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Un des cofondateurs de Facebook prône sa scission en trois
information fournie par Reuters 09/05/2019 à 21:57

    WASHINGTON, 9 mai (Reuters) - Facebook  FB.O  s'est de
nouveau retrouvé dans la tourmente jeudi avec un de ses trois
cofondateurs qui a prôné un éclatement du groupe en trois
entités, tandis que plusieurs élus ont demandé au département de
la Justice d'ouvrir une enquête antitrust sur le réseau social.
    Le groupe de Mark Zuckerberg fait l'objet de multiples
enquêtes dans le monde entier au sujet de la protection des
données de ses utilisateurs et des contenus haineux ou des
fausses nouvelles qu'il peut véhiculer.
    "Nous sommes une nation qui traditionnellement combat les
monopoles, si bien intentionnés que puissent être les dirigeants
de ces entreprises. Le pouvoir de Mark et sans précédent et
non-américain", écrit Chris Hughes, ancien camarade de
Zuckerberg à Harvard, dans une longue tribune publiée par le New
York Times jeudi.
    Facebook compte plus de deux milliards d'utilisateurs dans
le monde. Le groupe possède aussi les applications WhatsApp,
Messenger et Instagram, utilisées chacune par plus d'un milliard
de personnes. 
    Dans sa tribune, Chris Hughes demande qu'Instagram et
WhatsApp, acquises respectivement par Facebook en 2012 et 2014,
soit séparées du groupe pour devenir des entités indépendantes,
et il souhaite que l'accent soit mis sur la régulation
d'internet.
    Zuckerberg sera reçu vendredi à Paris par le président
Emmanuel Macron pour discuter précisément des questions de
réglementation et de modération des contenus haineux.
    Facebook a sans surprise rejeté l'appel de Chris Hughes.
"Facebook accepte l'idée que le succès entraîne des
responsabilités. Mais on n'assure pas la transparence en
appelant au démantèlement d'une entreprise américaine qui a
réussi", a déclaré le porte-parole Nick Clegg dans un
communiqué.
    "La responsabilité des sociétés high tech ne peut être
assurée que par l'établissement de nouvelles règles pour
internet. C'est exactement ce qu'a demandé Mark Zuckerberg."
    
    PRESSIONS DES ÉLUS
    Interrogé par la chaîne CNBC, le sénateur démocrate Richard
Blumenthal s'est également prononcé pour un démantèlement de
Facebook et l'ouverture d'une enquête par la division antitrust
du département de la Justice.
    Ce cas de figure est rare puisque ce serait au gouvernement
de porter l'affaire en justice et il lui faudrait gagner. Mais
il y a eu des précédents, la compagnie pétrolière Standard Oil
et l'ex-monopole des télécoms AT&T étant les deux exemples les
plus connus.
    Chris Hughes a cofondé Facebook en 2004 à Harvard avec
Zuckerberg et Dustin Moskovitz. Il a quitté la société en 2007,
non sans avoir empoché un demi-milliard de dollars en trois ans,
d'après un post qu'il a laissé sur LinkedIn.
    "Cela fait 15 ans que j'ai cofondé Facebook à Harvard et une
décennie que je ne travaille plus pour le groupe. Mais j'éprouve
un sentiment de colère et de responsabilité", écrit-il dans sa
tribune parue jeudi.
    "Le gouvernement doit tenir Mark pour responsable. Pendant
trop longtemps, le législateur s'est pâmé devant la croissance
exponentielle de Facebook et a négligé son devoir d'assurer la
protection des Américains et la libre concurrence sur les
marchés", affirme-t-il.
    La sénatrice Elizabeth Warren, candidate à l'investiture
démocrate pour l'élection présidentielle de 2020, a salué sa
prise de position après avoir promis en mars de démanteler 
Facebook mais aussi Amazon.com  AMZN.O  et Google (groupe
Alphabet  GOOGL.O ), si elle accède à la Maison blanche.
    "Les grands groupes technologiques d'aujourd'hui ont trop de
pouvoir sur notre économie, notre société et notre démocratie.
Ils ont écrasé la concurrence, utilisé nos infos personnelles
pour faire du profit, nui aux petites entreprises et étouffé
l'innovation. Il est temps de #BreakUpBigTech", a-t-elle écrit
sur Twitter jeudi.
    Le représentant Ro Khanna, un démocrate de Californie, a dit
pour sa part penser que les autorités de régulation "n'auraient
pas dû approuver l'acquisition d'Instagram & de WhatsApp par
Facebook en 2012."
    En avril, Facebook a dit s'attendre à payer entre trois et
cinq milliards de dollars pour clore l'enquête de la Commission
fédérale du commerce (FTC) sur l'affaire Cambridge Analytica, du
nom de la défunte société britannique qui a pu aspirer les
données de 87 millions d'utilisateurs du réseau social à des
fins électorales.  
    Chris Hughes a précisé avoir vu Marc Zuckerberg pour la
dernière fois à l'été 2017, quelques mois avant que n'éclate le
scandale Cambridge Analytica.
    "Mark est une bonne personne, un gentil. Mais cela me met en
colère que sa recherche de croissance l'ait conduit à sacrifier
la sécurité et les droits individuels pour des clics", écrit-il
dans le New York Times. "Je suis inquiet que Mark se soit
entouré d'une équipe qui renforce ses convictions plutôt que de
les contester." 

 (Supantha Mukherjee à Bangalore, David Shepardson et Diane
Bartz à Washington, Véronique Tison pour le service français,
édité par Jean-Philippe Lefief)
 

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