Les principales Bourses européennes sont attendues en légère hausse vendredi matin, à la faveur d'un timide reflux des cours du pétrole, même si le sentiment général de marché reste toujours fragile face aux niveaux élevés des rendements obligataires et aux risques associés à la persistance de l'inflation. D'après les contrats à terme, le CAC 40 parisien prendrait 0,7% en début de séance, le DAX de Francfort progresserait de 0,5% et l'Euro STOXX 50 s'adjugerait non loin de 0,6%.
Les marchés d'actions européens perdent néanmoins du terrain sur tous les fronts cette semaine. En cédant pour l'instant plus de 2,1% depuis lundi, le CAC vient maintenant d'entériner son passage en territoire de correction, qui se caractérise par un repli de plus de 10% par rapport à ses derniers sommets, atteints à la mi-août.
Moins affecté par la crise budgétaire qui secoue l'Hexagone, le DAX se dirige quant à lui vers un repli hebdomadaire de 1,7%, un mouvement de repli qui s'est néanmoins traduit par l'enfoncement du seuil psychologique des 25 000 points. Quant à l'Euro STOXX 50, ses pertes se montent également à environ 1,8% sur la semaine.
De quoi préfigurer un véritable mouvement de consolidation sur le Vieux Continent ?
A en croire les analystes, tant que les prix de l'énergie et les taux longs ne montreront pas de signes de détente, il apparaît fort probable que l'appétit des investisseurs pour les actions reste limité.
Bonne nouvelle sur ce premier point, les cours du pétrole ont légèrement fléchi dans la nuit, effaçant une partie de leurs gains des deux dernières séances, dus à la perspective d'un apaisement des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
L'annonce par le président américain Donald Trump de discussions productives avec Téhéran, excluant toute frappe contre l'Iran avant les élections de mi-mandat, a quelque peu tempéré les inquiétudes du marché, tout comme la perspective de la libération de millions de barils de réserves d'urgence par les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (IEA).
Toutefois, l'incertitude quant à la sécurité maritime dans le détroit de Hormuz maintient une prime de risque sur l'or noir, au même titre que la menace constituée par l'apparition de l'ouragan Isaias du côté du Golfe du Mexique.
Dans ce contexte, le baril de Brent (qui flirtait encore avec les 106 dollars hier) abandonne 1,4% à 102,8 dollars et le brut léger américain lâche 1,3% à 90,3 dollars. Ce dernier s'achemine vers une baisse de près de 1% sur l'ensemble de la semaine.
Des signes d'essoufflement avant la saison des résultats
Autre influence forte pour les marchés boursiers, les rendements des bons du Trésor refluent un peu après une adjudication de titres réussie de la veille. Celui des Treasuries à dix ans se tasse à 4,61%, mais reste proche de ses plus hauts de près de 24 ans atteints dans la semaine.
En Europe, le rendement du Bund allemand à dix ans se stabilise à 3,49%, au même titre que son équivalent français qui ressort à 4,89%, ce qui donne un spread de 140 points de base inférieur de 10 points au pic de 150 points inscrit il y a tout juste une semaine.
Parallèlement, l'euro se maintient (à 1,1230) au-dessus de la barre de 1,12 qu'il tente de défendre depuis le début de la semaine face au billet vert.
A Wall Street, les grands indices américains ont fini en ordre dispersé jeudi, pénalisés par un regain de défiance envers les valeurs liées à l'intelligence artificielle.
Le principal point de crispation est venu d'OpenAI, après que le Financial Times a rapporté que son rythme de revenus annualisés atteignait environ 50 milliards de dollars fin septembre, soit près de 20 milliards de moins que ce qui avait précédemment été évoqué auprès des investisseurs.
Au coup de cloche final, le Nasdaq 100 trébuchait de 1,4%, le S&P 500 abandonnait 0,5% mais le Dow Jones parvenait à grappiller autour de 0,1%.
Après sa progression en ligne droite des six derniers mois, les indices boursiers commencent à montrer quelques signes d'essoufflement, un répit que beaucoup d'investisseurs jugeraient sain.
Historiquement, le mois d'octobre est plutôt défavorable aux marchés d'actions new-yorkais, un constat qui semble d'autant plus vrai que se profilent cette année les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, un facteur susceptible de générer beaucoup de volatilité.
La qualité de la saison des résultats, qui débutera la semaine prochaine Outre-Atlantique avec les comptes des grandes banques du pays, n'en sera que plus décisive.
En attendant les premières publications, l'agenda économique du jour s'annonce pratiquement vide mais, même si les investisseurs prendront connaissance dans l'après-midi de la version préliminaire de l'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan.
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