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POINT HEBDO-A la BCE, Christine Lagarde réalise le rêve de Mario Draghi
information fournie par Reuters 05/06/2020 à 12:03

* La BCE comble les marchés, en attendant la Fed

* La politique budgétaire offre un soutien précieux

* L'économie redémarre avec la levée du confinement

* Les actions devraient poursuivre leur rebond

par Patrick Vignal

PARIS, 5 juin (Reuters) - Le long combat de Mario Draghi en faveur d'une coordination monétaire et budgétaire soutenant l'activité de la zone euro est en passe d'être gagné, mais pas par lui.

Le fameux "policy mix" dont rêvait l'Italien est en effet en train de prendre forme sous la houlette de Christine Lagarde, qui lui a succédé à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) en novembre dernier.

Autre hommage tardif pour "Super Mario", son fameux "whatever it takes" a été repris en choeur par les décideurs monétaires et les dirigeants politiques de la planète pour signaler leur détermination à faire le maximum pour lutter contre les dégâts économiques de la pandémie de coronavirus.

Avec cette formule, prononcée en juillet 2012, Mario Draghi avait endossé les habits de sauveur de la zone euro en promettant de tout mettre en oeuvre pour préserver l'union monétaire, menacée alors par la crise des dettes souveraines.

Après des débuts jugés laborieux par les marchés et face à une crise d'une tout autre ampleur, Christine Lagarde a repris fermement le flambeau, comme l'ont illustré les annonces de jeudi avec une augmentation de 600 milliards d'euros du montant des actifs que la BCE rachète dans le cadre de son Programme d'achats d'urgence pandémique (PEPP), qu'elle a étendu jusqu'à juin 2021.

"Quelles que soient les attentes des marchés, la BCE parvient toujours à les dépasser", commente Ulrike Kastens, économiste de DWS, comme pour confirmer que Christine Lagarde est bien la digne héritière de Mario Draghi.

UNE COMMUNICATION MIEUX RODÉE

L'abondance des injections de liquidités de la BCE et de la Réserve fédérale, qui n'a pas, à la différence de l'institution de Francfort, de limites institutionnelles à son action et peut donc aller encore plus loin, a pour effet de soutenir le rebond des actifs risqués. Elle doit aussi servir à aider les gouvernements à mettre en place de coûteux plans de relance, à l'image de ceux dévoilés par la Commission européenne et plus récemment par l'Allemagne.

"En ce qui concerne l'économie réelle, ce qui est vraiment important actuellement, c'est cette synchronisation entre la politique de la Banque centrale européenne et les politiques budgétaires", dit à Reuters Valentin Bissat, économiste sénior chez Mirabaud. "Ce n'était pas le cas ces dernières années et c'est ce que Mario Draghi réclamait avec force pendant sa présidence."

En plus de combler les marchés, Christine Lagarde a également montré jeudi qu'elle maîtrisait désormais parfaitement sa communication après quelques couacs au début de son mandat.

"Ce qui lui avait été reproché principalement dans sa réunion du 12 mars, c'était d'avoir dit que la BCE n'était pas là pour réduire les écarts de rendements sur la dette périphérique", rappelle Valentin Bissat.

"C'était une erreur de sa part mais c'était l'une de ses premières réunions, donc cela peut s'expliquer. Il semble en effet maintenant que son discours soit un peu plus rodé et on a l'impression que la réduction des "spreads" périphériques est vraiment l'objectif de la BCE. Christine Lagarde a donc, en quelque sorte, pris le contre-pied de la petite erreur du début de son mandat."

LES ACTIONS GARDENT LE VENT EN POUPE

Grâce en grande partie à la posture extrêmement accommodante des grandes banques centrales, que ne devrait pas démentir la Fed, dont les annonces de politique monétaire sont attendues pour mercredi, les indices boursiers prospèrent, à l'image du Nasdaq .IXIC , revenu tout près de son plus haut historique.

Pour certains observateurs, les marchés d'actions paraissent déconnectés de l'économie réelle, notamment aux Etats-Unis, avec des valorisations qui ne prennent pas en compte l'effondrement en cours et à venir des bénéfices des entreprises, sans parler d'indicateurs macroéconomiques très dégradés et du risque de faillites en série.

Tel n'est pas l'avis de Guilhem Savry, responsable de la gestion macroéconomique pour Unigestion. Le pire paraît passé au niveau macroéconomique, le comportement des investisseurs demeure prudent et les valorisations sont soutenables dans un environnement de taux d'intérêt extrêmement bas, selon lui.

Le contexte devrait donc demeurer favorable aux actions, du moins à court terme, prolonge Benjamin Melman, directeur des investissements chez Edmond de Rothschild Asset Management (EDRAM).

Une liquidité abondante, une reprise vigoureuse avec la levée progressive des mesures de confinement et des plans de relance ambitieux devraient continuer de porter les indices dans les prochaines semaines, sans parler du rebond des cours du pétrole avec la perspective de nouveaux accords de réduction de la production, argumente-t-il.

A moyen terme, les perspectives sont plus floues avec un pic à prévoir dans l'abondance de liquidités, des politiques budgétaires appelées à devenir plus restrictives et des tensions entre les Etats-Unis et la Chine qui resteront en toile de fond, prévient Benjamin Melman en appelant les investisseurs à la vigilance.

(édité par Blandine Hénault)

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