recap (Crédits: Boursorama - A. Morris)
Lundi 19 octobre
CAC 40 : -1,11%, à 7.868,05 points
La séance du jour
Les événements de ce week-end, un peu partout dans l'Hexagone ont lourdement pesé sur la Bourse de Paris et ses consoeurs européennes. La principale inquiétude des marchés réside dans le fait de voir la France dépenser plus pour répondre aux revendications, alors même que le pays doit se serrer la ceinture. Dans ces conditions, le CAC 40 s'est affaissé de 1,11%, à 7.868,05 points. Les autres grandes places européennes ont déroulé la même tendance à l'image du DAX 40 à Francfort qui a perdu 1,24%, ou encore le FTSE 100 à Londres qui s'est affaissé de 1,07%.
La France est dans une situation compliquée. Pour rappel, le projet de loi de finances pour 2027 prévoit un effort global de 54 milliards d'euros, ce qui inclut 43 milliards d'euros de nouvelles mesures d'économies directes, le reste provenant de la montée en charge de réformes antérieures.
Face à ces éléments, le rendement obligataire du 10 ans français s'est nettement redressé à 4,936%, creusant l'écart avec celui de l'Allemagne (3,465%). En d'autres termes, les marchés demandent une rémunération plus élevée pour prêter à la France, compte tenu de sa situation (politique, budgétaire, sociale). Ce niveau pourrait même continuer de grimper alors que Moody's doit rendre sa décision sur la note du pays vendredi soir après la clôture des bourses européennes. Il y a de fortes chances pour que l'agence de notation rejoigne les notes de Fitch Ratings et Standard & Poor's et dégrade la note souveraine de Aa3 à A1.
Les bancaires sont pénalisées face au risque politique et aux tensions sur le marché de la dette. Société Générale a perdu 3,41%, Crédit Agricole -2,64% et le titre BNP Paribas s'est affaissé de 2,48%. Les assureurs et réassureurs se sont également retrouvés dans le bas du palmarès avec le risque de demandes d'indemnisation après les dégradations, incendies et pillages. AXA a cédé 1,28%, ou encore Scor -0,89%.
Valeur en vue
Elior a signé le repli le plus net du SBF 120 lors de la première séance de la semaine. Le groupe de restauration collective a notamment été pénalisé par un abaissement de recommandation émanant de BNP Paribas. La banque est passée de "surperformance" à "neutre" sur le titre tout en réduisant son objectif de cours de 3,50 à 2 euros. Le titre a perdu 4,5% sur la journée...
Mardi 20 octobre
CAC 40 : -0,38% à 7.838,49 points
La séance
Le repli se poursuit à la Bourse de Paris, au terme d'une séance dominée par les soubresauts des prix du pétrole et les tensions autour de la dette française, avec un "spread" franco allemand finissant au plus haut depuis 2011. Le principal point d'attention de la séance a été l'évolution des prix du pétrole. Après avoir atteint son plus haut niveau depuis mai dans la matinée, le baril de Brent de la mer du Nord a reculé de plus de 2 %, avant de modérer ses pertes. Vers 16H50, il cédait encore 0,86% à 108,61 dollars vers 16H50 GMT.
Le taux d'intérêt français a fini la séance obligataire à 4,93%, au même niveau que la veille, contrairement à son équivalent allemand, qui a profité du recul du pétrole, à 3,40% contre 3,45% lundi soir.
Outre-Atlantique, la Bourse de New York a, elle, terminé globalement en hausse, l'intérêt des investisseurs pour les valeurs industrielles après de bons résultats et face à la détente des prix du pétrole compensant la faiblesse du secteur technologique. Le Dow Jones a pris 1,02 %, l'indice S&P 500 a gagné 0,29 % tandis que l'indice Nasdaq est resté à l'équilibre (-0,02 %).
Les résultats d'entreprises alimentent cet optimisme. Le secteur de la défense a terminé en hausse mardi après que plusieurs acteurs ont publié des performances trimestrielles supérieures aux attentes, à l'instar de RTX (+0,64%) ou Northrop Grumman (+4,57%). Hasbro, qui a surpassé les attentes au troisième trimestre - son chiffre d'affaires a bondi de 15% sur un an - grâce au jeu "Magic: The Gathering" a été propulsé de 11,20%.
