ROME, 22 janvier (Reuters) - La France n'est pas intéressée
par la stabilisation de la Libye, notamment parce qu'elle veut
d'abord y protéger ses intérêts pétroliers, a estimé mardi le
vice-président du Conseil italien Matteo Salvini, entretenant
les tensions entre Rome et Paris.
Luigi di Maio, qui est également vice-président du Conseil,
avait accusé lundi la France de se servir du franc CFA pour
poursuivre son oeuvre colonisatrice en Afrique, incitant les
autorités françaises à convoquer l'ambassadrice d'Italie en
France.
Matteo Salvini a appuyé mardi les propos de Luigi di Maio,
accusant la France de piller les richesses de l'Afrique au lieu
de soutenir le développement des économies.
Il a notamment pris l'exemple de la Libye, un pays dévasté
par la guerre depuis qu'un soulèvement soutenu par l'Otan a
conduit en 2011 à la chute du régime de Mouammar Kadhafi.
"En Libye, la France n'a pas intérêt à stabiliser la
situation, probablement par qu'elle a des intérêts qui sont
contraires à ceux de l'Italie", a déclaré Matteo Salvini à la
chaîne de télévision Canale 5.
Les groupes pétroliers Eni ENI.MI et Total TOTF.PA sont
partenaires en Libye au sein de plusieurs coentreprises.
Claudio Descalzi, le dirigeant de l'italien Eni, avait à ce
sujet réfuté l'année dernière toute tension avec Total.
Traditionnellement bonnes, les relations entre Rome et Paris
se sont nettement dégradées depuis l'arrivée au pouvoir de la
coalition formée par La Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5
Etoiles (M5S, populiste) en juin 2018.
Le gouvernement italien reproche notamment à Paris d'avoir à
plusieurs reprises adressé à Rome des mises en garde au sujet de
sa politique migratoire.
Les deux vice-présidents du Conseil italien n'ont pas hésité
à adresser leur soutien au mouvement des "Gilets jaunes",
provoquant l'embarras du gouvernement français.
L'Elysée n'a souhaité faire aucun commentaire sur les propos
de Salvini.
De source diplomatique française, on juge que ces
déclarations sont absolument fausses et sans fondement, en
soulignant que la France s'emploie au contraire à stabiliser la
Libye, empêcher la propagation du terrorisme et endiguer les
flux migratoires.
De même source, on note que ce n'est pas la première fois
que Salvini tient de tels propos, et qu'il a sans doute voulu
ainsi éviter de se faire voler la vedette par Luigi Di Maio.
(Crispian Balmer, avec John Irish à Paris,
Nicolas Delame pour le service français, édité par Jean-Stéphane
Brosse)
Salvini s'en prend à son tour au comportement de Paris en Afrique
information fournie par Reuters 22/01/2019 à 11:23
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