(Actualisé avec précisions, contexte)
Le Premier ministre britannique Keir Starmer est passé à la contre-offensive lundi avec l'espoir de sauver son poste en promettant de replacer la Grande-Bretagne au coeur de l'Europe.
"Au prochain sommet européen, je rebâtirai nos relations avec l'Europe", a-t-il dit lors d'un discours prononcé à Londres. "Je veux un nouvel accord avec l'UE sur la jeunesse."
Le prochain Conseil européen est prévu les 18 et 19 juin.
Au pouvoir depuis juillet 2024, le chef du gouvernement joue son va-tout pour demeurer au 10, Downing Street malgré la déroute historique du Parti travailliste aux élections locales du 7 mai, qui a relancé les appels à la démission au sein de son camp.
Le scrutin qui s'est déroulé en Angleterre, Ecosse et Pays de Galles a mis en évidence la forte poussée du parti nationaliste UK Reform de Nigel Farage, l'un des artisans du Brexit qui brigue la victoire aux élections législatives prévues théoriquement en 2029.
Les sondages montrent que près de 60% des Britanniques considèrent désormais que quitter l'Union européenne était une erreur. En 2016, 51,89% des Britanniques s'étaient prononcés par référendum pour le "Brexit", en vigueur depuis le 31 janvier 2020.
"Je sais que les gens sont déçus par l'état de la Grande-Bretagne. Déçus par la politique, et certains déçus par moi", a souligné Keir Starmer dans une nouvelle tentative de mea culpa.
"Je sais que j'ai des détracteurs et je sais que je dois leur prouver qu'ils ont tort. Et je le ferai", a-t-il assuré.
DIVISIONS TRAVAILLISTES
Keir Starmer se sait fortement contesté, au niveau national comme au sein de son parti.
Il a nommé samedi l'un de ses prédécesseurs, Gordon Brown, au poste de conseiller pour les questions financières internationales, espérant que la compétence reconnue de l'ancien dirigeant travailliste rejaillirait sur sa propre autorité.
Dimanche, son ancienne vice-Premier ministre Angela Rayner, désormais députée, a estimé dans une rare intervention publique que les travaillistes devaient saisir la "dernière chance" qui s'offre à eux de changer le cours d'une politique qui mécontente les électeurs.
Une autre élue travailliste, l'ancienne ministre Catherine West, a appelé à la démission de Keir Starmer, avertissant que si son discours ne répondait pas aux attentes, elle s'efforcerait d'impulser un vote interne contre le chef du gouvernement.
Aux termes du règlement du Parti travailliste, qui n'a jamais évincé un Premier ministre issu de ses rangs en 125 ans d'histoire, une motion de défiance à l'encontre du Premier ministre en place au profit d'un remplaçant doit recueillir l'assentiment de 20% du groupe parlementaire, soit 81 députés. Une perspective hautement improbable.
Le nom d'Andy Burnham, maire du Grand-Manchester, circule au nombre des prétendants à la succession de Keir Starmer, mais n'étant pas un membre du Parlement, il ne peut se présenter contre lui.
Keir Starmer a déclaré dans son discours qu'il se battrait contre toute opposition interne si sa légitimité venait à être mise en cause.
(Andrew MacAskill et Elizabeth Piper; version française Nicolas Delame et Sophie Louet, édité par Benoit Van Overstraeten)

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