Les prix du pétrole sont en passe d'enregistrer leur plus forte hausse hebdomadaire depuis la période d'extrême volatilité liée à la crise sanitaire du COVID-19 au printemps 2020, le conflit au Moyen-Orient continuant de perturber le transport maritime et les exportations d'énergie via le détroit d'Ormuz.
Les contrats à terme sur le Brent LCOc1 grimpent de 23% sur la semaine, soit leur plus forte hausse depuis mai 2020, lorsqu'un accord de réduction de la production conclu par l'Opep+ avait entraîné une reprise des cours après les creux liés à la paralysie économique causée par la pandémie.
Le West Texas Intermediate CLc1 gagne pour sa part plus de 28% sur la semaine, son plus fort gain depuis avril 2020.
Vendredi, le Brent LCOc1 prend encore 4,12% à 88,90 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) CLc1 5,76% à 85,68 dollars.
Les cours du brut s'envolent depuis que les États-Unis et Israël ont lancé samedi dernier une opération militaire contre l'Iran, ce qui a conduit Téhéran à menacer de tirer sur tout navire tentant de traverser le détroit d'Ormuz, qui relie le golfe Persique au golfe d'Oman et assure environ un cinquième de l'approvisionnement quotidien mondial en pétrole.
Le conflit s'est depuis étendu aux principales zones de production énergétique du Moyen-Orient, perturbant la production et forçant la fermeture de raffineries et de sites de production de gaz naturel liquéfié (GNL), autre importation énergétique clé affectée par la perturbation du trafic maritime.
Le ministre de l'Énergie du Qatar a contribué vendredi à attiser encore les craintes inflationnistes en déclarant dans une interview au Financial Times que Doha s'attendait à ce que tous les producteurs d'énergie du Golfe arrêtent leurs exportations dans les semaines à venir et fassent grimper le prix du baril de pétrole à 150 dollars.
"Chaque jour où le détroit reste fermé, les prix augmentent", souligne Giovanni Staunovo, analyste en matières premières chez UBS. "Le marché pensait que Trump pourrait faire marche arrière à un moment donné, car il ne souhaite pas voir les prix du pétrole augmenter, mais plus cela prend du temps, plus le risque devient évident", dit-il.
Quoi qu'il en soit, les prix restent relativement modérés par rapport aux crises précédentes, comme celle de 2022, lorsque l'invasion de l'Ukraine par la Russie avait entraîné une augmentation des cours au-delà des 100 dollars le baril.
(Reportage Anna Hirtenstein à Londres, avec la contribution d'Helen Clark à Perth et de Sudarshan Varadhan à Singapour ; version française Diana Mandia, édité par Sophie Louet)

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