Wall Street tente un come-back, l'Europe marque une pause après ses records
information fournie par Zonebourse 19/02/2026 à 08:35
Portés par les mesures de relance budgétaire en Allemagne et le regain d'intérêt qui entoure la thématique de l'autonomie stratégique vis-à-vis des Etats-Unis, qui créent des opportunités d'investissement, les marchés d'actions européens n'ont cessé de surperformer les indices d'outre-Atlantique depuis le début de l'année.
Depuis le 1er janvier, l'indice Europe STOXX 600 a gagné 6,2%, à comparer avec une progression de seulement 0,5% pour le S&P 500.
Les investisseurs restent cependant prudents, en dépit des signes encourageants qui portent actuellement la zone euro, que ce soit au niveau de la consommation, de l'inflation sans oublier la vigueur confirmée de l'euro.
"Attention de ne pas tomber dans un scénario trop rose pour les valeurs européennes", prévient Alexandre Baradez, le responsable de l'analyse marché chez IG France.
"La croissance des bénéfices est inférieure à celle observée aux Etats-Unis et dans les épisodes historiques de forte volatilité sur les marchés américains, les marchés européens ont très souvent corrigé également", rappelle le stratège.
La vague d'achat des dernières semaines n'a toutefois pas concerné l'ensemble des titres européens, les investisseurs ayant surtout privilégié des secteurs sûrs comme la défense ou des compartiments cycliques comme les matières premières ou l'industrie.
Il n'en demeure pas moins que le ratio cours sur bénéfices (PER) s'établit à un niveau modéré de l'ordre de 18x pour l'Europe STOXX 600, tandis qu'avec un multiple supérieur à 28x, les Etats-Unis apparaissent encore comme un marché très cher.
Mais la surperformance des actions européennes tient peut-être davantage au récent repli du secteur américain de la "tech", qui pèse environ un tiers du poids du S&P, et qui accuse un recul de près de 5% cette année en raison des craintes d'une cannibalisation entre l'IA et les services technologiques.
La période de turbulences qui secouait Wall Street depuis quelques semaines, marquée les fortes secousses ayant ébranlé les éditeurs de logiciels, semble cependant avoir pris fin.
Les indices américains ont clôturé en nette hausse mercredi, soutenus par un rebond des grandes capitalisations technologiques, dont Nvidia et Amazon, qui montre que les intervenants restent à l'affût de tout mouvement de consolidation afin de réaliser de bonnes affaires.
Dans ce contexte, le Dow Jones a progressé de 0,3%, le S&P 500 a repris 0,6% tandis que le Nasdaq 100 rebondissait de 0,8%.
En dépit des inquiétudes qui ont récemment secoué les éditeurs de logiciels avec les progrès de l'IA, les analystes assurent que les fondations mêmes du secteur restent solides.
"Ont sait bien que le traitement des montagnes de données, des process, la sécurité, l'organisation et l'architecture informatique se trouvent désormais au coeur du fonctionnement des entreprises modernes", souligne Dan Ives, le spécialiste des valeurs technologiques chez Wedbush Securities.
"Et les logiciels, la cybersécurité comme les infrastructures IT vont être les piliers incontournables de la révolution liée à l'IA", assure-t-il.
Wall Street n'a en revanche pas beaucoup réagi à la publication des "minutes" de la dernière réunion de la Fed des 27 et 28 janvier, qui montrent que les responsables de la politique monétaire américaine restent presque unanimement favorables au maintien des taux d'intérêt.
"Il y a peut-être plus de chances que les poules aient des dents que la prochaine décision de la Réserve fédérale se révèle être une hausse des taux sachant que l'inflation ralentit et que le marché du travail apparaît encore assez fragile au-delà de son apparente résistante", tempère toutefois Michael Brown, stratégiste chez Pepperstone.
Selon l'outil FedWatch du CME, les marchés intègrent désormais le scénario d'un "statu quo" sur les taux jusqu'en juin, date à laquelle Jerome Powell aura cédé son fauteuil de président de la Fed à Kevin Warsh.
Le prochain grand rendez-vous pour les marchés interviendra demain, avec la publication des chiffres de la croissance américaine au quatrième trimestre et de l'inflation PCE de décembre, qui permettront d'affiner la lecture macroéconomique et de mieux mesurer les marges de manoeuvre dont disposera la Fed pour abaisser ses taux dans les mois qui viennent.
En attendant, les résultats d'entreprises s'annoncent nombreux aujourd'hui en Europe comme aux Etats-Unis. Ce matin, plusieurs ténors de la cote dont Airbus, Nestlé, Pernod Ricard ou Renault ont publié leurs comptes avant ceux de Walmart, le géant américain de la distribution, qui seront scrutés de près à l'heure du déjeuner.
Sur le segment obligataire, le retour sur les actifs risqués fait souffrir les obligations d'Etat, dont les rendements poursuivent leur remontée, un mouvement amplifié par les statistiques meilleures que prévu publiées dans la journée d'hier aux Etats-Unis.
Sur le marché américain, le taux du 10 ans se tend à près de 4,08%. Celui du Bund allemand reste inchangé (2,74%) tandis que le rendement des OAT françaises recule d'à peine 0,4 point de base sous 3,32%.
Le retour de l'appétit pour le risque pénalise les devises refuges comme le yen, qui perd du terrain face au dollar. Le billet vert cède toutefois un peu de terrain face à l'euro, qui se traite juste au-dessus du seuil de 1,18.
Le marché pétrolier se stabilise après la forte hausse enregistrée la veille en réaction aux signes de durcissement des tensions géopolitiques, alors que les négociations de Genève ne semblent pas avancer comme le souhaite Washington , qui exige une dénucléarisation de l'Iran, une option considérée comme "inconcevable" coté perse.
"D'après Axios, les Etats-Unis auraient exercé un degré de pression en envoyant un deuxième groupe aéronaval et plus de 50 chasseurs ultramodernes dans la région", explique Samer Hasn, analyste chez XS.com.
"L'arrivée de F-35 et F-22 constitue un message clair: Washington est prêt à passer de la diplomatie aux frappes militaires très vite si les prochaines propositions ne devaient pas coller aux exigences de Donald Trump", poursuit le professionnel.
Le cours du baril de Brent prend actuellement 0,2% à 70,5 dollars tandis que celui du brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne près de 0,4% à 65,4 dollars.
Avec le regain de tensions géopolitiques, la tendance redevient haussière pour les métaux précieux avec une once d'or qui progresse de 0,6% à 5 038,2 dollars. L'argent n'est pas en reste avec un gain de 1,7% à près de 79 dollars.
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