Boris Vallaud, patron des députés PS, à l'Assemblée nationale, à Paris, le 16 décembre 2025 ( AFP / Dimitar DILKOFF )
Le PS plus que jamais dans la confusion pour 2027: le patron du parti Olivier Faure n'enterre pas l'idée d'une primaire malgré le départ fracassant de la direction de Boris Vallaud, chef des députés, qui propose d'organiser à la place "des rencontres de la gauche plurielle".
Réfutant être à l'origine d'une nouvelle crise interne en annonçant vendredi le départ de son courant de la direction du parti, Boris Vallaud a justifié son choix lundi par "le sentiment d'un collectif défaillant" et d'"une direction qui ne donne pas de direction" alors que, par exemple, La France insoumise est déjà en ordre de bataille.
"Tout le monde est en campagne, mais pas nous", a-t-il fustigé sur France Inter.
Olivier Faure, réélu l'année dernière pour un quatrième mandat à la tête du PS, a "la responsabilité de mettre ce parti en ordre de bataille", a ajouté M. Vallaud, sans réclamer cependant le départ du premier secrétaire, désormais minoritaire.
Une démission de toute façon exclue par l'intéressé qui a appelé, quelques minutes plus tard sur franceinfo, le PS à "avancer d'un même pas", martelant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible".
Au cœur des tensions depuis maintenant plusieurs semaines: la stratégie d'Olivier Faure de jouer la montre sur la désignation du candidat et sa tentation d'accepter la participation du PS à une primaire de la gauche non-mélenchoniste. Un processus défendu par les Écologistes et les anciens Insoumis François Ruffin et Clémentine Autain, mais catégoriquement rejeté par Raphaël Glucksmann, François Hollande et Boris Vallaud.
Ce serait une "grande entreprise de désunion de la gauche où nous allons ouvrir des blessures qui ne cicatriseront pas ensuite", estime M. Vallaud, qui propose plutôt "un rendez-vous de la gauche plurielle", allusion à la coalition de Lionel Jospin entre 1997 et 2002, pour tenter de s'accorder sur "un contrat de législature, un contrat de gouvernement et un candidat commun".
"On est parfaitement capable de trouver quelque chose qui convienne à tout le monde", "une forme de consensus organisé après ce travail collectif", a plaidé le député des Landes.
- Poker menteur -
Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure, à Paris, le 5 mai 2026 ( AFP / Xavier GALIANA )
Cette initiative a laissé sceptique Olivier Faure. "Convoquer une nouvelle gauche plurielle, c'est exactement ce que, semaine après semaine, je tente de bâtir", a-t-il souligné. "Je veux un processus qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a-t-il insisté.
"Mais les partenaires disent: +Attendez, on veut bien une coalition, à une condition, c'est qu'on ait la règle de départage qui permet d'arriver à un candidat. C'est un peu trop facile de dire: +On va faire entrer tout le monde dans l'entonnoir, et puis à la fin, on vous dira qui est le candidat+", a-t-il estimé.
Partisan d'une primaire, à laquelle il pourrait candidater, le premier secrétaire refuse d'enterrer l'idée comme l'a fait dimanche sur France 3 François Hollande. L'ex-chef de l'Etat a jugé "qu'il n’y aura pas de primaire pour désigner un candidat avec la gauche au-delà du Parti socialiste".
"Les Français disent à 85% qu'ils veulent une primaire de la gauche et des écologistes", a rappelé Olivier Faure.
Pour autant, il a continué à ménager la chèvre et le chou en affirmant ne pas être "un fanatique de quelque processus que ce soit".
"La réalité, c'est que si je la proposais (la primaire) et que Raphaël Glucksmann, François Hollande, etc., n'y venaient pas, nous serions dans une situation où nous n'aurions pas trouvé une façon d'avancer", a-t-il admis.
Dans ce jeu de poker menteur, la stratégie de l'ancien président pour revenir au centre du jeu semble au moins réconcilier MM. Faure et Vallaud - qui y sont farouchement opposés.
"Il considère que les socialistes doivent se rassembler avec Raphaël Glucksmann exclusivement dans un moment où aucun parti à gauche n'est en mesure de se qualifier tout seul", a regretté Olivier Faure.
Avec François Hollande, "nous avons un désaccord majeur. Je veux l'union de la gauche de Glucksmann à Ruffin. Lui, il ne la souhaite pas", a renchéri Boris Vallaud.

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