(Actualisé avec résultats préliminaires)
par Bart H. Meijer, Toby Sterling et Anthony Deutsch
Le parti de centre-gauche D66 a effectué des gains importants lors des élections législatives organisées mercredi aux Pays-Bas, montrent les résultats partiels, ce qui devrait vraisemblablement lui permettre de prendre la main en vue de la formation d'un gouvernement, alors que l'extrême droite a reculé après sa victoire retentissante deux ans plus tôt.
Après dépouillement de 90% des bulletins, jeudi matin, le D66 et le Parti pour la liberté (PVV) du populiste anti-immigration Geert Wilders étaient tous deux crédités de 26 sièges, sur les 150 que compte la chambre basse du Parlement.
Il s'agit pour le centre-gauche d'un bond important, avec près de trois fois plus de sièges que lors des précédentes élections législatives.
Ce scrutin anticipé a été déclenché par la chute de la coalition gouvernementale, provoquée en juin dernier par Geert Wilders, mécontent d'avoir réclamé en vain des mesures strictes contre l'accueil des demandeurs d'asile aux Pays-Bas.
S'il avait porté le PVV vers une victoire retentissante en 2023, formant ensuite une coalition conservatrice, le chef de file de l'extrême droite n'avait toutefois pas pu accéder au poste de Premier ministre en raison du refus de ses partenaires.
Les sondages de sortie des urnes, traditionnellement fiables, dessinaient une victoire étroite du D66, juste devant le PVV.
Bien que le dépouillement a donné lieu jeudi matin à une petite remontée du PVV, il est peu probable que cela change la donne en vue de la formation d'un gouvernement, alors que tous les partis traditionnels ont fait savoir avant le scrutin qu'ils excluaient la possibilité de former une coalition avec l'extrême-droite.
Geert Wilders a exprimé mercredi soir sa déception et admis qu'il était peu probable qu'il intègre le prochain gouvernement. "Nous avions espéré un autre résultat. Nous sommes plus déterminés que jamais", a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.
Le chef de file du D66, Rob Jetten, âgé de 38 ans, pourrait devenir le plus jeune Premier ministre de l'histoire des Pays-Bas.
"Nous avons prouvé non seulement aux Pays-Bas, mais aussi au monde, qu'il est possible de battre des mouvements populistes et d'extrême droite", a-t-il déclaré à une foule de partisans.
"Des millions de Néerlandais ont tourné une page, disant au revoir à la politique de négativité, de haine, du 'non, on ne peut pas'", a-t-il ajouté.
Soixante-seize sièges étant nécessaires pour former une coalition au Parlement, au moins quatre partis devront s'allier pour gouverner. L'une des hypothèses serait un pacte entre le D66, les chrétiens-démocrates, le Parti populaire libéral et démocrate (VVD) et la liste commune du Parti travailliste et de la Gauche verte.
Alors que les partis d'extrême-droite sont en tête des enquêtes d'opinion en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne, le scrutin aux Pays-Bas était considéré comme un révélateur de la capacité du populisme à gagner encore du terrain en Europe. Le résultat pourrait laisser penser que son attrait a des limites.
(Anthony Deutsch, Toby Sterling et Bart Meijer, avec Stephanie van den Berg, Suban Abdulla, Marta Fiorin, Charlotte Van Campenhout; version française Camille Raynaud, Jean Terzian et Benjamin Mallet)

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