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Nexans recule au sein du SBF 120 : coup de frein sur le projet d'envergure Great Sea Interconnector
information fournie par AOF 06/01/2026 à 11:36

(AOF) - Nexans (-2,71%, à 129,10euros) affiche une des plus fortes baisses du SBF 120 ce mardi après avoir annoncé un retard dans la réalisation du projet de liaison électrique maritime Great Sea Interconnector (GSI) entre la Grèce et Chypre. Dans un communiqué publié ce matin, le fabricant de câbles indique travailler en étroite collaboration avec son client (IPTO, le gestionnaire de réseau de transport d'électricité en Grèce) pour examiner les différentes options et élaborer un calendrier d’exécution ajusté.

Nexans explique qu'il "exécute le projet conformément à ses obligations contractuelles et en ligne avec les étapes définies depuis 2023".

Si ces ajustements affectent la date de livraison du projet, ils n'auront aucun impact sur la guidance 2028 de l'entreprise à la faveur d'un solide carnet de commandes et à des actions visant à compenser tout impact potentiel sur cette année 2026.

Suite à cette déclaration de Nexans, Jefferies souligne que cette annonce n'est pas totalement surprenante "compte tenu du flux récent de nouvelles concernant le projet, marqué par un risque géopolitique persistant et la réalisation d'une nouvelle étude de faisabilité par la Grèce et Chypre".

En outre, le bureau d'études a fait savoir que ses estimations intégraient déjà l'absence de revenus sur ce projet pour 2026-2027 (réduction de 4 à 5% de l'EBITDA au niveau du groupe).

"Pour compenser, Nexans devrait privilégier des projets de réparation à court terme (ndlr : dans le secteur des câbles sous-marins, ces projets désignent des interventions de maintenance corrective sur des infrastructures déjà existantes) afin d'occuper ses usines", ajoute Jefferies.

Le broker anticipe des prévisions prudentes pour 2026 à l'occasion de la publication des résultats annuels de Nexans le 19 février prochain. Le fabricant de câbles se dit "confiant dans les perspectives de croissance à long terme de son activité PWR-Transmission (division spécialisée dans la haute tension sous-marine et terrestre), portée par des tendances structurelles fortes et un carnet de commandes solide et diversifié".

Nexans éteint encore les rumeurs de décembre

Avec cette annonce de ce mardi, Nexans a encore balayé les rumeurs qui s'étaient propagées en décembre dernier sur ce projet GSI.

Le mois dernier, la multinationale française de l'industrie de la ligne de transmission par câble avait publié un communiqué pour couper court à ces spéculations.

"En réponse à des articles récemment parus dans des médias locaux chypriotes au sujet du projet Great Sea Interconnector, Nexans réaffirme qu'il poursuit l'exécution du projet conformément à ses obligations contractuelles et en ligne avec les étapes définies avec son client. Dans des projets de cette nature et de cette envergure, ces étapes peuvent être ajustées au fil du temps. Depuis le lancement du projet Great Sea Interconnector, Nexans continue d'accompagner son client et a reçu des paiements substantiels ayant permis la fabrication du câble Great Sea Interconnector", avait alors souligné Nexans.

Ce communiqué avait été publié par Nexans à la suite d'informations publiées par le quotidien chypriote Phileleftheros sur son site internet. Le média affirmait que Nexans avait annulé les appels d'offres pour les travaux liés à ce projet GSI après la décision conjointe de Chypre et de la Grèce de geler ce projet d'interconnexion électrique.

Contrat record avec le Great Sea Interconnector

En juillet 2023, Nexans annonçait avoir décroché un contrat record avec le Great Sea Interconnector d'un montant de 1,43 milliard d'euros. "Élément essentiel de ce projet de grande ampleur qui vise à relier les réseaux de Grèce, d'Israël et de Chypre, ce câble haute tension à courant continu (HVDC) de 525 kV (kilovolt) sera l'interconnexion la plus longue et la plus profonde jamais installée", expliquait dans un communiqué la société mondiale spécialisée dans la conception et la fabrication de systèmes de câbles et de services.

Le Great Sea Interconnector doit permettre d'échanger jusqu'à 1 000 MW entre les trois pays, avec la possibilité de passer à 2 000 MW, soit l'équivalent de la consommation électrique moyenne de 3 millions de foyers. L'objectif est de mettre fin à l'isolement énergétique de Chypre, en créant un corridor énergétique entre l'Europe et l'Asie.

