Aller au contenu principal
Fermer

UniCredit veut rebattre les cartes à la tête de Commerzbank
information fournie par AOF 16/09/2026 à 18:12
Ajouter Boursorama à vos sources

(Zonebourse.com) - Deux têtes dans le viseur. Selon Reuters, Andrea Orcel souhaite le départ de la présidente du directoire, Bettina Orlopp, et du président du conseil de surveillance, Jens Weidmann. Avec près de la moitié des droits de vote, la banque italienne ne se contente plus d'un rôle d'actionnaire.

L'entente cordiale aura duré 24 heures. Lundi, le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, et le patron d'UniCredit, Andrea Orcel, qualifiaient de "constructive" leur première rencontre à Berlin. Mardi, trois sources citées par Reuters affirmaient que le banquier italien ne voulait pas voir Bettina Orlopp rester à la présidence du directoire de Commerzbank. Jens Weidmann, président du conseil de surveillance, serait également dans le collimateur. De plus, Orcel s'opposerait au maintien des deux représentants de l'Etat au conseil d'administration.

Commerzbank a écarté ce scénario dans l'immédiat. Selon un porte-parole, les contrats du directoire courent toujours, le conseil est élu par l'assemblée générale et l'alignement sur la stratégie est total. Reste que l'équation actionnariale a profondément changé.

Un rapport de force favorable à Milan

UniCredit s'est assuré l'accès à 49,65% des droits de vote de Commerzbank. L'Etat allemand n'en détient plus que 13,3%, un reliquat du sauvetage de 2009. Avec près d'une voix sur deux en assemblée, la banque italienne peut peser sur la composition du conseil de surveillance. Et en Allemagne, c'est ce conseil qui nomme et révoque le directoire.

Bettina Orlopp le sait. Début septembre, elle a lié la poursuite de son mandat, qui court jusqu'en 2029, à un accord avec le conseil sur la stratégie. "S'il devait y avoir des divergences à un moment donné, nous devrons tous agir en adultes et trouver une solution", avait-elle prévenu.

Berlin trace ses lignes rouges

Faute de pouvoir bloquer l'opération, le gouvernement allemand négocie. Il exige que Commerzbank reste cotée, garde son siège à Francfort et continue de financer le Mittelstand. Il refuse aussi les licenciements secs, alors qu'Andrea Orcel a évoqué jusqu'à 7 000 suppressions de postes. "Nous sommes représentés au conseil de surveillance de Commerzbank et nous continuerons de l'être", a martelé Lars Klingbeil. Selon Reuters, on voit d'ailleurs mal comment UniCredit pourrait l'en empêcher tant que l'Etat reste actionnaire.

Une piste de compromis est toutefois évoquée par BofA. La banque américaine évoque une fusion inversée, dans laquelle Commerzbank absorberait HypoVereinsbank, la filiale allemande d'UniCredit. La participation italienne grimperait vers 70% sans débourser 1 EUR, tandis que celle de l'Etat serait diluée autour de 8%, selon la presse italienne. Siège et cotation resteraient à Francfort. Bettina Orlopp a reconnu mardi qu'une telle "phase deux" ne fonctionnerait pas sans l'accord du deuxième actionnaire.

Le titre au plus haut depuis 2010

En Bourse, le feuilleton reste un carburant. Mercredi, l'action Commerzbank a gagné jusqu'à 2,1%, à 43,37 euros, à quelques centimes de son sommet d'août 2010 (43,45 EUR). Des prises de bénéfices l'ont ensuite fait basculer dans le rouge à l'approche de la décision de la Fed.

Il faut dire que la banque soigne ses actionnaires. Elle prévoit de leur reverser 100% de son bénéfice 2026, attendu à au moins 3,4 MdsEUR, et un rachat d'actions de 1,2 MdEUR est en cours. Les analystes restent partagés, avec des objectifs allant de 36,30 EUR chez AlphaValue et Baader, à 45 EUR chez Metzler et Oddo BHF. Le cours dépasse déjà deux de ces objectifs : le marché paie une prime spéculative.

La question n'est plus de savoir si UniCredit obtiendra près de la moitié des droits de vote sur Commerzbank. Elle est de savoir à quel prix, et avec qui aux commandes.

Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.

Valeurs associées

83,490 EUR MIL -0,27%

Cette analyse a été élaborée par AOF et diffusée par BOURSORAMA le 16/09/2026 à 18:12:00.

Agissant exclusivement en qualité de canal de diffusion, BOURSORAMA n'a participé en aucune manière à son élaboration ni exercé aucun pouvoir discrétionnaire quant à sa sélection. Les informations contenues dans cette analyse ont été retranscrites « en l'état », sans déclaration ni garantie d'aucune sorte. Les opinions ou estimations qui y sont exprimées sont celles de ses auteurs et ne sauraient refléter le point de vue de BOURSORAMA. Sous réserves des lois applicables, ni l'information contenue, ni les analyses qui y sont exprimées ne sauraient engager la responsabilité BOURSORAMA. Le contenu de l'analyse mis à disposition par BOURSORAMA est fourni uniquement à titre d'information et n'a pas de valeur contractuelle. Il constitue ainsi une simple aide à la décision dont l'utilisateur conserve l'absolue maîtrise.

BOURSORAMA est un établissement de crédit de droit français agréé par l'Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (« ACPR ») et par l'Autorité des Marchés Financiers (« AMF ») en qualité de Prestataire de services d'investissement et sous la surveillance prudentielle de la Banque Centrale Européenne (« BCE »).

Conformément à la réglementation en vigueur, BOURSORAMA établit et maintient opérationnelle une politique de gestion des conflits d'intérêts et met en place des mesures administratives et organisationnelles afin de prévenir, identifier et gérer les situations de conflits d'intérêts eu égard aux recommandations d'investissement diffusées. Ces règles contiennent notamment des dispositions relatives aux opérations financières personnelles afin de s'assurer que les collaborateurs de BOURSORAMA ne sont pas dans une situation de conflits d'intérêts lorsque Boursorama diffuse des recommandations d'investissement.

Le lecteur est informé que BOURSORAMA n'a aucun conflit d'intérêt pouvant affecter l'objectivité des analyses diffusées. A ce titre, le lecteur est informé qu'il n'existe pas de lien direct entre les analyses diffusées et les rémunérations variables des collaborateurs de BOURSORAMA. De même, il n'existe pas de liens financiers ou capitalistiques entre BOURSORAMA et les émetteurs concernés, en dehors des engagements contractuels pouvant régir la fourniture du service de diffusion.

Il est rappelé que les entités du groupe Société Générale, auquel appartient BOURSORAMA, peuvent procéder à des transactions sur les instruments financiers mentionnés dans cette analyse, détenir des participations dans les sociétés émettrices de ces instruments financiers, agir en tant que teneur de marché, conseiller, courtier, ou banquier de ces instruments, ou être représentées au conseil d'administration de ces sociétés. Ces circonstances ne peuvent en aucune manière affecter l'objectivité des analyses diffusées par BOURSORAMA.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Mes listes

valeur

dernier

var.

0,648 +22,73%
98,79 -1,23%
8 186,86 +0,59%
131,4 +12,31%
155,05 +0,13%
Chargement...