Résultats en trompe l'oeil pour Stellantis
Le constructeur automobile multi-marques a vu ses ventes progresser de 6%, à 38,132 milliards d'euros, au premier trimestre, et évoque de bonnes performances en Amérique du Nord et des gains en Europe élargie et au Moyen-Orient et en Afrique.
Dans le même temps, le résultat opérationnel courant a atteint 1 milliard d'euros, porté par la majorité des régions, avec une marge de 2,5%.
Enfin, le résultat net trimestriel est passé d'une perte de 387 millions d'euros, à un bénéfice de 377 millions d'euros. Cette amélioration est due notamment à des volumes plus élevés et à une meilleure performance opérationnelle.
Les analystes plus circonspects face à cette publication
Oddo BHF qualifie ces résultats de "mitigés", avec des revenus conformes aux attentes grâce à des revenus plus élevés et une marge opérationnelle ajustée de 2,5%, contre une estimation à 1,8%.
Parmi les points importants, Oddo BHF relève que Stellantis a déçu en Amérique du Nord avec une marge de seulement 1,6%, et même négative une fois ajustée des éléments exceptionnels liés à l'IEEPA (l'International Emergency Economic Powers Act, les droits de douane). Les analystes estiment que l'ajustement des coûts des droits de douane améliore artificiellement la comparaison annuelle et doit être exclu pour analyser la rentabilité sous-jacente, qui reste donc négative.
Chez Jefferies, le constat est le même et les analystes notent que l'Ebit ajusté s'élève à 860 millions d'euros, soit 2,5% de marge, au-dessus du consensus, mais que l'ajustement de coût lié aux tarifs IEEPA ramènerait l'Ebit ajusté à 460 millions d'euros, pour une marge de 1,2%, des données inférieures aux attentes.
La banque d'investissement américaine relève que les données sur l'Amérique du Nord sont décevantes, et encore plus si l'on retire l'impact de l'IEEPA.
Objectifs confirmés et recommandations
Stellantis a confirmé ses perspectives financières et vise une amélioration de ses revenus nets, de sa marge opérationnelle ajustée et du free cash-flow industriel.
Pour Oddo BHF il ne s'agit pas d'une grosse surprise mais les analystes attendent davantage de précisions lors d'une conférence téléphonique prévue dans l'après-midi. Ils conservent une position prudente sur le groupe avant la journée investisseurs programmée le 21 mai. Les données du premier trimestre confirment pour l'instant que le redressement prendra du temps à se matérialiser et pourraient tempérer les espoirs d'une reprise accélérée, particulièrement en Amérique du Nord.
Les analystes indiquent que "le management doit encore apporter des preuves concrètes d'exécution et démontrer sa capacité à restaurer un niveau de rentabilité plus normalisé à moyen terme, tout en comblant le retard en matière de produits et de technologies, malgré des investissements limités à court terme en raison des contraintes de bilan. Dans l'attente de signaux plus clairs, nous continuons de privilégier Renault, soutenu par une stratégie et une trajectoire d'exécution plus lisibles, une situation financière plus solide et une valorisation plus attractive".
Leur avis sur le titre Stellantis est à Neutre, avec une cible de cours de 8 euros, soit un potentiel de hausse de 20%.
Jefferies de son côté est à acheter et vise 10 euros, soit un potentiel d'appréciation de 51%.
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