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Une inévitable récession en 2023 et un risque majeur de stagflation selon les investisseurs institutionnels
information fournie par TRIBUNE LIBRE08/12/2022 à 14:42

(Crédits photo : Adobe Stock -  )

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PARIS, le 7 décembre 2022 – Natixis Investment Managers (Natixis IM) publie les résultats de son enquête annuelle conduite auprès de 500 investisseurs institutionnels du monde entier (29 pays), gérant collectivement plus de 20 000 milliards de dollars d'actifs. Interrogés sur leurs prévisions pour 2023, leur constat est majoritairement sombre mais ils livrent leurs approches pour des portefeuilles à même de contrer les corrections de marché. Parmi les principales conclusions de l'étude :

  • Selon la majorité des investisseurs institutionnels l'inflation restera élevée et les politiques des banques centrales ne pourront y remédier sans des mesures complémentaires. 85% d'entre eux prévoit une récession en 2023.
  • Les obligations bénéficieraient d'un regain d'intérêt porté par la hausse des taux mais les investisseurs émettent des inquiétudes en matière de liquidité.
  • Si les avis divergent quant aux marchés actions, tous les sondés s'accordent sur les tendances suivantes : attractivité du capital-investissement et des actifs privés et défiance à l'égard de l'immobilier traditionnel.
  • Tandis que les opportunités sont réduites (entre des marchés émergents soumis aux tensions géopolitiques entre Etats-Unis et Chine et de fortes fluctuations sur le marché des changes), le contexte pourrait profiter à l'investissement ESG couplé à une forte hausse des obligations vertes.

Une stagflation plus menaçante que la récession, jugée nécessaire par 54% des sondés

La stagflation fait figure de principale menace pour les investisseurs institutionnels : ils sont 65% à la juger plus inquiétante que la récession dans le sens où ce cas de figure conjuguerait croissance négative du PIB, inflation persistante et spirale infernale du chômage.

Le risque de liquidité inquiète également : sous l'effet conjugué d'un nouvel intérêt pour les obligations et du retrait des banques centrales de leurs programmes d'achat d'actifs, ils sont 36% à le faire figurer dans les risques majeurs pour leur portefeuille en 2023, contre 13% l'année dernière.

Un environnement géopolitique anxiogène

Selon 57% des sondés, la guerre représente la plus grande menace économique mondiale - un sentiment particulièrement fort en Europe (68%). Ils perçoivent également la détérioration des relations entre les États-Unis et la Chine comme un risque majeur, une crainte partagée par 47% des sondés en Asie et 53% aux États-Unis après les élections de mi-mandat (alors qu'ils n'étaient que 25% avant les élections). Plus de 6 institutionnels sur 10 (65%) ajoutent que les ambitions géopolitiques de la Chine se traduiront par une scission de l'économie mondiale en un système bipolaire sino-américain.

« Après une année 2022 hors norme tant sur le plan géopolitique que macroéconomique et la fin de plusieurs décennies d'une politique monétaire accommodante, les investisseurs institutionnels abordent 2023 avec beaucoup de prudence, voire de défiance », déclare Gad Amar, Directeur de la Distribution Europe de l'Ouest chez Natixis IM. « Cependant, il y a des opportunités à saisir au sein de certaines classes d'actifs afin de conjuguer deux fondamentaux : un couple rendement/risque maîtrisé et une performance optimisée. »

Obligations, fixed income, capital-investissement : quels gisements de croissance en 2023 ?

Quelles sont les prévisions des institutionnels en matière d'opportunités d'investissement et vers quelle classe d'actifs se tourner ? Pour deux tiers des personnes interrogées, un portefeuille composé de 60% d'actions, 20% de titres fixed income et 20% d'actifs alternatifs est susceptible de surperformer les portefeuilles 60/40 traditionnels. Zoom sur ces approches :

  • Fixed income : dans un environnement de hausses de taux d'intérêt de la part des banques centrales, ils sont plus de 7 sur 10 (72%) à estimer ce marché porteur.
  • Actifs alternatifs : 53% des investisseurs réduisent justement activement le risque de leurs portefeuilles par des mouvements d'allocation tactiques vers ces actifs. Ils sont 44% à prévoir une allocation renforcée dans les infrastructures en 2023, 43% dans le capital investissement et 36% dans la dette privée. Pour 48% du panel, les actifs privés sont un refuge en cas de correction de marché contre 45% en 2021 et 35% en 2020.

Quelle place pour les investissements ESG ?

Dans la continuité de l'édition précédente de l'étude, qui indiquait que 42% des investisseurs disposaient de stratégies ESG dédiées, ils sont cette année 62% à estimer que ce segment est générateur de performance. Près de 6 sur 10 (59%) prévoient d'augmenter leurs investissements en la matière, notamment dans les obligations vertes (pour 68% des institutionnels asiatiques et 54% en Europe et au Proche-Orient). Une infime minorité, à 4%, table sur une réduction de leurs green bonds.

«En tant que gérant d'actifs, notre priorité est d'aider nos clients à naviguer à travers cet environnement tourmenté, tout en les accompagnant à chaque étape de leur parcours d'investissement, notamment en matière d'investissements durables et à impact», explique Gad Amar, Directeur de la Distribution Europe de l'Ouest chez Natixis IM. « Nous sommes convaincus que les stratégies ESG peuvent aider à optimiser la gestion du risque, être source de performance et être également force de changement social et environnemental positif à long terme ».

Gestion active et secteurs de prédilection dans un environnement volatile

La gestion active continue d'avoir le vent en poupe : 60% des sondés déclarent que leurs investissements actifs ont surperformé ces 12 derniers mois et près des trois quarts (74%) pensent que les marchés favoriseront ce mode de gestion en 2023.

Les marchés Actions américains (41%), d'Asie-Pacifique et marchés émergents (tous deux à 33%) ont les faveurs des institutionnels. Ce sont même ces derniers qui présenteraient les meilleures opportunités de croissance en Asie, exception faite de la Chine. Toutefois, ils en seraient trop dépendants pour 66% du panel, et plus de 7 investisseurs sur 10 considèrent justement la Chine avec un intérêt moindre en raison de sa stratégie géopolitique.

Pour 60% de l'échantillon, la performance serait essentiellement portée par les grandes capitalisations et les secteurs les plus attractifs sont la santé, l'énergie et la finance. En revanche, la consommation de biens non essentiels (à 42%) et l'immobilier (à 47%) pourraient sous-performer, pénalisés par la hausse des taux et la baisse des prix des logements. Ils sont même 82% à se montrer pessimistes à l'égard de l'immobilier commercial, considérant que la prévalence actuelle du télétravail entraînera une forte dépréciation de ces actifs.

1 commentaire

  • 08 décembre15:10

    'spirale infernale du chômage'...faut vouloir vraiment y croire !


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