseurs prennent également en compte le discours du président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Kevin Warsh, prononcé vendredi à l'occasion du symposium de Jackson Hole, dans le Wyoming, afin d'ajuster leurs perspectives.
Le président de la Fed a déclaré que la banque centrale avait "du pain sur la planche" pour maîtriser l'inflation, suggérant plus que jamais que l'institution pourrait procéder à un resserrement monétaire pour contenir la pression sur les prix.
Ces commentaires, conjugués aux derniers développements géopolitiques appellent d'autant plus les marchés à la vigilance, les marchés portant à 57% la probabilité d’une hausse des taux de la Fed en septembre.
"Nous ne sommes pas convaincus que (Kevin) Warsh annonce avec certitude une prochaine hausse de taux. D’abord, parce qu’il souhaite mettre fin à la pratique des préannonces : annoncer une décision dès maintenant nuirait alors à sa crédibilité. Ensuite, parce qu’il cite régulièrement (l'ancien président de la Fed Alan) Greenspan comme modèle d’une communication volontairement ambigüe", a déclaré Christophe Morel, chef économiste de Groupama AM, dans une note.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
VALEURS EN EUROPE
À Paris, Soitec gagne 5,8%, le spécialiste français des semi-conducteurs imposant des dépôts et des prix fixes sur les contrats d'approvisionnement, a déclaré son directeur général à Reuters.
Le compartiment énergétique européen gagne 0,7% dans le sillage de la reprise des hostilités au Moyen-Orient, TotalEnergies avançant de 1,6%, Maurel & Prom prenant 2% et Viridien bondissant de 4,6%.
TAUX
Les rendements des obligations d'État allemandes et françaises à long terme ont atteint lundi leur plus haut niveau depuis plus de 15 ans, dans un contexte de hausse des cours du pétrole, tout en évaluant les commentaires du président de la Fed laissant entendre que des hausses des taux d'intérêt pourraient s'avérer nécessaires si l'inflation restait supérieure à l'objectif fixé.
En France, le rendement de l'OAT à dix ans progresse de 3,7 points de base à 4,1539%. Le deux ans s'octroie 1,9 point de base à 3,1058%.
En Allemagne, le rendement du Bund à dix ans avance de 3,5 points de base à 3,3081%. Le deux ans prend 1,3 point de base à 2,9049%.
Aux États-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans reste stable à 4,7220%. Le deux ans recule quant à lui de 2,5 points de base à 4,3250%.
CHANGES
Le billet vert recule, tout en restant proche de son plus haut niveau depuis près de deux semaines, les marchés renforçant leurs paris sur une hausse des taux à la suite des déclarations bellicistes du président de la Fed et de la recrudescence des tensions dans le Golfe.
"Le discours préparé par Kevin Warsh semblait destiné à renforcer les anticipations de hausse des taux, à faire pencher la balance du débat sur septembre en faveur des faucons et à rétablir sa crédibilité en matière de lutte contre l’inflation", a déclaré Elwin de Groot, responsable de la stratégie macroéconomique chez Rabobank.
Le dollar perd 0,17% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro gagne 0,12% à 1,1598 dollar.
PÉTROLE
Alors que les principaux contrats avaient clos la semaine dernière sur une baisse hebdomadaire d'environ 5%, les cours pétroliers repartent à la hausse, sur fond de reprise des hostilités au Moyen-Orient tandis que le conflit dure depuis désormais plus de six mois.
Le Brent bondit de 3,25% à 90,96 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) grimpe de 3,44% à 86,27 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 31 AOÛT :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
DE 12h00 Inflation IPCH (préliminaire) août
- sur un mois +0,25% +0,90%
- sur un an +3,05% +2,80%
LA SITUATION SUR LES MARCHÉS
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)

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