Valeur en vue
OVHcloud a profité d'une publication appréciée en Bourse. Le fournisseur de services de cloud computing a réalisé un résultat net de 9,4 millions d'eurs au titre de son exercice 2026, contre 0,4 million précédemment, ainsi qu'un résultat opérationnel (EBIT) de 77,8 millions, soit une marge opérationnelle en progression de 0,4 point à 6,8%. Son EBITDA ajusté s'est accru de 9,7% à 480,5 MEUR, soit une marge de 42%, en hausse de 1,6 point, démontrant selon le groupe, "sa capacité à opérer à grande échelle grâce à une forte productivité à tous les niveaux de l'entreprise". Par comparaison, le consensus ne visait qu'un EBITDA ajusté de 467 MEUR, soit une marge de 40,9%.
Mercredi 21 octobre
CAC 40 : +1,06 % à 7.921,68 points
La séance
La Bourse de Paris a terminé en hausse mercredi, après une séance dominée par des résultats d'entreprises et par une nouvelle flambée du taux d'emprunt français à dix ans, qui a dépassé 5 % pour la première fois depuis 2002. La séance a été marquée par une série de résultats d'entreprises. Côté gagnants, EssilorLuxottica s'est envolé de 15,48 % à 173,80 euros, en tête du CAC 40. vBureau Veritas a gagné 3,64 % à 28,73 euros après avoir confirmé ses objectifs.
Côté perdants, Carrefour a plongé de 13,80 % à 14,05 euros, effaçant tous ses gains depuis le début de l'année. Il a estimé que les pillages du week-end, ayant touché une cinquantaine de ses magasins, pèseront sur son résultat opérationnel courant à hauteur de 80 à 200 millions d'euros.
Michelin a reculé de 7,16 % à 30,86 euros, malgré la confirmation de ses objectifs annuels. Le fabricant de pneumatiques a fait état d'un chiffre d'affaires stable sur neuf mois et sa directrice financière a qualifié l'année 2027 de "très incertaine".
Le taux d'emprunt de la France à échéance dix ans a terminé mercredi la séance au-dessus de 5 %, une première depuis 2002, sur fond de défiance croissante des investisseurs quant à la situation politique et budgétaire du pays. Le rendement de l'obligation française a terminé à 5,01 %, contre 4,93 % la veille en clôture.
La Bourse de New York a aussi fini dans le vert, après la publication des résultats trimestriels de SpaceX et de Super Micro Computer, qui ont redynamisé l'appétit des investisseurs pour les titres liés à l'intelligence artificielle (IA), au lendemain de pertes enregistrées par le secteur technologique. L'indice Dow Jones .DJI a gagné 0,69%, ou 360,21 points, à 52.856,09 points. Le S&P-500 .SPX , plus large, a pris 44,60 points, soit 0,58%, à 7.757,17 points. Le Nasdaq Composite .IXIC a avancé de son côté de 278,04 points (1,05%) à 26.702,86 points. Après la publication mardi soir de ses résultats du troisième trimestre, SpaceX SPCX.O a pris 7,8% pour avoir communiqué son premier bénéfice en tant qu'entreprise publique. Son propriétaire, Elon Musk, a déclaré mercredi qu'une fusion avec l'une de ses autres firmes, le constructeur automobile Tesla TSLA.O , serait une "bonne idée".
Valeur en vue
EssilorLuxottica était particulièrement en vue dans la foulée de ses résultats publiés le jour précédent. L'action a gagné 15,5%, à son plus haut niveau depuis août. Le fabricant des lunettes de soleil Ray-Ban et Oakley a enregistré un chiffre d'affaires trimestriel de 7,49 milliards d'euros, contre 7,37 milliards d'euros attendus par les analystes, selon le consensus Visible Alpha. Cette hausse semble apaiser certaines inquiétudes entourant le numéro un mondial de l'optique, dont le cours de Bourse a perdu environ la moitié de sa valeur depuis son sommet atteint l'année précédente, lorsque sa capitalisation boursière s'élevait à 149 milliards d'euros. Les ventes de lunettes connectées, développées avec Meta META.O ont progressé de 20% au troisième trimestre ce qui marque un net ralentissement par rapport au bond de près de 100% enregistré entre avril et juin.
