Sanofi a "tous les ingrédients" pour réussir, a assuré mercredi sa nouvelle directrice générale, Belén Garijo, dont l'arrivée se fait sur fond d'interrogations quant à la capacité d'innovation du géant pharmaceutique français.
( AFP / ALAIN JOCARD )
Le groupe "a tous les ingrédients qu'il lui faut pour créer de la valeur à long terme", a déclaré Mme Garijo, lors de l'assemblée générale qui doit acter, mercredi en fin d'après-midi, son arrivée à la tête de Sanofi.
L'Espagnole, qui dirigeait jusqu'alors l'allemand Merck, succède à un Britannique, Paul Hudson, évincé début 2026 après six ans comme patron de Sanofi.
Il s'agissait des premières déclarations publiques de Mme Garijo depuis l'annonce de sa nomination, une prise de parole attendue par les investisseurs sur fond d'interrogations quant à la capacité de Sanofi à renouveler son portefeuille de médicaments.
Le mandat de M. Hudson a été marqué par une grande réussite: l'essor du Dupixent, un médicament anti-inflammatoire désormais prescrit dans de nombreuses indications et qui rapporte chaque année plusieurs milliards d'euros de revenus à Sanofi.
Mais les investisseurs s'inquiètent d'une dépendance excessive à ce médicament, développé avec l'américain Regeneron, alors que Sanofi n'a guère annoncé de nouveautés majeures ces dernières années et a subi plusieurs échecs thérapeutiques.
Face à la levée prochaine des brevets de Dupixent, dès le début des années 2030, M. Hudson avait tenté de prendre les devants en recentrant la recherche sur des domaines comme l'immunologie. Mais la stratégie a peu convaincu, le titre ayant globalement stagné en Bourse depuis son arrivée fin 2019.
C'est dans ce contexte que Mme Garijo, qui doit prendre ses fonctions formellement jeudi, a promis d'offrir de la "clarté stratégique", à court comme à long terme.
La nouvelle dirigeante, qui a rappelé qu'elle avait déjà occupé plusieurs fonctions chez Sanofi avant de rejoindre Merck, n'a pas donné pour l'heure de pistes précises, promettant d'annoncer prochainement une "feuille de route ambitieuse".
Mais Mme Garijo, qui contrairement à son prédécesseur a une formation médicale, a d'ores et déjà insisté sur la nécessité de "se concentr(er) sur la recherche et développement".
"Nous devons renforcer la productivité de notre moteur d'innovation, prendre le niveau de risque qui est le bon, et traduire la direction scientifique en croissance durable", a-t-elle résumé.
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer