Le groupe chinois Anta Sports Products 2020.HK a annoncé mardi qu’il allait racheter une participation de 29,06% dans Puma PUMG.DE auprès de la famille Pinault pour 1,5 milliard d’euros, devenant ainsi le premier actionnaire de l’équipementier sportif allemand.
Le groupe coté à Hong Kong paiera 35 euros par action en numéraire, soit une prime de 62% par rapport au cours de clôture de l'action Puma de 21,63 euros lundi.
Le titre Anta gagnait 1,3% à la mi-séance mardi, après avoir bondi de 3,4% plus tôt dans la journée. A Francfort, l'action Puma était donnée en hausse de 20% selon des données de Tradegate.
Cette cession de participation intervient alors que le groupe allemand cherche à redresser ses performances après avoir perdu du terrain face à Nike NKE.N et Adidas ADSGn.DE . Puma fait également face à la concurrence de marques en forte croissance comme New Balance et Hoka.
"Nous pensons que le cours de l'action Puma au cours des derniers mois ne reflète pas pleinement le potentiel à long terme de la marque", a déclaré Ding Shizhong, président d'Anta Sports, dans un communiqué.
"Nous avons confiance en son équipe de direction et en sa transformation stratégique".
L’opération devrait aider Puma à accroître ses ventes sur le lucratif marché chinois continental, alors qu’Anta Sports poursuit l’expansion de sa stratégie multimarques. L’acquisition contribuera également à l’ambition d’Anta Sports de devenir un groupe davantage mondialisé.
Anta Sports, qui dispose d’un historique d’acquisitions et de redressement de marques occidentales de sport et de lifestyle, a déclaré que Puma était une entreprise mondiale qui complétait son portefeuille existant et pouvait accroître sa compétitivité internationale.
Anta détient notamment les marques Fila, Jack Wolfskin, Kolon Sport et Maia Active. Le groupe est également le premier actionnaire d'Amer Sports AS.N , propriétaire de Salomon, Wilson, Peak Performance et Atomic.
Dans une note publiée mardi, les analystes de Citigroup soulignent que "la solide exécution d’Anta après ses acquisitions" leur donne confiance "dans la revitalisation de l’activité de Puma à l’avenir".
Anta Sports a précisé qu'il chercherait à obtenir des sièges au conseil d'administration de Puma une fois l'opération finalisée, mais qu’il n’envisageait pas de prendre le contrôle total de la société.
L’opération intervient alors que l’équipementier sportif allemand peine à relancer ses ventes et à regagner la confiance des investisseurs sous la direction de son nouveau président du directoire, Arthur Hoeld.
Puma subit des pressions dans un contexte de ralentissement de la demande, et les récentes sorties de baskets, dont le modèle Speedcat, n’ont pas généré l’élan espéré par les dirigeants. Arthur Hoeld, qui a pris ses fonctions l’an dernier, a présenté un plan de redressement axé sur le renforcement de l’attractivité de la marque, les produits de performance et la discipline des coûts.
En octobre, Puma a annoncé qu’il réduirait le niveau de ses promotions, améliorerait son marketing et rationaliserait sa gamme de produits, tout en supprimant 900 emplois dans le cadre de sa stratégie de redressement.
Reuters a rapporté début janvier qu'Anta avait proposé de racheter environ 29% de Puma à la famille Pinault et avait obtenu le financement nécessaire à l'acquisition, bien que les négociations aient alors achoppé sur la question de la valorisation.
La holding familiale Artemis, dirigé par François-Henri Pinault, président du groupe de luxe Kering PRTP.PA , avait précédemment qualifié sa participation dans Puma de non stratégique. Artemis a pris une participation dans Puma après une réorganisation du portefeuille de Kering en 2018, quand la maison-mère de la marque Gucci, qui contrôlait alors aussi l'équipementier allemand, s'est recentrée uniquement sur le luxe.
L'opération est soumise à des autorisations concurrence, à l'approbation des actionnaires d'Anta Sports et à des autorisations réglementaires en Chine et dans d'autres juridictions. Anta Sports a déclaré prévoir la convocation d’une assemblée générale extraordinaire, la finalisation de l’opération étant attendue une fois l’ensemble des conditions remplies.
(Reportage de Scott Murdoch et de Roushni Nair, version française Elena Smirnova, édité par Blandine Hénault)

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