Jeudi 22 octobre
CAC 40 : -1,39%, pour terminer à 7.811,26 points
La séance
La Bourse de Paris a terminé en nette baisse, plombée par une nouvelle hausse des prix de l'énergie et du taux d'emprunt de la France au-delà des 5 %, tandis que le secteur du luxe souffre de la chute d'Hermès après ses résultats. Les marchés européens font face à une nouvelle hausse des prix de l'énergie, le gaz ayant atteint un plus haut depuis fin 2022.
Par ailleurs, le rendement de la dette française à échéance dix ans continue sa course en avant au-delà du seuil symbolique des 5 %, dépassé mercredi pour la première fois depuis 2002, sur fond d'incertitudes politiques et budgétaires croissantes. Il a terminé à 5,07 % à la clôture jeudi contre 5,01 % mercredi soir.
Côté valeurs, le groupe de luxe français Hermès a terminé en baisse de 4,94 % à 1.289,50 euros après la publication de son chiffre d'affaires pour le troisième trimestre, en hausse, mais inférieur aux attentes du marché.
La Bourse de New York a clôturé nettement dans le rouge, le secteur technologique souffrant d'inquiétudes renouvelées autour de l'endettement des acteurs de l'intelligence artificielle (IA), sur fond de nouvelle flambée des prix du pétrole. L'indice Nasdaq a chuté de 2,60%, l'indice élargi a reculé de 1,21%, tandis que le Dow Jones a terminé à l'équilibre (+0,02 %).
Dans le sillage de Meta, bon nombre de capitalisations géantes du Nasdaq ont lourdement chuté jeudi (Nvidia -4,40 %, Amazon -4,47 %, Microsoft -2,26 %, Alphabet -3,15 %).
Fait notable, les taux obligataires américains - thermomètres des anticipations inflationnistes - n'ont, cette fois-ci, pas été emportés par l'envolée des prix de l'or noir. Le rendement à échéance dix ans des emprunts de l'État américain évoluait à 4,96 % vers 20H30 GMT, contre 5,12 % à la clôture mercredi.
Valeur en vue
Lockeed Martin a pris près de 7% sur la séance. Le ministère américain de la Défense et le groupe américain de défense ont conclu un accord-cadre portant sur la fourniture d'au moins 850 chasseurs bombardiers furtifs F-35 dans les dix prochaines années, si le Congrès des États-Unis y consent. L'accord annoncé jeudi vise à "renforcer et à moderniser" la flotte américaine de F-35 Lightning II Joint Strike Fighter, le nom complet de ce chasseur d'attaque multirôles, a expliqué le Pentagone dans un communiqué. Il doit encore être validé par les parlementaires à Washington, qui devront également approuver les crédits budgétaires correspondants à ces lots d'attribution 21 à 30.
Vendredi 23 octobre
CAC 40 :
La séance
Les marchés boursiers européens ont ouvert prudemment vendredi, digérant une série de résultats d'entreprises, avant la très attendue réévaluation de la note de la dette française par l'agence Moody's dans la soirée.
Dans les premiers échanges, à 09H05, Paris (-0,06 %) et Londres (+0,02 %) étaient à l'équilibre, Francfort cédait 0,29 %. Milan prenait 0,35 %.
Valeurs en vue
Kering recule lourdement dans les premiers échanges. Le groupe de luxe a publié jeudi soir un chiffre d'affaires trimestriel de 3 345 MEUR, en repli de 1% à données comparables, avec un Gucci en baisse de 6%. Lors de la conférence audio, la direction a concédé que la marge opérationnelle du second semestre ne dépassera finalement pas celle du premier. Le marché n'attendait pas de miracle. Le deuxième trimestre avait montré une croissance de 2% à données comparables, et Gucci avait limité sa baisse à 3% après une chute de 14% en début d'année. Gucci réalise 1 291 MEUR, en recul de 6% à données comparables, soit 60 points de base sous le consensus établi par la société et 270 points sous le consensus Bloomberg, qui tablait sur 3,3%.
Lors de l'audioconférence de jeudi soir, la direction a confirmé que la marge opérationnelle courante de 2026 s'améliorerait par rapport à 2025. Mais elle a aussi indiqué que le second semestre ne dépasserait plus la marge de 12,8% réalisée au premier, ce qui était jusqu'ici l'un des jalons attendus par le marché. Interrogée par ailleurs sur le maintien de l'objectif d'un retour à la croissance cette année, Armelle Poulou, la directrice financière, a refusé de commenter et renvoyé à la publication des résultats annuels.
Laurent Grassin, avec Reuters, AFP et ZoneBourse
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