AOF - EN SAVOIR PLUS

Points clés

- Premier mondial de la conception et fabrication de systèmes de câbles, créé en 1901 ;

- Chiffre d’affaires de 7,1 Mds€ réalisé à 67% dans l’électrification (33% dans les connexions, 18% dans les réseaux et 17% dans le transport d’électricité) ;

- Répartition des ventes à 45% en Europe, 31% dans les Amériques, 14% en Asie Pacifique et 8% en Moyen-Orient, Afrique et Russie ;

- Ambition « Sparking Electrification » : position à l’avant-garde de l’électrification, par la maîtrise de la chaîne de valeur -de la production d’énergie à sa transmission et à sa distribution ;

- Capital éclaté avec 4 positions fortes –le chilien Invexans Pack pour 14,2%, Baille Giffort pour 7,9%, BPI France pour 5,2% et les salariés pour 3,2%-, Jean Mouton présidant le conseil de 14 administrateurs, Christopher Guérin étant directeur général.

- Remodelage de la gouvernance : après refonte, début 2025, du comité exécutif, nomination en octobre de Julien Hueber à la direction générale et de Vincent Piquet à la direction financière, Jean Mouton présidant le conseil de 12 administrateurs.

Enjeux

- Agilité du modèle d’affaires E3 (Economie, Environnement, Engagement) privilégiant la croissance en valeur et la premiumisation des offres :

- organisation en régions avec focus sur les marchés PWR-Grid et PWR-Connect et priorité à la production locale dans les 40 pays où est présent le groupe ;

- investissements focalisés sur les capacités de production de dernière génération et sir la flotte de navires câbliers nécessaires à la pose de câbles sous-marins et maîtrise de l’approvisionnement dès les ressources,

- priorité aux solutions intégrées conjuguant câbles de pointe et innovations en technologies de câblage, de dispositifs de surveillance et de logiciels,

- réduction des coûts : simplification de l’organisation recentrée sur 4 secteurs et 12 sous-secteurs, limitation du nombre de clients, ramenés de 17 000 à 4 000 comptes stratégiques, et, face à l’inflation des prix du cuivre, plans SHIFT Performance et Prime & Amplify,

- montée en puissance de la production de câbles spéciaux -médicaux, bas carbone… et acquisition du canadien Electro Cables renforçant le secteur PWR Connect,

- anticipation : plan Ultracker contre les pénuries de pénurie de semi-conducteurs et matières premières, hausse de la capacité de production & recyclage de cuivre à Lens en France,

- innovation dynamique avec 15 centres de R&D et + 2000 brevets :

- soutenue par la Banque européenne d’investissement -250 M€ de financement accordéés en septembre,

- tournée vers la création d’autoroutes d’électricité, la performance des isolants, la fiabilité des réseaux et la circularité des câbles avec le pôle cAmpaCity, dédié à l’électrification décarbonée ;

- Stratégie environnementale net zéro en 2050 :

- objectifs 2028 : réduction de 42% des émissions de CO2 de scope 1 et 2 vs 2019 
et de 29% pour celles émises dans le scope 3 (fournisseurs),

- modèle E3 (Économie, Environnement, Engagement) sur toute la chaîne de valeur,

- lancement de l’activité de recyclage, valorisation des câbles avec objectif d’une teneur en cuivre recyclé de 25 % en 2028 vs 2023 et lancement de câbles à 10 % d’aluminium recyclé ;

- Visibilité avec un carnet de commandes de 8,1 Mds€, auquel s’ajoute 1 Md€ du nouveau contrat RTE ;

- Après les cessions AmerCable et Lynxeo, montée des offres d’électrification dans les revenus via les acquisitions (finlandais Reka Câble, colombien Centelsat, italien La Triveneta), investissement dans un 3ème navire câblier et renforcement en Norvège des capacités d’électricité sous-marine ;

- Bilan sain : 1,83 md€ de capitaux propres et 214 M€ de dette nette, avec effet de levier de 0,85.

Défis

- Exposition limitée au durcissement des droits de douane américains (présence locale et au Canada) ;

- Après une croissance, tirée par les activités d’électrification de 5,8 % des ventes à fin septembre, objectifs 2025 inchangés : excédent brut d’exploitation de 810 à 860 M€, et génération de trésorerie entre 275 et 375 M€

- Objectifs financiers 2025-2028 : bénéfice d’exploitation de 770-850 M€, rentabilité des capitaux employés supérieure à 20%, investissements d’environ 1,2 Md€, génération de trésorerie cumulée d’environ 1,4 Md€ et effet de levier de la dette de 1 au plus ;

- Dividende 2024 en hausse à 2,60 € et politique de distribution de 30% avec rachats d’actions.

Valeurs associées

123,000 EUR Euronext Paris -2,07%

Cette analyse a été élaborée par AOF et diffusée par BOURSORAMA le 06/01/2026 à 11:36:00.

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