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POINT HEBDO-A l'aube d'un quatrième trimestre décisif sur les marchés
information fournie par Reuters 25/09/2026 à 12:57
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Le troisième trimestre touche à sa fin mais des sujets épineux restent sur la table à l'aube des trois derniers mois de l'année: l'emploi américain sera au coeur de la semaine, tandis que les données sur l'inflation aux Etats-Unis et en zone euro devraient influer sur les anticipations quant à l'évolution des taux directeurs des deux côtés de l'Atlantique.

Tour d'horizon des perspectives de marchés dans les jours à venir:

1/ LA FIN EST PROCHE

La dernière ligne droite de l'année débute jeudi prochain après un troisième trimestre particulièrement difficile qui laisse place à un quatrième qui pourrait s'avérer décisif.

Cette nouvelle période devrait commencer dans un contexte tendu. Les turbulences sur les marchés obligataires, secoués par la guerre en Iran, les inquiétudes budgétaires et une avalanche de levée de dettes liée à la course à l'intelligence artificielle, font que les coûts d'emprunt mondiaux sont désormais à leur plus haut niveau depuis la crise financière de 2007-2008.

Ce n'est pourtant pas ce que l'on pourrait croire en observant les principaux indices boursiers mondiaux

.MIWD00000PUS .FTAWORLDSR . Ceux-ci se situent à moins de 2% de leurs pics historiques et affichent une hausse de plus de 12% depuis le début de l'année, en grande partie grâce à l'euphorie suscitée par l'IA.

Le quatrième trimestre réserve néanmoins bien des surprises. La paix au Moyen-Orient ou en Ukraine semble peu probable. Les taux directeurs devraient continuer à progresser, tandis que le premier week-end d'octobre sera marqué par une élection présidentielle au Brésil dont le résultat est incertain.

Une autre élection phare, cette fois-ci aux Etats-Unis, va tenir encore plus en haleine les investisseurs: les mid-terms du 3 novembre qui pourraient remodeler le Congrès américain.

Les sondages actuels suggèrent que le Parti républicain de Donald Trump pourrait perdre la Chambre des représentants et peut-être même le Sénat, ce qui pourrait donner lieu à une fin d'année très intéressante à suivre.

2/ ANALYSE DES DONNÉES

Un nouvel examen des tendances de l'emploi et de l'inflation aux Etats-Unis au cours de la semaine à venir permettra de mieux cerner la vigueur de l'économie et de déterminer quand la Réserve fédérale américaine (Fed) procédera à une nouvelle hausse de ses taux directeurs.

Le rapport officiel sur l'emploi non-agricole du mois de septembre, attendu vendredi, est l'événement majeur pour Wall Street. Celui-ci sera présenté après un rapport exceptionnel en la matière le mois dernier qui a sans doute participé à la décision de la Fed de relever ses coûts d'emprunt ce mois-ci, la première hausse des taux en trois ans.

Une enquête Reuters auprès d'économistes montre que les créations d'emplois en septembre devraient s'élever à 100.000, avec un taux de chômage à 4,2%.

La publication mercredi de l'indice mensuel des prix des dépenses de consommation des ménages (PCE) donnera des indications sur l'évolution de l'inflation, qui reste élevée, et permettra notamment de savoir si l'on se rapproche de l'objectif à moyen terme de 2% fixé par la Fed.

Les marchés financiers évaluent la probabilité d'une nouvelle hausse des taux de la Fed d'un quart de point en octobre a environ 50%, au regard des contrats à terme. Dans une enquête publiée cette semaine, un indicateur mesurant les prix payés par les entreprises pour leurs intrants montre qu'il a atteint son plus haut niveau depuis près de quatre ans.

3/ LA LUTTE CONTRE L'INFLATION

Les investisseurs disposeront également vendredi des données sur l'inflation de la zone euro, ainsi que des chiffres des prix dans la ville de Tokyo, considérés comme un baromètre au niveau national pour l'ensemble du Japon.

La question clé pour les marchés est de savoir si la flambée des prix de l'énergie a duré suffisamment longtemps pour provoquer des répercussions dans les principales économies, susceptibles de faire grimper les salaires, le coût de la vie et les taux d'intérêt.

Les marchés des taux anticipent déjà un cycle de resserrement monétaire mondial plus rapide qu'il y a encore quelques semaines, alors que le rendement des bons du Trésor à dix ans US10YT=RR a dépassé la barre des 5%, au plus haut depuis 2007.

L'espoir que les pressions inflationnistes s'avèrent transitoires se heurte à la crainte que des coûts de financement à long terme de 5% ou plus ne deviennent la norme. Les valorisations actuelles des marchés pourraient en pâtir.

4/ LE MOMENT MICRON

Les résultats de Micron Technology MU.O , le fabricant de semi-conducteurs désormais valorisé à 1.200 milliards de dollars, seront publiés mercredi après la clôture de Wall Street. Ils constitueront un nouveau test pour le secteur de l'IA, qui a montré des signes d'essoufflement ces derniers mois.

Micron, l'un des principaux fournisseurs de puces mémoire utilisées avec les processeurs d'IA de Nvidia NVDA.O , a largement profité de la frénésie de dépenses consacrées aux centres de données dédiés à l'IA. Cela a permis à son cours de Bourse de grimper de plus de 280% depuis le début de l'année.

L'action Micron a cependant reculé de plus de 6% au cours du trimestre en passe de s'achever, contre une chute de 14% pour l'indice des puces Philadelphia Semiconductor .SOX . Les investisseurs s'interrogent sur la soutenabilité de dépenses d'investissement aussi massives dans la durée et sur la capacité de la demande à se maintenir à son rythme actuel.

Si les prévisions de Micron dépassent les attentes, cela pourrait apaiser une partie des craintes quant à un éventuel ralentissement des dépenses d'infrastructure en IA. Cela pourrait également raviver l'espoir d'une atténuation des contraintes d'approvisionnement en mémoire.

En revanche si les prévisions déçoivent, le marché pourrait y voir un premier signe indiquant que le boom des dépenses en IA est en train de s'essouffler.

5/ UNE HAUSSE PROGRESSIVE

Les prix de l'immobilier en Australie sont en baisse et le taux de chômage dans le pays a atteint, contre toute attente, son plus haut niveau depuis cinq ans.

Ce n'est pas le contexte le plus favorable à une hausse des taux directeurs de la Banque de Réserve d'Australie (RBA), mais une enquête Reuters auprès d'économistes montre que la banque centrale australienne devrait relever ses coûts d'emprunt mardi à l'issue de sa réunion. Les marchés financiers partagent le même avis. Le principal taux directeur de la RBA devrait ainsi prendre 25 points de base, à 4,6%, son plus haut niveau depuis 15 ans.

À l'instar de la plupart des grandes banques centrales, la RBA se trouve dans une situation délicate alors que les cours du pétrole se maintiennent fermement au-dessus des 100 dollars le baril pour le Brent.

Même après trois hausses de taux depuis le début de l'année, l'inflation sous-jacente reste supérieure à la fourchette cible de 2% à 3% fixée par la RBA. Le taux directeur de la banque pourrait dans ce contexte culminer à près de 5%.

(Rédigé par Lewis Krauskopf à New York et Naomi Rovnick, Dhara Ranasinghe, Marc Jones et Samuel Indyk à Londres; infographies de Vineet Sachdev; compilé par Samuel Indyk; version française Claude Chendjou)

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