L'action Volkswagen VOWG.DE bondit vendredi après l'approbation la veille par le conseil de surveillance d'un plan de transformation qui pourrait entraîner la suppression d'environ 50.000 emplois, alors que le groupe automobile cherche à améliorer sa compétitivité.
Le projet approuvé jeudi constitue la restructuration la plus profonde de l'histoire du premier constructeur européen, fondé il y a 89 ans. Il porte le total des suppressions d'emplois prévues à 100.000 et met en question l'avenir de quatre usines allemandes.
Volkswagen, comme la plupart de ses concurrents européens, est aux prises avec la concurrence chinoise, le recul de ses bénéfices en Chine, le coût des droits de douane américains et fait face à une baisse de sa rentabilité et une surcapacité coûteuse en Europe.
Ces facteurs ont mis sous pression la marge opérationnelle du groupe, qui s'élève à 3,8% pour le premier semestre contre 7,9% en 2022, son plus haut niveau sur les dix dernières années.
Actionnaires et analystes ont salué le fait que, malgré sa masse salariale, sa structure complexe et ses groupes de pression influents, Volkswagen est encore capable de prendre des décisions profondes et difficiles en période de crise.
Berlin a également accueilli favorablement la décision du conseil de surveillance, un porte-parole du gouvernement estimant vendredi qu'il "montre que la coopération entre les partenaires sociaux – employeurs et salariés – porte ses fruits, et qu’ils ont réussi à trouver ce compromis".
A Francfort, vers 11h45 GMT, le titre prenait 7,2% à 82,70 euros, contre un gain de 0,37% pour le Dax .GDAXI et de 0,16% pour le Stoxx 600 .STOXX .
Ingo Speich, de l'actionnaire de Volkswagen Deka Investment, a qualifié l'accord de "percée". "Est-ce que ça veut dire que Volkswagen est tiré d'affaire ? Définitivement pas. Maintenant arrive la partie la plus difficile : passer à l'action."
"Cet accord (...) est un signe positif pour Volkswagen et le marché des capitaux - même s’il implique des réductions drastiques des effectifs et au sein du groupe", a déclaré Moritz Kronenberger, de l’actionnaire Union Investment.
"La balle est désormais entièrement dans le camp du directoire. Il n’y a plus d'excuses", a-t-il ajouté.
PRESSIONS EN BASSE-SAXE
La direction, en minorité face aux syndicats et à la Basse-Saxe au sein du conseil de surveillance, avait envisagé de convoquer une assemblée générale des actionnaires afin de faire adopter ses revendications, ce qui aurait constitué un conflit sans précédent entre les parties prenantes au sein du groupe.
"Nous sommes ravis que cet accord ait été conclu", ont déclaré les analystes de Citi dans une note. "Néanmoins, cet accord ne change pas automatiquement l'environnement concurrentiel de l'UE, les pertes continues de parts de marché en Chine et les pressions sur le coût des matières premières", ont-ils nuancé.
Olaf Lies, ministre-président de Basse-Saxe, qui détient 20% des droits de vote de Volkswagen, a déclaré que la fermeture des usines n'était pas encore décidée et que la direction avait été invitée à rechercher des solutions alternatives.
"Si nous devons réduire nos capacités de production, cela ne signifie pas automatiquement que nous devrons le faire en Allemagne", a-t-il déclaré aux journalistes, tout en reconnaissant que le secteur automobile européen subissait une pression énorme.
(Rédigé par Etienne Breban et Augustin Turpin, avec la contribution d'Amir Orusov, Ludwig Burger et Friederike Heine, édité par Benoit Van Overstraeten)

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