Les futures sur le CAC 40, en retrait de 27 points vers 8 137, augurent d'une ouverture en berne à la Bourse de Paris ce jeudi, sur fond d'un regain de tensions au Moyen-Orient ces dernières heures et à l'approche d'un probable tour de vis de la BCE concernant sa politique monétaire.
Les marchés américains ont fortement reculé la veille, avec des pertes en clôture de plus de 1,6% pour le S&P 500 et de près de 2% pour le Nasdaq 100, des déclarations du président américain Donald Trump au sujet du Moyen-Orient ayant de nouveau ravivé les craintes des investisseurs.
Il a estimé que l'Iran avait trop tardé à négocier et qu'il devrait désormais "en payer le prix", alimentant une nouvelle fois les inquiétudes autour d'un conflit qui continue de s'enliser. De son côté, Téhéran a annoncé qu'il réexaminerait son dialogue diplomatique avec Washington.
De fait, les derniers évènements sur le terrain confirment la fragilité du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, avec de nouvelles frappes de l'armée américaine sur le territoire de la République islamique entraînant des représailles de la part de cette dernière.
Un tour de vis attendu de la part de la BCE cet après-midi...
C'est dans ce contexte de regain de tensions géopolitiques, de nature à nourrir encore l'inflation, que la Banque centrale européenne (BCE) doit rendre, en début d'après-midi, sa décision de politique monétaire, au terme de la réunion de son conseil des gouverneurs.
"Vu sa communication récente, la BCE ne peut que monter ses taux", constatait Oddo BHF en début de semaine, soulignant que l'institution francfortoise sera ainsi la première des grandes banques centrales à durcir sa politique monétaire en réponse au choc pétrolier.
"Les nouvelles projections du staff de la BCE seront ajustées puisque le conflit au Moyen-Orient est plus long à se résorber qu'initialement espéré. La BCE va donc rehausser sa prévision d'inflation du scénario central (retour moins rapide vers la cible) et réduire aussi sa perspective de croissance", pronostiquait-il en outre.
...mais pas de la part de la Fed la semaine prochaine
En début d'après-midi, les investisseurs prendront aussi connaissance des prix à la production pour mai aux États-Unis, au lendemain de l'annonce d'une accélération de l'inflation américaine au niveau des prix à la consommation, à un rythme annuel de 4,2% contre 3,8% en avril.
"Comme prévu, les prix à la consommation américains ont fortement augmenté en mai, en hausse de 0,5% par rapport à avril", reconnaissait hier Commerzbank, ajoutant toutefois que, "comme en mars et en avril, la principale raison est la hausse des prix de l'essence due à la guerre en Iran".
"Sinon, la pression inflationniste reste dans des limites raisonnables, comme en témoigne le taux core ", jugeait la banque allemande, en déduisant que "la Réserve fédérale est donc susceptible de passer outre la hausse de l'inflation sans relever les taux d'intérêt directeurs" lors de la réunion de son FOMC la semaine prochaine.
Un accueil glacial en vue pour les résultats d'Oracle
Par ailleurs, les investisseurs devraient aussi réagir, à l'ouverture de Wall Street cet après-midi, à la publication des résultats du 4e trimestre comptable du géant des logiciels d'entreprise Oracle, une publication qui pourrait recevoir un accueil glacial au vu des transactions hors séance.
Le groupe a pourtant légèrement dépassé les attentes au niveau de son BPA ajusté, en croissance de 24% à 2,11 USD (contre 1,95 USD attendu), ainsi que de ses revenus, en progression de 21% à 19,18 MdsUSD (contre 19,09 MdsUSD anticipés), grâce à la vigueur de ses revenus de cloud qui ont grimpé de 47% à 9,9 MdsUSD.
"Si le carnet de commandes continue d'augmenter, le débat clé porte sur la conversion en revenus", réagit cependant Jefferies, qui pointe un dépassement des attentes de revenus bien plus faible qu'au trimestre précédent et une prévision de revenus inchangée à 97 MdsUSD pour l'exercice 2026-27.
Dans l'actualité des valeurs à Paris...
Dans l'actualité des valeurs à Paris, Airbus a annoncé hier soir la signature d'un contrat de 345 MEUR avec Thales Alenia Space, maître d'oeuvre industriel agissant pour le compte de l'Agence spatiale européenne (ESA), afin de développer et produire deux radars en bande C destinés à la constellation Sentinel-1 NG.
Figeac Aéro a dévoilé ses comptes au titre de son exercice 2025-26, marqués notamment par un résultat opérationnel en progression de 26% à 28,2 MEUR, pour un chiffre d'affaires en hausse de 12,6% à 486,8 MEUR, en ligne avec l'objectif annuel fixé entre 470 MEUR et 490 MEUR.
Compagnie des Alpes a indiqué que sa filiale STGM, détenue à 78%, avait reçu 127 MEUR à la suite du transfert, le 1er juin, de l'exploitation du domaine skiable de Tignes à la société publique locale ALTTA. Elle a l'intention d'affecter l'ensemble de ces sommes au financement de ses projets de développement.
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