* Un collectif veut obtenir la nullité de la cession
* Casil Europe veut déjà revendre ses parts acquises en 2015
* Une polémique qui affecte d'autres privatisations
TOULOUSE, 11 février (Reuters) - Le collectif des opposants
à la privatisation de l'aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) demande
aux collectivités territoriales, qui détiennent 40% des parts de
la structure aéroportuaire, de saisir la justice pour obtenir la
nullité de la cession des actions de l’État à Casil Europe en
avril 2015.
La polémique sur la privatisation de l'équipement a franchi
un palier le mois dernier lorsque l'actionnaire privé, issu du
consortium chinois Symbiose, a annoncé sa volonté de vendre sa
participation de 49,99% au capital d'ATB, troisième aéroport
régional de France derrière Lyon et Nice.
La décision de Casil Europe de revendre pour un montant de
500 millions d'euros ses parts acquises en 2015 pour 308
millions d'euros, après avoir perçu près de 30 millions d’euros
de dividendes, serait liée au choix de l'Etat de conserver les
10,01% qu'il lui reste au capital d'ATB.
Le collectif des opposants à la privatisation demande la
nullité de la cession des actions de l’État à Casil Europe et de
l’accord sur la distribution des dividendes de décembre 2018
afin d’obtenir le remboursement de ces 30 millions.
Il a lancé lundi une pétition en ligne et écrit à Jean-Luc
Moudenc, le président de Toulouse Métropole, pour engager cette
action en justice qu'un porte-parole de Casil Europe sollicité
par Reuters a refusé de commenter.
Regroupant les associations de riverains affectés par le
trafic aérien, des organisations syndicales et des citoyens, le
collectif pointe, dans un communiqué, "une goûteuse plus-value
estimée à 200 millions d'euros" pour Casil Europe.
"TROMPERIE"
"Il y a eu tromperie de la commission d'appel d'offres et du
ministère de l'Economie puisque Casil Europe avait promis à
l’État des investissements durables et conséquents pour le
territoire en investissant 850 millions d’euros sur 30 ans", a
indiqué lundi à Reuters Christophe Leguevaques, avocat du
collectif toulousain.
"Avec le recul, il faut se rendre à l’évidence, personne n’a
vu la couleur de l’argent promis", a assuré l'avocat, dénonçant
"des manquements répétés aux engagements pris et la politique
agressive de distribution de dividendes démontrant à l’évidence
un comportement spéculatif".
Depuis le rachat de 49,99% des parts de la société ATB en
avril 2015, les dividendes se sont élevés à 20 millions d’euros
en 2016 (dont 15 puisés dans les réserves) et à 7,85 millions
d’euros en 2017, ce qui avait soulevé la colère de plusieurs
élus et associations opposés à cette privatisation partielle.
Un accord sur les dividendes avait été adopté en décembre
2018 à l’unanimité par les membres du conseil de surveillance,
représentants de Casil Europe et des actionnaires publics, la
chambre de commerce et d’industrie de Toulouse, Toulouse
Métropole, la région Occitanie et le département de
Haute-Garonne qui détiennent toujours 40 % du capital d’ATB.
L’État français conserve les 10,01% restants après avoir
renoncé en février 2018 à exercer son option de vente.
Après l'annonce de Casil Europe de vendre ses parts dans
ATB, gestionnaire de l'aéroport Toulouse-Blagnac, les repreneurs
potentiels ont jusqu’au 6 février pour déposer leur dossier.
L'aéroport a connu l’an dernier un trafic record avec 9,6
millions de passagers et a vu son trafic international croître
de 7,1 %, dopé par les compagnies low cost qui représentent
actuellement 42 % de sa fréquentation.
La polémique concernant l'aéroport de Toulouse affecte la
privatisation de l'opérateur d'aéroports ADP ADP.PA , une
partie des sénateurs ayant cité l'exemple d'ATB pour rejeter le
5 février le projet gouvernemental.
(Julie Rimbert, édité par Yves Clarisse)
Pétition contre la privatisation de l'aéroport Toulouse-Blagnac
information fournie par Reuters 11/02/2019 à 15:17
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