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A une semaine des municipales, derniers jours d'une campagne sans certitude
information fournie par AFP 07/03/2026 à 03:55

Le président du Rassemblement national Jordan Bardella, à gauche, avec à sa droite le candidat RN à la mairie de Marseille Franck Allisio, le 6 mars 2025, à Marseille ( AFP / Thibaud MORITZ )

Le président du Rassemblement national Jordan Bardella, à gauche, avec à sa droite le candidat RN à la mairie de Marseille Franck Allisio, le 6 mars 2025, à Marseille ( AFP / Thibaud MORITZ )

Dans la dernière ligne droite d'élections municipales sans vraie certitude, le Rassemblement national se démultiplie dans une campagne aux allures de préfiguration de la présidentielle, face à une gauche en plein doute sur ses alliances.

A huit jours du premier tour le 15 mars, ces enjeux trouvent un écho particulier à Marseille, où le candidat RN Franck Allisio est au coude-à-coude avec le maire de gauche sortant, Benoît Payan.

La possibilité d'une victoire du parti d'extrême droite, si elle est loin d'être acquise, fait de la deuxième ville de France l'une des plus scrutées.

Benoît Payan, à la tête d'une coalition de gauche, a appelé son rival insoumis Sébastien Delogu à éviter ce "séisme" en se désistant si, comme les sondages l'indiquent, il arrive derrière lui au premier tour.

La ville est "trop fragile pour qu'un néofasciste la gouverne à cause des ambitions de Jean-Luc Mélenchon", a prévenu l'édile.

Le fondateur de La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon prononce un discours à Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, le 1er mars 2026 ( AFP / Ed JONES )

Le fondateur de La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon prononce un discours à Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, le 1er mars 2026 ( AFP / Ed JONES )

Le leader de La France insoumise sera justement à Marseille samedi pour soutenir Sébastien Delogu, juste après le président du RN Jordan Bardella, avec qui le duel s'installe et qui a assumé vendredi "l'enjeu national" de l'élection.

Le déplacement de Jean-Luc Mélenchon à Marseille arrive après des semaines de polémiques à répétition qui ont creusé le fossé avec le Parti socialiste.

Affront ultime, le parti à la rose l'a accusé d'avoir tenu des "propos antisémites" lorsqu'il a ironisé sur la prononciation des patronymes juifs "Epstein" et "Glucksmann".

Les deux formations poursuivent depuis leurs invectives, chacun accusant l'autre de faire ainsi une passe décisive à l'extrême droite.

Si ce climat est peu propice aux ententes pour le second tour du 22 mars, les partis n'ont pas fermé la porte. Si un accord national a été écarté par le PS, des arrangements au cas par cas restent envisageables sous conditions.

- Mariages de raison -

Les mariages de raison risquent d'être nécessaires, par exemple à Toulouse, où l'union de gauche de François Briançon aura probablement besoin des voix LFI pour gagner. A Lyon, le maire écologiste Gregory Doucet a déjà tendu la main à la gauche radicale, son seul espoir de conserver la ville.

Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes, distribue des tracts de campagne en soutien au maire de Lyon Grégory Douce, candidat à sa réélection aux municipales, le 5 mars 2026 à Lyon ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes, distribue des tracts de campagne en soutien au maire de Lyon Grégory Douce, candidat à sa réélection aux municipales, le 5 mars 2026 à Lyon ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

Car le parti de Marine Tondelier craint un ressac après la vague verte des municipales de 2020.

Les Insoumis ont assuré vouloir le "rassemblement" s'ils arrivent en tête, mais ce scénario est peu probable dans la plupart des villes. Roubaix, Evry ou La Courneuve sont parmi leurs seuls espoirs de victoire.

A l'autre bout du spectre, le RN a d'autres ambitions et vise des victoires dans plusieurs dizaines de communes qui concrétiseraient sa volonté d'implantation locale. Les sondages lui donnent des raisons d'y croire, notamment à Toulon, Menton ou Carcassonne.

Jordan Bardella, favori des sondages pour 2027, n'a pas lésiné sur les déplacements de campagne.

Mais ces derniers mois ont aussi montré que le parti ne s'est pas entièrement débarrassé des "brebis galeuses" contre lesquelles il dit lutter, plusieurs candidats ayant été épinglés pour des propos racistes ou homophobes.

Jean-Michel Aulas arrive à son premier meeting de campagne après avoir officiellement annoncé sa candidature aux élections municipales de Lyon, à Lyon, le 26 septembre 2025 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

Jean-Michel Aulas arrive à son premier meeting de campagne après avoir officiellement annoncé sa candidature aux élections municipales de Lyon, à Lyon, le 26 septembre 2025 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

Le camp présidentiel, sans grande présence locale, jouera lui un rôle de figurant. Ses chefs de file nationaux n'ont d'ailleurs presque pas fait campagne mais le parti macroniste Renaissance nourrit quelques espoirs à Bordeaux et Annecy, ou encore à Lyon où il soutient l'ex-président de l'Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas.

Les résultats des municipales, notoirement difficiles à pronostiquer, sont particulièrement imprévisibles cette année, d'après les sondeurs.

La course est serrée dans de nombreuses villes, comme à Paris où ce sont les dynamiques d'entre-deux tours qui départageront Emmanuel Grégoire, leader de la gauche hors LFI, et Rachida Dati (LR et MoDem). Un duel arbitré à l'extrême droite par Sarah Knafo (Reconquête), Pierre-Yves Bournazel au centre-droit et Sophia Chikirou (LFI).

Les élections municipales sont aussi un tour de chauffe avant la présidentielle de 2027, si ce n'est l'heure de vérité pour certains candidats. Comme Edouard Philippe, présidentiable maire du Havre qui a lié son destin national à sa réélection. Ou Eric Ciotti, qui testera le pouvoir d'attraction de son Union des droites, siamoise du RN, en tentant de détrôner son frère ennemi Christian Estrosi à Nice.

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