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"Tenez bon!" : l'écosystème des voitures électriques exhorte Von der Leyen et Bruxelles à "ne pas reculer" sur la fin des moteurs thermiques en 2035
information fournie par Boursorama avec Media Services 08/09/2025 à 14:36

Les signataires de l'appel, qu'ils soient constructeurs, opérateurs de bornes de recharge ou fabriquants de batteries, encouragent la Commission européenne à mener "des actions plus audacieuses pour sécuriser la position de leader industriel de l'Europe" dans le domaine de la mobilité électrique.

Ursula von der Leyen, à Riga, le 29 août 2025 ( AFP / GINTS IVUSKANS )

Ursula von der Leyen, à Riga, le 29 août 2025 ( AFP / GINTS IVUSKANS )

Le cap fixé tiendra t-il? Face aux craintes montantes de renoncements des institutions européennes quant au le virage électrique du parc automobile du Vieux continent, plus de 150 entreprises (constructeurs de véhicules électriques, fabricants de batteries ou opérateurs de recharge) exhortent la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à "ne pas reculer" sur l'interdiction des voitures thermiques dans l'UE d'ici 2035.

Le cap fixé par le Parlement européen pour la fin des moteurs thermiques à l'horizon 2035 doit être rééxaminé l'an prochain, dans le cadre d'une "clause de revoyure" qui alimentent les craintes des secteurs engagés dans l'électrification du parc automobile. Alors que l'industrie automobile remet en cause cet objectif, et à quatre jours d'une réunion à Bruxelles sur l'avenir du secteur, les signataires adressent "un message clair" à Mme von der Leyen : "Tenez bon, ne reculez pas. Maintenez l'objectif" zéro émission en 2035. La lettre est signée par des constructeurs de voitures électriques (Volvo, Polestar), des fabricants de batteries installés en Europe (Verkor, Samsung, LG Energy), des opérateurs de recharge (Fastned, Ionity, Alpitronic), des fournisseurs de matériaux (Talga, Orano, Rock Tech Lithium) ou encore des gestionnaires de réseaux (Iberdrola, EDP).

L'interdiction à partir de 2035 de la vente de voitures neuves à essence ou diesel, hybrides comprises, dans l'UE, est contestée depuis plusieurs mois par une partie des constructeurs, confrontés à des ventes de modèles électriques qui patinent, à la concurrence chinoise grimpante, aux droits de douane américains et à la chute des bénéfices mondiaux.

Un report "donnerait un avantage permanent aux concurrents mondiaux" de l'Europe

Ainsi, après BMW et Mercedes-Benz, le nouveau patron de Stellantis (Peugeot, Fiat, Jeep)- quatrième constructeur automobile mondial -, Antonio Filosa, a déclaré au quotidien Les Échos que cet objectif n'était "pas réaliste" sans l'introduction de "flexibilités". "Nos entreprises ont engagé des centaines de milliards d'euros dans de nouveaux investissements et déjà créé plus de 150.000 emplois", soulignent les auteurs de la lettre à Mme von der Leyen. Or, "retarder l'objectif de 2035 (...) éroderait la confiance des investisseurs et donnerait un avantage permanent aux concurrents mondiaux (...), dans un monde où, selon l'Agence internationale de l'énergie, une voiture sur quatre vendue cette année sera électrique".

Ils demandent donc à l'Europe, qui fera en 2026 un premier état des lieux de l'objectif zéro émission, de présenter "une stratégie plus audacieuse et coordonnée", notamment pour "développer la production de batteries et sécuriser les matières premières". Ils proposent aussi des incitations à l'achat "intelligentes et cohérentes entre les États membres".

L'hypothèse d'une dérogation pour les hybrides rechargeables sème le doute

L'inquiétude des acteurs de l'automobile électrique est notamment lié à la possibilité d'un aménagement de l'objectif du 100% électrique, avec l'hypothèse d'une dérogation accordée aux véhicules hybrides rechargeables.

"Sous couvert de neutralité technologique" -principe qui veut que la loi n'impose pas une technologie en particulier-, "certains constructeurs automobiles poussent pour qu'on renonce à l'objectif d'interdiction des véhicules thermiques en 2035 en acceptant l'hybride rechargeable", a ainsi déclaré Aurélien de Meaux, mercredi 3 septembre dirigeant de l'opérateur de recharge Electra et président de Charge France, qui regroupe les acteurs clé du secteur en France.

Les voitures hybrides rechargeables sont des véhicules qui possèdent à la fois un moteur essence et un moteur électrique, avec des batteries que leur propriétaire peut recharger comme pour une voiture électrique, ce qui permettrait de diminuer leur empreinte écologique. Or selon Aurélien de Meaux, les propriétaires de ces voitures hybrides "rechargent beaucoup moins que ce que les constructeurs avancent pour leur calcul d'émissions de gaz à effet de serre des véhicules", car ils préfèrent utiliser leur moteur essence. "Au lieu d'être à 30g de CO2 par kilomètre, on serait plutôt à 120 ou 150g" pour ces voitures, a-t-il dit lors d'une conférence de presse. D'autant que les hybrides rechargeables, avec leurs lourdes batteries, consomment davantage qu'une voiture essence plus légère. Pour M. de Meaux, si une dérogation était introduite, "les constructeurs automobiles européens investiraient trop dans l'hybride rechargeable au détriment de l'électrique, ce qui leur posera des problèmes de compétitivité face aux constructeurs chinois".

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5,971 EUR MIL -1,87%

15 commentaires

  • 16 septembre 08:53

    Tenez bon le mur n'est plus très loin !


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