Le fondateur et président de SoftBank, Masayoshi Son, a annoncé dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche que le groupe japonais allait investir 75 milliards d'euros en France dans les infrastructures liées à l'intelligence artificielle, dont 45 milliards d'ici à 2031 dans les Hauts-de-France.
Le dirigeant japonais explique que sa décision a été renforcée par une rencontre en avril avec le président Emmanuel Macron, qu'il décrit comme "combatif, persuasif et persistant" pour défendre les atouts économiques du pays.
"J'ai été très sensible au fait qu'Emmanuel Macron s'engage autant à titre personnel pour assurer le succès économique de la France", déclare-t-il, tout en soulignant que les investissements de SoftBank étaient jusqu'ici concentrés aux États-Unis et en Asie.
Masayoshi Son insiste sur les critères qui ont pesé dans son choix, citant en premier lieu l'accès à l'énergie. "Le fait que le pays soit producteur et exportateur d'énergie est absolument décisif pour des investissements d'infrastructure dans l'intelligence artificielle", affirme-t-il, en particulier pour les centres de données, très gourmands en électricité.
Il met également en avant la qualité de l'écosystème technologique et du capital humain français, évoquant "un excellent système éducatif et un large vivier de talents", notamment dans l'ingénierie.
Interrogé sur le positionnement de l'Europe dans la course mondiale à l'IA, le patron de SoftBank évite de parler de retard, préférant souligner l'avance des États-Unis.
"L'Europe est loin d'être la seule à se retrouver distancée", dit-il, tout en estimant que le continent dispose toujours d'une "capacité d'innovation hors du commun".
(Rédigé par Nicolas Delame)

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