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Un été mouvementé pour Robinhood
information fournie par Boursorama28/09/2021 à 16:40

(Crédits photo : Adobe Stock - gguy )

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Au milieu de l'été, le 18 août 2021, le courtier préféré des boursicoteurs américains a publié une perte nette de 502 millions d'euros au titre du 2e trimestre. Le lendemain, le cours du titre décrochait de 10,26% mais restait au-dessus du prix fixé lors de son introduction en Bourse, trois semaines plus tôt.

Son introduction en Bourse avait été qualifiée de ratée. Le 29 juillet 2021, l'engouement n'était pas au rendez-vous pour l'action Robinhood ; si bien que son cours chutait de 8,4%. Son prix avait pourtant été fixé à sa fourchette basse, 38 dollars, prémisse d'un accueil mitigé de la part des investisseurs.

La plateforme de trading en ligne a su rebondir. Avec l'aide de Cathie Wood, fondatrice d'Ark Invest, le titre a bondi de 68% en deux jours, les 3 et 4 août : son tracker, Ark Fintech Innovation ETF, a renforcé sa position sur le titre en achetant plus de 89.000 actions, selon Bloomberg. L'action pointait à 70 dollars en fin de séance, prisée par les séides de la prêtresse des nouvelles technologies, soit deux fois plus qu'après son premier jour de cotation.

502 millions de dollars de pertes nettes

Mais le 5 août, la fièvre était retombée. Le titre HOOD chutait de presque 28%. Les jours suivants, l'action a enchaîné les variations de 5% dans un sens puis dans l'autre. Un quart de l'actionnariat avait été réservé aux investisseurs particuliers lors de son entrée en Bourse. Ces derniers rendent le titre plus volatil car ils n'ont pas l'obligation de le garder sur une certaine durée.

Le 19 août, au lendemain de la publication des résultats du 2e trimestre 2021, l'action reculait de 10,26%. Bien que son chiffre d'affaires ait augmenté de 131% à 565 millions de dollars, le courtier en ligne a fait état d'une perte nette de d'un demi-milliard. Les dépenses opérationnelles atteignent 500 millions, auxquelles s'ajoutent 528 millions de «variation dans la valeur de marché des titres convertibles et des warrants», qui creusent les pertes de l'entreprise.

Robinhood a aussi annoncé que ses revenus diminueraient au cours du prochain trimestre. Les résultats du courtier en ligne sont fortement corrélés à la conjoncture économique et au comportement des actionnaires individuels. «Ces facteurs ont joué en notre faveur le trimestre précédent. Mais pour le suivant, nous nous attendons à une activité retail plus modérée, moins d'ouvertures de comptes et donc des revenus en baisse», a précisé la société américaine dans son rapport du 2e trimestre 2021.

Le 23 septembre dernier, l'action du robin des bois américain s'échangeait à 47 dollars, induisant une valorisation de 40 milliards.

Boursicoter sans frais de commission

Robinhood s'est fait connaître en fournissant un accès intelligible et sans frais de commission aux marchés financiers. Son cœur de cible est tourné vers les ménages modestes, qui n'intéressent généralement pas les acteurs de la finance mais souhaitent investir. Cette envie s'est démultipliée avec les confinements successifs et l'arrivée des chèques américains.

Le courtier en ligne se rémunère en vendant les ordres de ses clients à des acteurs financiers, comme Citadel ou Susquehanna. Ces derniers détectent alors les titres les plus demandés. Ils les achètent quelques millisecondes avant, font grimper les cours puis les revendent, empochant ainsi la différence. On appelle cela le paiement pour ordre de flux. Cette pratique permet à Robinhood de ne pas charger de frais à ses clients et représente 80% de ses revenus.

Mais elle n'est pas du goût de tous. Le 30 août 2021, Gary Gensler, président de la Securities and Exhange Commission (SEC), a annoncé que sa proscription était envisagée. L'action Robinhood a alors dévissé de 6,89% à 43,64 dollars ce jour-là. Sans vente d'ordre de flux, le courtier en ligne se verrait contraint de faire payer des commissions, signant la fin de son modèle d'affaires actuel.

Le reste des revenus de Robinhood est issu de son activité classique de broker. On retrouve le prêt de titres ou des marges sur les intérêts.

Des revenus tirés par les crypto-monnaies

Outre les menaces réglementaires, des incertitudes planent autour des futurs revenus du néo-courtier. L'entreprise mentionne que 41% de son chiffre d'affaires proviennent des transactions de crypto-monnaies, dont les deux tiers sur le Dogecoin, une crypto-monnaie revendiquée comme une blague. Le Doge peut en effet être miné à l'infini, contrairement aux autres monnaies électroniques.

Robinhood hérite d'une réputation de proxy du DOGE, qui ne rassure pas vraiment les investisseurs. D'autant que le cours de la crypto semble artificiellement soutenue par des célébrités comme Elon Musk ou Snoop Dog, dont chaque tweet prête à une hausse ou baisse imprévisible du cours.

Au sortir de l'été, l'action Robinhood semble cependant s'être stabilisée autour des 42 dollars. Les épisodes de volatilité qui affectent son cours en Bourse sont beaucoup moins violents qu'à ses débuts. Le courtier, lui, va rester dépendant des changements de réglementation et à la conjoncture économique mais son aspect innovant devrait continuer à séduire, comme en témoigne son entrée dans le portefeuille de Cathie Wood, qui n'a d'yeux que pour les valeurs disruptives.

Auguste Grignon Dumoulin (redaction@boursorama.fr)

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2 commentaires

  • 28 septembre18:14

    Encore et toujours Cathie wood, bientôt on se rappellera de son nom comme celui par qui le crack est arrivé. Car elle investit que sur du vent, tout ce qui est spéculatif avec de très forts leviers, et quand la baisse va se amplifier,elle va faire faillite, entraînant des millions de petits porteurs US qui pensent! Que les arbres montent jusqu au ciel.


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