par Laurence Frost et Michel Rose
PARIS, 12 juin (Reuters) - Le nouveau président de Renault
RENA.PA , Jean-Dominique Senard, affaibli par l'échec du projet
de fusion avec Fiat FCHA.MI et par les tensions persistantes
avec le partenaire Nissan 7201.T , s'est vu infliger un nouveau
camouflet, le président Emmanuel Macron ayant refusé de le
recevoir, ont dit à Reuters quatre sources proches du groupe et
du gouvernement.
La position de celui qui avait été accueilli comme l'homme
providentiel en janvier pour succéder à un Carlos Ghosn tombé en
disgrâce, apparaît mercredi fragilisé alors que les actionnaires
se réunissent dans l'après-midi en assemblée générale pour
approuver formellement la nomination de l'ancien président de
Michelin MICP.PA à la tête du groupe au losange.
Le projet de fusion avec Fiat Chrysler Automobiles, défendu
par Jean-Dominique Senard, a échoué la semaine dernière après
que l'Etat français a demandé un délai supplémentaire pour
donner le temps au ministre de l'Economie Bruno Le Maire de
surmonter les réticences de Nissan. Après cet épisode, le
président de Renault a demandé à rencontrer le président de la
République pour s'assurer de son soutien, mais en vain, selon
ces sources.
Sept mois après l'arrestation de Carlos Ghosn sur des
accusations de malversations financières, qu'il dément,
l'alliance franco-japonaise dont il a été l'artisan est en
pleine crise. Nissan a refusé d'étudier la fusion complète avec
Renault proposée par Jean-Dominique Senard, la priorité du
groupe japonais consistant à desserrer l'étreinte de son
partenaire français, qui détient 43,4% de son capital.
Jean-Dominique Senard s'est alors tourné vers une
proposition de fusion avec FCA, préparée sans que Nissan ne soit
au courant. Mais là encore, le président de Renault s'est heurté
à un mur, quand son homologue chez Fiat, John Elkann, a retiré
son offre face aux conditions fixées par l'Etat français,
principal actionnaire de Renault.
Quelques jours plus tard, le président de Renault a fait
part de son intention de bloquer la réforme de la gouvernance de
Nissan à moins que Renault soit mieux représenté dans les
puissants comités du groupe japonais, soulevant au passage une
vague de protestation au Japon.
Selon des sources proches de Renault, l'exaspération de
Jean-Dominique Senard est encore montée d'un cran quand Bruno Le
Maire, soucieux d'apaiser les tensions en marge du G20, a évoqué
publiquement la possibilité d'une baisse de la participation de
15% de l'Etat dans Renault, voire de celle de Renault dans
Nissan.
Le président de Renault, qui s'est senti court-circuité par
ces déclarations surprise, a alors confié à des collèges qu'il
attendait désormais d'être "soutenu au plus haut niveau", a dit
une des sources. Mais celles-ci ajoutent que le bureau
d'Emmanuel Macron a décliné la proposition de rencontre.
"Aux dernières nouvelles il n'y avait pas de rendez-vous
avec Senard à l'agenda du Président", s'est borné à déclarer
l'Elysée.
EN FORME ET DÉCIDÉ À CONTINUER
Renault a refusé de faire un commentaire. Mais des sources
proches du président du groupe automobile ont minimisé
l'importance de ce refus, ajoutant que Jean-Dominique Senard
était déterminé à rester à son poste.
Le président de Renault et Emmanuel Macron "communiquent
régulièrement par SMS", a souligné l'une de ces sources, et le
chef de l'Etat est très pris par d'autres sujets.
"Jean-Dominique Senard est en forme, prêt pour son AG et bien
décidé à continuer."
Une autre source gouvernementale a indiqué de son côté que
le gouvernement ne cherchait pas à remplacer Jean-Dominique
Senard. "Il a peut-être été mal conseillé. Il est bien évident
que pour passer à autre chose (après l'affaire Ghosn), il aurait
fallu changer aussi des personnes", a-t-elle dit.
L'une des principales missions confiées à Jean-Dominique
Senard était de renouer avec Nissan un dialogue ébranlé par les
révélations sur l'ancien homme fort de l'alliance.
Mais Hiroto Saikawa et Thierry Bolloré, deux anciens bras
droits de Carlos Ghosn, respectivement directeur général de
Nissan et de Renault, s'adressent à peine la parole ce qui ne
facilite pas vraiment l'apaisement, selon plusieurs sources.
"Il en a pleinement pris conscience", a indiqué une source
familière du mode de pensée du président de Renault. "Donc on va
voir comment ça continue. Il faut laisser passer l'AG et puis on
verra après".
Parmi les développements récents au Japon, la position de
Hiroto Saikawa peut sembler également fragilisée après que deux
sociétés de conseil de premier plan ont recommandé de voter
contre son maintien en poste à l'AG de Nissan, le 25 juin
prochain.
Un vote négatif de Renault reste toutefois hautement
improbable, le groupe devant soutenir les propositions du
conseil d'administration de Nissan en vertu de l'accord de 2015,
trouvé pour mettre fin à une crise liée à l'exercice de droits
de vote double.
(Gilles Guillaume pour le service français, édité par
Jean-Michel Bélot)
Senard affaibli avant l'AG de Renault, Macron refuse de le rencontrer-sces
information fournie par Reuters 12/06/2019 à 14:55
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