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Quand la croissance d'Adyen ne suffit pas à convaincre les investisseurs
information fournie par Zonebourse 29/10/2026 à 16:17

Le spécialiste néerlandais des paiements électroniques a dévissé de 13,35% hier à la Bourse d'Amsterdam, malgré des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Le marché punit cependant une révision à la baisse de ses ambitions de rentabilité et l'abandon de ses objectifs à moyen terme. Aujourd'hui, les analystes revoient leurs copies, sans pour autant tourner le dos à l'entreprise.

La sanction a été brutale pour Adyen. Le titre a terminé à 818 EUR (avec un plus bas à 810 EUR), abandonnant 13,35% après la publication de son activité du troisième trimestre. Pourtant, les chiffres opérationnels avaient de quoi rassurer les investisseurs. Le chiffre d'affaires net a progressé de 23% sur un an, à 738,1 MEUR, contre 730,3 MEUR attendus par le consensus. Les volumes de paiements traités ont bondi de 30%, à 451,1 MdsEUR, dépassant également les prévisions de 435,6 MdsEUR.

Mais le marché a préféré regarder du côté des marges. Adyen vise désormais une marge d'EBITDA de 50% en 2026, contre environ 52% précédemment. Plus préoccupant encore, la direction abandonne son objectif de rentabilité à moyen terme afin de conserver davantage de flexibilité financière.

Pourquoi une telle décision ? Le groupe souhaite accélérer ses investissements pour développer son offre au-delà des paiements traditionnels. Les acquisitions d'Orb, spécialiste de la facturation à l'usage, et de Talon.One, spécialisé dans les programmes de fidélité, nécessitent notamment des recrutements supplémentaires. Au total, Adyen prévoit entre 1 000 et 1 100 embauches en 2026.

De bons résultats, une réserve sur la rentabilité future et le cours s'effondre... Adyen sacrifie une partie de sa rentabilité immédiate pour financer sa croissance future. Une stratégie qui peut se défendre économiquement, mais qui inquiète les investisseurs. L'abandon des objectifs à moyen terme réduit leur visibilité sur les bénéfices futurs et complique la valorisation de l'entreprise.

La direction maintient néanmoins sa prévision de croissance du chiffre d'affaires net comprise entre 21% et 23% à taux de change constants pour 2026. Elle communiquera ses objectifs pour 2027 en février prochain.

La recommandation des analystes

Les bureaux d'études restent globalement positifs, mais deviennent plus prudents.

UBS abaisse son objectif de cours de 1 450 à 1 300 EUR tout en maintenant sa recommandation à l'achat, soulignant le choix d'Adyen d'investir pour soutenir le développement de Talon.One et d'Orb. L'analyste Justin Forsythe fait part du potentiel de long terme du groupe malgré la déception sur les marges.

Les prévisions d'AlphaValue sont en cours de réexamen, avec un impact négatif sur les estimations à court terme, mais restent positives à long terme. L'analyste Quentin De Villeneuve notifie notamment que la dynamique de croissance sous-jacente demeure intacte.

Jefferies, de son côté, souligne la solidité des volumes traités, tout en reconnaissant que l'abandon des perspectives à moyen terme constitue un point de friction.

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