Des opérateurs à la Bourse de New York, le 4 novembre 2026 ( AFP / TIMOTHY A. CLARY )
La Bourse de New York a dévissé jeudi, plombée par la déroute des valeurs liées à l'IA, avec le pire recul du Nasdaq en 18 mois.
Les investisseurs redoutent un ralentissement du déploiement des centres de données après la victoire écrasante des démocrates aux élections législatives américaines.
L'indice Nasdaq - qui regroupe de nombreuses valeurs technologiques - a plongé de 5,52 %, accusant sa plus forte chute depuis avril 2025. Le Nasdaq est entré en phase dite de correction, ce qui signifie qu'il a perdu plus de 10 % par rapport à son sommet début octobre.
Effaçant également l'intégralité de leurs gains enregistrés la veille, l'indice élargi S&P 500 a glissé de 4,35 % et le Dow Jones a perdu 3,44 %.
"Bain de sang"
"Nous pensions être tirés d'affaire après le rebond du marché au lendemain des élections de mi-mandat, mais soudain, c'est un véritable bain de sang à Wall Street", commente Jose Torres, analyste d'Interactive Brokers.
Le marché analyse finalement les résultats des "midterms" comme un frein au développement de l'IA, alors que plusieurs nouveaux élus démocrates ont fait campagne pour ralentir la construction de centres de données dans leurs circonscriptions.
Et les habitants de dizaines de villes américaines ont adopté mardi des restrictions ou des interdictions aux data-center, dont la multiplication implique des besoins massifs en puces.
Les géants du secteur des semi-conducteurs, déjà à la peine la veille, ont d'autant plus dégringolé jeudi, à l'image de Broadcom (-10,15 %), Micron (-17,77 %), AMD (-17,39 %) ou Intel (-10,39 %).
Le mastodonte Nvidia, deuxième capitalisation mondiale, a décroché de 8,91 %, soit une perte d'environ 400 milliards de dollars.
Les Sept Magnifiques - surnom donné aux poids lourds de la tech américaine (Nvidia, Meta, Alphabet, Microsoft, etc.) - ont lâché environ 800 milliards de dollars. C'est plus que le PIB de la Suède.
"Dès lors qu'un doute apparaît quant aux dépenses d'investissement dans les centres de données, le marché réagit de manière particulièrement violente", explique à l'AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.
Wall Street doit en effet sa fulgurante progression des dernières années à l'enthousiasme pour l'avènement de l'IA.
Mais quasiment aucun secteur n'a été épargné jeudi, les valeurs plus traditionnelles du Dow Jones s'affichant aussi en baisse.
"Le marché est très sensible à cette faiblesse des cours et attend que la volatilité retombe avant de revenir sur les valeurs pénalisées pour profiter du repli", estime Patrick O'Hare, de Briefing.com, interrogé par l'AFP.
Rebond du pétrole
La place américaine pâtit également d'un rebond des prix du pétrole au lendemain d'une forte chute, notent les analystes.
L'euphorie des élections passée, les opérateurs se montrent désormais plus prudents, faute d'avancée concrète vers un accord au Moyen-Orient.
L'heure étant à l'aversion au risque, le mouvement profite aux emprunts de l'Etat américain, les obligations étant considérées comme des valeurs refuges.
A dix ans, les taux obligataires - qui évolue en sens inverse de leur prix - se détendaient à 4,84 % vers 21H30 GMT, contre 4,89 % mercredi à la clôture.
Les déboires de l'IA pourraient bien éclipser le rapport officiel sur l'emploi pour le mois d'octobre, attendu vendredi.
"Si les chiffres confirment la solidité de l'activité économique, ils pourraient toutefois déclencher un beau mouvement de rebond sur les marchés", juge Patrick O'Hare.
Le taux de chômage, notamment, est attendu stable, à 4,2 %.
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