( AFP / GUILLAUME SOUVANT )
Le géant pharmaceutique français Sanofi, qui s'apprête à accueillir sa nouvelle directrice générale, pourrait réétudier son portefeuille, a-t-il annoncé jeudi, après avoir fait part d'une hausse de ses ventes en début d'année.
L'arrivée imminente de Belén Garijo pourrait être l'occasion de "revisiter" le portefeuille et de l'"élargir potentiellement à d'autres domaines thérapeutiques", a déclaré François Roger, directeur financier de Sanofi, à l'occasion des résultats du groupe pour le premier trimestre.
Ces derniers sont, selon les termes du groupe, "solides". Le chiffre d'affaires a progressé de 6,2% au premier trimestre par rapport aux trois premiers mois de l'an passé pour s'établir à 10,51 milliards d’euros.
Accueillis favorablement en Bourse dans les premiers échanges à Paris (+1,66% vers 09H30), ces chiffres ne changent pas la donne pour Sanofi qui confirme ses prévisions annuelles sans les modifier face à un "impact modéré" de la crise au Moyen-Orient.
Surtout, la publication intervient dans un contexte de transition à la tête du groupe. Mme Garijo, qui dirigeait jusqu'alors le groupe de santé allemand Merck, va débuter dans quelques jours. Elle remplacera le Britannique Paul Hudson, évincé en février sur fond de déceptions concernant plusieurs essais cliniques.
Les investisseurs s'interrogent donc sur la ligne que prendra Mme Garijo alors que Sanofi a sous M. Hudson recentré son portefeuille sur l'immunologie, les vaccins et les maladies rares, au détriment des traitements anti-cancer.
Si le groupe, par la voix de son directeur financier, n'exclut pas des évolutions de ce portefeuille, il insiste aussi sur la continuité à attendre, en particulier en matière de vaccins.
Regrettant le "buzz négatif" à l'égard de la vaccination aux Etats-Unis, où le vaccinosceptique notoire Robert Kennedy Jr. dirige le ministère de la santé depuis le début de l'actuel mandat du président Donald Trump, M. Roger a affirmé que Sanofi "continue à investir comme il l'a toujours fait dans les vaccins", se disant "confiant dans l'avenir de ce domaine thérapeutique".
Au premier trimestre, les ventes de vaccins ont progressé à 1,293 milliard d’euros (+2,1%), en raison de l’acquisition récente de Heplisav-B contre l'hépatite B acquis auprès de la société américaine Dynavax et de l’augmentation des ventes de Beyfortus, traitement préventif contre la bronchiolite des bébés.
- Nouveaux lancements -
Le principal moteur des ventes reste, pour autant, le "blockbuster" Dupixent, un anticorps monoclonal développé conjointement avec la société américaine Regeneron. Ses revenus ont dépassé la barre des 4 milliards d’euros sur le trimestre grâce à "une forte croissance des volumes".
Cet anticorps monoclonal, indiqué dans neuf maladies dont l'asthme, représente environ 40% des ventes. Et son chiffre d'affaires potentiel devrait dépasser 22 milliards d'euros d'ici 2030, avec même "une possibilité d'atteindre un niveau proche des 30 milliards de dollars" à taux de change courant, "ce qui ferait probablement de Dupixent le quatrième médicament le plus important de l’histoire de l’industrie pharmaceutique", anticipe M. Roger.
"La croissance future de Dupixent ne viendra pas de nouvelles indications", mais "d’une croissance additionnelle sur nos indications existantes", a-t-il souligné, disant "explorer de nouvelles opportunités dans le cadre de notre partenariat avec Regeneron".
Mais les analystes s'interrogent régulièrement sur la capacité du groupe à compenser le manque à gagner qu'entraînera la perte d'exclusivité de Dupixent attendue au plus tôt en 2031.
Pour l'heure néanmoins, les chiffres trimestriels de Sanofi ont été bien accueillis, la rentabilité s'améliorant avec une hausse de 2,4% du bénéfice net des activités à 2,26 milliards d'euros.
La "croissance du chiffre d’affaires plus élevée, combinée à des dépenses de recherche et développement (R&D) plus faibles, compense largement une marge brute plus faible en raison des effets de change", ont salué les analystes de Jefferies. Ceux d'Oddo BHF ont salué "un bon début d'année".
Le chiffre d'affaires du groupe est également tiré par les nouveaux lancements, dont les ventes progressent de 49,6% à 1,2 milliard d’euros, principalement portées par Ayvakit, acquis auprès de la biotech américaine Blueprint Medicines pour traiter une maladie rare du système immunitaire, Altuviiio (hémophilie A) et Sarclisa (myélome multiple).
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