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Nouvel accès de faiblesse pour le luxe avec la persistance d'un environnement difficile
information fournie par Zonebourse 13/03/2026 à 16:13

Les valeurs du luxe figurent de nouveau parmi les plus fortes baisses ce vendredi à la Bourse de Paris, les investisseurs redoutant la persistance d'un environnement commercial dégradé alors que le conflit au Moyen-Orient entre dans son 14ème jour.

Les tensions armées impliquant l'Iran portent un nouveau coup à un secteur déjà fragilisé. Depuis de longs mois, le luxe subit en effet la désaffection des "consommateurs aspirants" - ces clients accédant ponctuellement au luxe aux prises avec les pressions inflationnistes.

La limite des récentes hausses de prix et le ralentissement du marché chinois, toujours aussi primordial, freinent par ailleurs durablement les volumes de ventes, en dépit de la résilience de la clientèle ultra-riche.

A Paris, Kering (-0,8%) et LVMH (-1,2%) comptent parmi les replis les plus marqués du CAC 40, tandis qu'Hermès parvient à se maintenir à l'équilibre. Ailleurs en Europe, Burberry lâche 1,3%.

L'axe stratégique Dubaï-Doha paralysé

Alors que l'année 2026 avait débuté sous de bons auspices grâce aux chiffres du Nouvel An chinois, cet élan a été stoppé net avec l'opération "Epic Fury", qui a cloué de nombreux avions au sol à Dubaï, Doha et en Arabie Saoudite.

Si ce blocage impacte non seulement les ventes régionales, il a également pour conséquence d'affecter les dépenses des clients moyen-orientaux à l'étranger.

Dubaï faisant office de plaque tournante entre l'Europe et l'Asie, les flux de touristes asiatiques vers le Vieux Continent devraient également en pâtir.

Un double "effet ciseau" redouté

Dans une note publiée ce matin, les analystes de Bernstein rappellent que le Moyen-Orient est devenu une région clé, pesant pour environ 6% des ventes mondiales. Il s'agit désormais du sixième marché mondial derrière l'Europe (30%), l'Amérique (28%), l'Asie (15%), la Chine (12%) et le Japon (9%).

L'exposition est même plus forte (environ 8%) pour des groupes comme LVMH, Richemont ou Kering.

De son côté, Oddo BHF s'inquiète moins de l'impact direct des hostilités que des conséquences indirectes d'une hausse durable des prix de l'énergie. La société de Bourse explique redouter un double "effet de ciseau", d'abord au niveau de la classe moyenne dont le pouvoir d'achat pourrait fondre avec l'envolée des prix de l'essence et ensuite chez les ultra-riches impactés par la chute des marchés financiers.

Des perspectives toujours incertaines

Malgré des fondamentaux jugés solides par Oddo avec une croissance attendue autour de 4% pour le secteur au premier trimestre 2026, l'incertitude domine.

Bernstein souligne que si le conflit s'enlise, c'est l'ensemble de l'écosystème qui sera touché, entre baisse des voyages (qui représentent 30% des ventes de luxe), recul de la confiance des consommateurs, craintes d'attentats et risque accru de récession.

Le verdict du marché est en tout cas sans appel : depuis le début de l'année, l'indice STOXX Europe Luxury 10 affiche désormais une chute de 16%, là où l'indice large STOXX Europe 600 parvient encore à grappiller 1,2%.

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